LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-19NC03312

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-19NC03312

mardi 15 novembre 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-19NC03312
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantDELVILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A F et M. B D ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'ordonner une expertise médicale et de leur réserver la possibilité de préciser, après le dépôt de l'expertise, le chiffrage des conclusions indemnitaires présentées contre le centre hospitalier intercommunal (CHI) Unisanté +, ainsi que de leur permettre de présenter une éventuelle demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1802915 du 17 septembre 2019, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2019, Mme A F et M. B D, représentés par Me Delville, doivent être regardés comme demandant à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg ;

2°) d'ordonner une expertise médicale ayant pour objet, d'une part, de déterminer si le suivi de la grossesse de Mme F et sa prise en charge lors de son accouchement ont été menés conformément aux règles de l'art et si toutes les diligences pour éviter le décès de l'enfant ont été prises, ainsi que, d'autre part, de se prononcer sur les préjudices subis par les deux parents ;

3°) de leur réserver la possibilité de préciser, après le dépôt de l'expertise, le chiffrage de leurs conclusions indemnitaires présentées contre le CHI Unisanté +, ainsi que de leur permettre de présenter une éventuelle demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le rapport d'expertise sollicité par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux comporte des oublis car il ne fait notamment pas état du passage de Mme F, le 7 mars 2015, au service des urgences du centre hospitalier alors qu'elle a été renvoyée ensuite à son domicile sans examen, ni surveillance en dépit du fait qu'elle présentait de fortes douleurs et une perte de liquide ; d'ailleurs, le centre hospitalier n'a apporté aucun document retraçant cette visite, mais a produit un monitoring daté du 11 mars 2015, qui ne peut être celui de Mme F ;

- ce rapport d'expertise est contradictoire et insuffisant car il conclut à l'absence de manquement, alors que Mme F, qui présentait une grossesse à risque, n'a pas bénéficié d'une surveillance et d'une prise en charge satisfaisantes ;

- dans le cadre de son accouchement, Mme F a été transportée par une ambulance non médicalisée, qui a roulé à une vitesse excessive, puis elle n'a pas été immédiatement prise en charge dans les meilleurs délais par une sage-femme à son arrivée à l'hôpital car elle n'a pas été brancardée pour se rendre au service de gynécologie ;

- une nouvelle expertise est nécessaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2020, le CHI Unisanté +, représenté par Me Le Prado, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'expertise sollicitée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux n'est ni insuffisante, ni contradictoire et qu'une nouvelle expertise n'est pas utile.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de

Meurthe-et-Moselle, qui n'a pas produit de mémoire.

M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F a, après avoir donné naissance à une fille en 2010, débuté, au cours de l'été 2014, une deuxième grossesse. Après avoir bénéficié d'un suivi initial en Algérie, elle a été admise, le 18 novembre 2014, pour la première fois en consultation au sein de l'établissement de Forbach du CHI Unisanté + et y a ensuite été suivie tout au long de sa grossesse. Dans la nuit du 19 au 20 mars 2015, Mme F, prise de violentes douleurs, a été transportée en ambulance vers l'établissement de Forbach du CHI Unisanté +. A sa prise en charge, il a été réalisé une césarienne, mais l'enfant est né en état de mort apparente. Par un avis du 6 juin 2017, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lorraine, saisie par Mme F, s'est, après avoir sollicité la tenue d'une expertise médicale, prononcée défavorablement à l'indemnisation de Mme F. Cette dernière et M. D, père de l'enfant mort-né, ont alors présenté une demande indemnitaire auprès du CHI Unisanté +. A la suite du rejet de cette demande, ils ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'ordonner avant dire droit une expertise médicale tout en se réservant la possibilité de préciser le chiffrage de leurs conclusions indemnitaires à la suite du rapport d'expertise. Mme F et M. D interjettent appel du jugement du 17 septembre 2019, par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande.

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment de l'expertise diligentée par la CRCI de Lorraine, qui présente de manière complète les principaux actes de suivi, d'investigations et de soins réalisés, sans occulter les résultats du contrôle fœtal réalisé le 19 mars 2015 au matin, ni plus généralement les éléments essentiels relatifs à l'état de la patiente et du fœtus, que l'enfant des requérants est né en état de mort apparente du fait de la constitution d'un hématome rétro-placentaire ayant causé un décollement du placenta, lui-même entraînant une anoxie sévère. Cet hématome est survenu alors que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la grossesse de Mme F, en dépit notamment d'une faible oscillation cardiaque retrouvée le matin du 19 mars 2015, qui était liée au positionnement de la patiente, ne présentait pas de risque particulier. Aucun élément du suivi de la grossesse de Mme F ne pouvait faire suspecter le décollement brutal du placenta qui s'est produit postérieurement à la visite de suivi réalisée le matin du 19 mars 2015 et qui ne pouvait donc avoir été détecté lors de cet acte de contrôle. Si, enfin, Mme F affirme s'être présentée au service des urgences de l'établissement le 7 mars 2015 en raison de fortes douleurs et de perte de liquide et avoir été alors invitée à retourner à son domicile sans examen, ni surveillance, cette circonstance, à la considérer comme établie, serait sans lien avec le décollement du placenta dès lors que les visites postérieures du 17 et 19 mars 2015 ont montré un bien-être fœtal et qu'en tout cas, le décollement survenu dans la soirée du 19 au 20 mars 2015 a été brutal et sans lien avec l'état préalable de santé de la patiente et du foetus. Mme F, qui a bénéficié d'une surveillance de sa grossesse conforme aux règles de l'art, n'est ainsi pas fondée à soutenir que le CHI Unisanté + a commis une faute dans le suivi de sa grossesse susceptible d'engager la responsabilité de cet établissement en raison de la naissance en état de mort apparente de son enfant.

3. En second lieu, il résulte également de l'instruction qu'à la suite de l'appel de M. D au centre des services d'aide médicale urgente, dont la teneur ne permettait pas de préjuger de la gravité de la situation, mais suggérait une situation d'accouchement normale, une ambulance est arrivée rapidement et a permis d'amener promptement, et sans qu'il soit justifié d'une éventuelle conduite dangereuse, Mme F à l'établissement de Forbach du CHI Unisanté +, où a été arrêté le choix pertinent de réaliser une césarienne au vu du diagnostic alors établi de décollement placentaire. En l'absence d'informations permettant de caractériser un risque de défaillance des fonctions vitales, tant l'utilisation d'un véhicule non médicalisé que l'absence de brancardage à l'arrivée de Mme F, qui apparaît avoir dû se déplacer jusqu'au service de gynécologie, ne sont fautifs. L'expertise judiciaire précise d'ailleurs qu'il était difficile d'imaginer, au vu des informations transmises, une prise en charge plus rapide entre le moment de l'appel à 1 heure 22 et la naissance à 2 heures 46. Dans ces conditions, Mme F n'est pas non plus fondée à soutenir que ses conditions de prise en charge dans la nuit du 19 au 20 mars 2015 étaient fautives.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, que Mme F et M. D ne sont pas fondés à soutenir que le CHI Unisanté + a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en raison de la naissance en état de mort apparente de leur enfant ni, par suite, à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F et M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A F, à M. B D, au centre hospitalier intercommunal Unisanté + et à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Wurtz, président de chambre,

- Mme Haudier, présidente-assesseure,

- M. Marchal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.

Le rapporteur,

Signé : S. C

Le président,

Signé : Ch. WURTZLe greffier,

Signé : F. LORRAIN La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier :

F. LORRAIN

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions