jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-20NC02311 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SELAS OLSZAK LEVY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg de condamner l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles de Metz-Courcelles-Chaussy à lui verser la somme globale de 71 912 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 5 janvier 2015 l'excluant définitivement de la formation professionnelle qu'elle a suivie au sein de l'établissement ; de majorer la somme de 3 912 euros, représentant le préjudice lié à la perte de revenus, des intérêts au taux légal à compter du 30 juin 2015 et de mettre à la charge de cet établissement une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n°1803236 du 10 juin 2020, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ce recours.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 7 août 2020 et des mémoires complémentaires enregistrés le 5 octobre 2020 et le 29 décembre 2021, Mme B A, représentée par Me Perrey, demande à la cour dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 10 juin 2020 ;
3°) de condamner le centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Courcelles-Chaussy ou l'Etat à lui verser une somme de 74 217 euros 60 en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de l'illégalité de son éviction du centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Courcelles-Chaussy ;
4°) de mettre à la charge du centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Courcelles-Chaussy ou de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- le jugement du 10 juin 2020 est entaché d'irrégularité faute pour la minute de la décision d'avoir été signée par le président de la formation du jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ;
- ce jugement est également entaché d'irrégularité puisque les premiers juges ont procédé irrégulièrement à une substitution de base légale ;
- la décision du 5 janvier 2015 repose sur des faits matériellement inexistants ;
- le directeur du centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Courcelles-Chaussy a commis une erreur d'appréciation ;
- la décision du 5 janvier 2015 est entachée d'un vice de procédure.
Par un mémoire en défense, le 20 janvier 2021, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'Etat doit être mis hors de cause dès lors qu'il est étranger au présent litige.
Par des mémoires en défense, enregistré le 24 juin 2021 et le 25 mars 2022, l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles de Metz Courcelles Chaussy conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'appelante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sibileau, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Antoniazzi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Perrey, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. En septembre 2014, Mme B A a intégré en tant que stagiaire l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles de Metz-Courcelles-Chaussy (ci-après " l'établissement public ") afin d'y suivre une formation professionnelle BTS technico-commercial " jardins et végétaux d'ornement " dispensée par le centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Courcelles-Chaussy (ci-après " le centre de formation "). Par une décision du 5 janvier 2015, le directeur du centre de formation l'a exclue définitivement de l'établissement. Par un jugement du 10 mai 2017 devenu définitif, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé cette décision au motif qu'elle avait été prise par une autorité incompétente. Mme A a ensuite demandé au tribunal administratif l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 5 janvier 2015. Par un jugement n° 1803236 du 10 juin 2020 dont Mme A relève appel, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ce recours.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par décision du 18 août 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis l'appelante au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête, devenues sans objet, tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative aux termes duquel : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience. ". Il résulte de l'examen de la minute du jugement attaqué que celui-ci comporte toutes les signatures requises par les dispositions qui précèdent.
4. En second lieu, lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'incompétence, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement intervenir et aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente. Dans le cas où il juge qu'une même décision aurait été prise par l'autorité compétente, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice d'incompétence qui entachait la décision administrative illégale.
5. En estimant que le conseil de discipline aurait pris à l'encontre de Mme A la même sanction d'exclusion définitive que le directeur du centre de formation qui s'est irrégulièrement prononcé, les premiers juges n'ont pas procédé à une substitution de base légale alors qu'au demeurant, l'administration avait opposé à la requérante ce même motif pour rejeter sa demande indemnitaire dans sa décision du 8 avril 2018. Par suite, l'appelante ne peut utilement soutenir avoir été privée des garanties qui s'attachent à la substitution de base légale.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
6. Mme A reprend en appel les mêmes moyens qu'elle avait invoqués en première instance. Il y a lieu, par adoption des motifs retenus par les premiers juges, d'écarter cette argumentation à l'appui de laquelle la requérante n'apporte aucun élément de fait ou de droit nouveau.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de laisser à la charge de chacune des parties la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles de Metz-Courcelles-Chaussy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A, à l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles de Metz-Courcelles-Chaussy et au ministre de l'agriculture et de l'alimentation.
Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président de chambre,
- M. Goujon-Fischer, président-assesseur,
- M. Sibileau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé : J.-B. SibileauLe président,
Signé : M. C
La greffière,
Signé : S. Robinet
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Robinet
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026