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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-20NC00322

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-20NC00322

mardi 25 octobre 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-20NC00322
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantVERMOREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2018 par lequel le président de la communauté de communes du Grand Langres lui a infligé la sanction de l'avertissement.

Par une ordonnance du 21 décembre 2018, le magistrat délégué du tribunal administratif de Dijon a transmis le dossier de la requête de M. B au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1802657 du 15 octobre 2019, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une ordonnance du 5 février 2020, le président de la cour administrative d'appel de Lyon a transmis le dossier de l'affaire de M. B à la cour administrative d'appel de Nancy en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2019 au greffe de la cour administrative d'appel de Lyon, M. B, représenté par Me Vermorel, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 15 octobre 2019 ;

2°) d'annuler l'arrêté du président de la communauté de communes du Grand Langres du 18 septembre 2018 ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Grand Langres la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'autorité disciplinaire, à qui incombe la charge de la preuve, n'établit pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés ;

- il reprend les autres moyens invoqués dans sa requête de première instance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2020, la communauté de communes du Grand Langres, représentée par Me Barberousse, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public,

- et les observations de Me Barberousse pour la communauté de communes du Grand Langres.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, recruté par la commune de Langres en qualité d'éducateur des activités physiques et sportives en 2011, exerce les fonctions de chef de bassin du centre aquatique de Langres au sein de la communauté de communes du Grand Langres. Par un arrêté du 18 septembre 2018, le président de la communauté de communes lui a infligé la sanction de l'avertissement. M. B relève appel du jugement du 15 octobre 2019 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, il est reproché à M. B d'avoir, à plusieurs reprises, manqué à ses obligations professionnelles de maître-nageur sauveteur, en vertu desquelles il est tenu d'assurer en continu la surveillance des baigneurs. Il lui est ainsi reproché d'avoir effectué des tâches administratives à son poste de surveillance fixe le 30 mars 2018, d'avoir, le 23 avril 2018, entretenu deux discussions, de respectivement 30 et 20 minutes, avec des maitres-nageurs sauveteurs, alors qu'il devait assurer la surveillance des bassins, et, enfin, d'avoir délaissé le cours " d'aquakid " qu'il dispensait pour discuter avec le maître-nageur sauveteur en surveillance sur poste fixe, les 19 avril et 2 juin 2018.

3. Si, ainsi que le soutient le requérant, il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public la communauté de communes produit en l'espèce, pour établir la matérialité de faits qui sont reprochés à l'agent, un rapport établi le 30 juin 2018 par le supérieur hiérarchique de M. B et rédigé en des termes très circonstanciés. Le requérant n'apporte, pour sa part, aucun élément de nature à contredire les mentions précises et circonstanciées figurant dans ce rapport. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. B avait déjà été rappelé à l'ordre pour avoir manqué à son obligation de surveillance des cours d'" aquakid ". Dans ces conditions, la collectivité doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de la matérialité des faits sur le fondement desquels elle a entendu infliger une sanction à M. B.

4. En second lieu, il appartient au requérant, tant en première instance qu'en appel, d'assortir ses moyens des précisions nécessaires à l'appréciation de leur bien-fondé. Il suit de là que le juge d'appel n'est pas tenu d'examiner un moyen que l'appelant se borne à déclarer reprendre en appel sans l'assortir des précisions nécessaires.

5. En l'espèce, le requérant s'est borné à indiquer dans sa requête reprendre les autres moyens qu'il avait invoqués en première instance, sans fournir les précisions indispensables à l'appréciation du bien-fondé de ces moyens ni joindre à sa requête une copie du mémoire de première instance qui contenait ces précisions. Il n'apporte ainsi pas suffisamment d'éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Grand Langres, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la communauté de communes du Grand Langres au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du Grand Langres présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et à la communauté de communes du Grand Langres.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Wurtz, président de chambre,

- Mme Haudier, présidente assesseure,

- M. Marchal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé : G. CLe président,

Signé : Ch. WURTZ

Le greffier,

Signé : F. LORRAIN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier :

F. LORRAIN

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