mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-20NC02596 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | HOUVER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B E a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2017 par lequel la maire de Dinsheim-sur-Bruche ne s'est pas opposée à la déclaration préalable présentée par M. F D le 14 novembre 2016, en vue du changement de couverture du toit d'un hangar, d'un appentis et d'une citerne, ainsi que la décision du 30 juin 2017 portant rejet de son recours gracieux formé le 29 avril 2017.
Par un jugement n° 1704354 du 15 juillet 2020, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2020, et un mémoire rectificatif, enregistré le 14 septembre 2020, M. B E et Mme A E, représentés par Me Houver, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1704354 du tribunal administratif de Strasbourg du 15 juillet 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté de la maire de Dinsheim-sur-Bruche du 9 janvier 2017 ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Dinsheim-sur-Bruche et de M. F D la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le jugement de première instance est entaché d'irrégularité dès lors que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté leur demande pour défaut d'intérêt à agir ;
- ils justifient d'un intérêt à agir dès lors que les ouvrages concernés par les travaux, aussi inesthétiques que proches de leur propriété, ont été érigés sur la base d'un permis de construire annulé par le juge administratif et que, n'ayant en conséquence aucune existence légale, le maintien de ces ouvrages leur est donc préjudiciable ;
- ils ont satisfait à l'obligation de notification imposée par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- dès lors que les ouvrages litigieux ont été implantés en vertu d'un permis de construire illégal, aucuns travaux, quelle que soit leur nature ou leur étendue, ne pouvaient être autorisés par la maire de Dinsheim-sur-Bruche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2020, M. F D, représenté par Me Karm, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de chacun des requérants d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Mme E, qui n'était pas partie au litige en première instance, n'est pas recevable à faire appel du jugement du tribunal administratif de Strasbourg ;
- la seule proximité de l'habitation des requérants avec les ouvrages sur lesquels les travaux en litige sont projetés ne suffit pas à leur conférer un intérêt à agir ;
- les constructions présentes sur le site et formant l'exploitation agricole ont été régulièrement édifiées ;
- les requérants ne sont pas fondés à soutenir que, en l'absence d'existence légale des ouvrages litigieux, aucuns travaux ne pouvaient y être autorisés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2021, la commune de Dinsheim-sur-Bruche, représentée par Me Sonnenmoser, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. E de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Mme E, qui n'était, ni appelée, ni partie au litige en première instance, n'est pas recevable à faire appel du jugement du tribunal administratif de Strasbourg ;
- la demande de première instance est irrecevable en l'absence de justification par les requérants de leur intérêt à agir et de l'accomplissement des formalités de notification prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les travaux en litige consistant à remplacer des plaques d'amiante par des plaques de tôle, la maire de Dinsheim-sur-Bruche pouvait légalement autoriser la substitution du matériau recouvrant le toit de l'appentis afin de préserver l'environnement et les habitants contre les risques de pollution par les poussières d'amiante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Steinmann pour la commune de Dinsheim-sur-Bruche.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 novembre 2016, M. F D, exploitant agricole, a déposé une déclaration préalable de travaux concernant le changement de couverture de la toiture d'un hangar, d'un appentis et d'une citerne de gazole non routier, se trouvant dans son exploitation, sur les parcelles cadastrées section 03 n° 271, 346 et 348 et situées 5 rue des Prés à Dinsheim-sur-Bruche (Bas-Rhin). A la suite de l'avis favorable de l'architecte des bâtiments de France du 9 décembre 2016, la maire de cette commune a décidé de ne pas s'opposer à cette déclaration, par un arrêté du 9 janvier 2017, affiché sur le terrain du bénéficiaire à compter du 6 mars suivant. Son recours gracieux, formé le 29 avril et reçu le 4 mai 2017, ayant été rejeté le 30 juin 2017, M. B E, qui réside à proximité immédiate de l'exploitation de M. D, a saisi le tribunal administratif de Strasbourg d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2017. Le requérant et son épouse, Mme A E, relèvent appel du jugement n° 1704354 du 15 juillet 2020, qui rejette cette demande.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ". Les présentes dispositions, qui ne concernent que le permis de construire, de démolir ou d'aménager, ne sont pas applicables à un recours pour excès de pouvoir formé contre une décision de
non-opposition à une déclaration préalable de travaux. L'intérêt à agir des tiers contre une décision de non-opposition à déclaration préalable s'apprécie ainsi au regard de la distance séparant le bien immobilier leur appartenant, ou dont ils ont la jouissance, du bien faisant l'objet des travaux déclarés, de la configuration des lieux et de la nature des travaux.
3. Il ressort des pièces du dossier que les travaux déclarés par M. D ont pour objet la réfection de la couverture d'un hangar, d'un appentis et d'une citerne de gazole non routier appartenant à son exploitation agricole. Ils consistent à remplacer les plaques en amiante dégradées recouvrant la toiture de ces ouvrages par des plaques en tôle grise et visent ainsi à améliorer la qualité du bâti existant et à prévenir les risques éventuels de pollution. S'il est vrai que la propriété de M. et Mme E, qui résident 7 rue des Prés, jouxte le terrain d'assiette de l'exploitation agricole, il n'est pas contesté que les intéressés n'ont pratiquement pas de vue directe sur les travaux les plus importants concernant le hangar, qui se trouve sur le côté opposé le long du bâtiment principal de l'exploitation. Les travaux concernant l'appentis et la citerne, visibles respectivement depuis le fond de parcelle et l'habitation des requérants, ne portent, quant à eux, que sur des surfaces de couverture extrêmement réduites, de quelques mètres carrés seulement. M. et Mme E, qui ne se prévalent d'aucun trouble lié à l'exécution de ces travaux, se bornent à soutenir que les ouvrages concernés auraient été édifiés de façon irrégulière et que cette situation leur serait préjudiciable. Toutefois, ces allégations, au demeurant fortement contestées par M. D et par la commune de Dinsheim-sur-Bruche, s'avèrent sans incidence sur l'appréciation de leur intérêt à agir. Dans ces conditions, eu égard à la nature des travaux litigieux et à la configuration des lieux, les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour demander l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2017. Par suite, en rejetant pour irrecevabilité la demande de M. E, les premiers juges n'ont pas entaché leur jugement d'irrégularité.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par M. D et par la commune de Dinsheim-sur-Bruche, que les conclusions de M. et Mme E tendant à l'annulation du jugement de première instance et de l'arrêté de la maire de Dinsheim-sur-Bruche du 9 janvier 2017 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de justice :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis solidairement à la charge de la commune de Dinsheim-sur-Bruche et de M. D, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes réclamées par M. et Mme E au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. E le versement à la commune de Dinsheim-sur-Bruche de la somme de 500 euros et à celle de M. et de Mme E le versement à M. D de la somme totale de 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et de Mme E est rejetée.
Article 2 : M. E versera à la commune de Dinsheim-sur-Bruche la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme E verseront à M. D la somme totale de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. B E, à Mme A E, à M. F D et à la commune de Dinsheim-sur-Bruche.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Haudier, présidente,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé : E. C
La présidente,
Signé : G. HAUDIER
Le greffier,
Signé : F. LORRAIN
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN
N°20NC02596
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026