mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-20NC02649 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | BERARD JEMOLI SANTELLI BURKATZKI BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision implicite par laquelle le président de l'université de Strasbourg a rejeté sa demande de reclassement au huitième échelon du grade de maître de conférences de classe normale.
Par un jugement n° 1905398 du 2 juillet 2020, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 septembre 2020 et le 24 juin 2022, M. B, représenté par Me Burkatzki, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg ;
2°) d'annuler la décision implicite du président de l'université de Strasbourg rejetant sa demande de reclassement au huitième échelon du grade de maître de conférences de classe normale ;
3°) d'enjoindre au président de l'université de Strasbourg de le reclasser au huitième échelon du grade de maître de conférences de classe normale dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Strasbourg la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne conteste pas la décision de classement du 1er septembre 2008, mais uniquement la décision implicite du président de l'université de Strasbourg rejetant sa demande de reclassement au huitième échelon du grade de maître de conférences de classe normale ;
- le jugement est irrégulier dès lors que les premiers juges n'ont pas pris en compte son mémoire présenté le 12 juin 2020 en réponse au courrier l'informant que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office ;
- le jugement est irrégulier dès lors que les premiers juges n'ont pas suffisamment motivé leur position quant à ce qui, en l'espèce, pourrait justifier l'inégalité de traitement subie ;
- le jugement est irrégulier car le tribunal n'a pas suffisamment motivé les raisons pour lesquelles il ne pouvait invoquer le moyen tiré de la méconnaissance du décret du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur ;
- le jugement est irrégulier dès lors que la réponse au moyen tiré de ce que ses services d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) et de contractuel au centre national de la recherche scientifique (CNRS) n'ont pas été pris en compte est laconique ;
- le jugement est irrégulier dès lors que le tribunal n'a répondu à la branche de son moyen tiré de ce qu'une différence de traitement ne pouvait être admise que sous les conditions, d'une part, de l'existence d'une différence objective de situation et, d'autre part, de ce que la différence de traitement n'est pas manifestement disproportionnée au regard des objectifs susceptibles de la justifier ;
- le jugement est irrégulier dès lors que les premiers juges ont omis de statuer sur le moyen tiré de ce que les dispositions de la loi du 30 décembre 2009, en ce qu'elles prévoient un délai de six mois pour présenter une demande de reclassement sont contraires au pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision implicite du président de l'université n'est pas motivée ;
- elle méconnaît le principe d'égalité de traitement des agents publics, ainsi que l'article 26 du pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques et les stipulations combinées de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier article du premier protocole additionnel à cette même convention ;
- les dispositions de l'article 125 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 limitant à six mois la possibilité pour les maîtres de conférences nommés avant l'entrée en vigueur du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 de bénéficier du nouveau régime de reprise d'expérience, ne lui sont opposables, car, d'une part, l'université de Strasbourg ne l'a pas informé de la possibilité de demander à bénéficier de ce nouveau régime et car, d'autre part, ces dispositions méconnaissent le principe d'égalité de traitement des agents publics, ainsi que l'article 26 du pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques et les stipulations combinées de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier article du premier protocole additionnel à cette même convention ; les dispositions du décret n°2009-462 du 23 avril 2009 étaient applicables à sa demande ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car, contrairement à ce que soutient l'administration, il a été nommé à l'échelon 1 du grade de maître de conférences de classe normale sans que soit pris en compte ses quatre années d'exercice des fonctions d'ATER et de contractuel au sein du CNRS.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2021, l'université de Strasbourg, représentée par Me Clamer, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. B est tardif à contester la décision de classement du 1er septembre 2008 ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
L'université de Strasbourg a présenté un mémoire, enregistré le 1er juillet 2022, par lequel elle conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. Ce mémoire n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;
- le pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques ;
- la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 ;
- le décret n° 85-465 du 26 avril 1985 ;
- le décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Durgun, représentant l'université de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été nommé en qualité de stagiaire, le 1er septembre 2007, dans le corps des maîtres de conférences au premier échelon du grade de maître de conférences de classe normale. Il a été titularisé le 1er septembre 2008 et a été classé au deuxième échelon du même grade. Par un courrier du 11 mars 2019, réceptionné le 13 mars 2019, il a demandé au président de l'université de Strasbourg son reclassement au huitième échelon du grade de maître de conférences de classe normale. Cette demande a été implicitement rejetée. M. B fait appel du jugement n° 1905398 du 2 juillet 2020 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande à fin d'annulation de cette décision implicite.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision () contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoires ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application () ". Aux termes de l'article R. 611-7 du code de justice administrative : " Lorsque la décision lui paraît susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, le président de la formation de jugement () en informe les parties avant la séance de jugement et fixe le délai dans lequel elles peuvent, sans qu'y fasse obstacle la clôture éventuelle de l'instruction, présenter leurs observations sur le moyen communiqué () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une partie produit des observations sur un moyen relevé d'office, il appartient dans tous les cas au juge administratif d'en prendre connaissance avant l'audience publique et de les viser dans sa décision. En outre, lorsque le juge est saisi d'une production postérieure à la clôture de l'instruction, il lui appartient, dans tous les cas, d'en prendre connaissance avant de rendre sa décision et de la viser. Enfin, ni la communication, par le juge, après la clôture de l'instruction, d'un moyen relevé d'office, ni la communication, à l'ensemble des parties, des observations reçues sur ce moyen, n'ont, par
elles-mêmes, pour effet de rouvrir l'instruction.
3. Alors que l'instruction de l'affaire devant le tribunal administratif de Strasbourg avait été close le 19 mars 2020 par une ordonnance du 4 mars 2020, les parties ont été informées, par un courrier du 10 juin 2020, sans réouverture de l'instruction, que la décision était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office. Par un mémoire enregistré le 12 juin 2020, M. B a produit des observations en réponse à ce moyen d'ordre public. Ce mémoire n'étant pas visé par le jugement attaqué, M. B est fondé à soutenir que la procédure est entachée d'irrégularité, alors même que le tribunal administratif ne s'est pas fondé sur ce moyen d'ordre public pour rejeter ses conclusions à fin d'annulation.
4. Il y a donc lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de régularité soulevés par M. B, d'annuler le jugement et de statuer immédiatement par la voie de l'évocation sur la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif et tendant à l'annulation de la décision implicite du président de l'université de Strasbourg rejetant sa demande de reclassement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du président de l'université de Strasbourg :
5. En premier lieu, aux termes de L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait demandé la communication des motifs de la décision implicite du président de l'université de Strasbourg. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4-1 du décret n° 85-465 du 26 avril 1985 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants chercheurs des établissements d'enseignement supérieur et de la recherche relevant du ministère de l'éducation nationale : " Par dérogation aux dispositions de l'article 4 ci-dessus, les services accomplis en qualité de moniteur, d'allocataire d'enseignement et de recherche, d'allocataire d'enseignement supérieur ou d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche, par les personnes nommées dans le corps des maîtres de conférences ou dans un corps assimilé sont pris en compte dans les conditions fixées ci-après : / a) Les services des attachés temporaires d'enseignement et de recherche sont retenus dans leur totalité ; / b) Les services des moniteurs et des allocataires d'enseignement et de recherche justifiant d'au moins trois années de fonctions en ces qualités sont retenus à raison de deux ans ; / c) Les services des allocataires d'enseignement supérieur sont retenus dans leur totalité dans la limite de deux ans ; / d) Les services des moniteurs et des allocataires d'enseignement et de recherche ayant exercé leurs fonctions en ces qualités pendant moins de trois ans sont retenus à raison de la moitié de leur durée. / Les services retenus au titre des dispositions du c ou d ci-dessus sont cumulables dans la limite de deux ans ". Aux termes de l'article 7-1 du même décret : " Les classements sont effectués en application des articles 3, 4, 4-1, 5, 6 ou 7 ci-dessus, selon la situation des personnes constatée soit à la date de cessation de leurs dernières fonctions, soit à la date de leur nomination en qualité de stagiaire ou, le cas échéant, de titulaire dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er ci-dessus. () ".
8. Il résulte des dispositions précitées que le classement d'un agent nommé maître de conférences intervient lors de sa nomination en qualité de stagiaire au sein de ce corps et qu'il est alors pris en compte un éventuel rappel d'ancienneté pour ses services antérieurs.
9. M. B, qui ne conteste pas le caractère définitif de l'arrêté l'ayant nommé au 1er septembre 2007 en qualité de stagiaire au sein du corps des maîtres de conférences au 1er échelon du grade de maître de conférences de classe normale et qui ne conteste au demeurant pas plus le caractère définitif de l'arrêté l'ayant titularisé à compter du 1er septembre 2008 dans ce corps au 2ème échelon du même grade, n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait dû bénéficier à sa nomination dans le corps des maîtres de conférences de la prise en compte de ses services antérieurs à cette nomination.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur : " Les personnes recrutées dans le corps des maîtres de conférences ou dans l'un des corps assimilés à celui des maîtres de conférences, en application de l'arrêté prévu par l'article 6 du décret du 16 janvier 1992 susvisé, sont classées dans la classe de début de ce corps à un échelon déterminé en prenant en compte la totalité des services effectués en qualité : / 1° D'attaché temporaire d'enseignement et de recherche, régi par le décret n° 88-654 du 7 mai 1988 ; / 2° D'allocataire de recherche, régi par le décret n° 85-402 du 3 avril 1985 ; / 3° De moniteur, régi par le décret n° 89-794 du 30 octobre 1989 ;/ 4° De doctorant contractuel des établissements publics d'enseignement supérieur ou de recherche, régi par le décret n° 2009-464 du 23 avril 2009. / Les personnes sont classées à un échelon de la classe de début du corps, sur la base des durées de services fixées pour l'avancement à l'ancienneté dans chacun des échelons du corps. / Les services retenus au titre des deuxième, troisième, quatrième et cinquième alinéas du présent article sont cumulables, à l'exception de ceux effectués simultanément en qualité de moniteur régi par le décret du 30 octobre 1989 précité et d'allocataire de recherche régi par le décret du 3 avril 1985 précité ". L'article 16 du même décret prévoit que : " Le présent décret entre en vigueur le 1er septembre 2009 " et l'article 17 de ce décret indique que : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux stagiaires en fonction à la date de publication du présent décret. Ils disposent d'un délai d'un an pour présenter leur demande de classement en application des articles 4 à 12 du présent décret ". Aux termes de l'article 125 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 : " Les maîtres de conférences régis par le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 relatif au statut des enseignants-chercheurs de l'enseignement supérieur et les agents appartenant à l'un des corps assimilés à celui des maîtres de conférences en application de l'annexe du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, titularisés dans leur corps avant le 1er septembre 2009, classés dans le premier grade et en fonctions à la date de publication de la présente loi, peuvent bénéficier, sur leur demande, d'une proposition de reclassement établie par application du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 précité, la durée des services accomplis depuis la date de leur recrutement et jusqu'au 31 août 2009 étant prise en compte dans la limite d'un an. () / La demande doit être présentée dans un délai de six mois à compter de la date de publication de la présente loi. () ".
11. Il résulte des dispositions précitées que les règles de classement des personnes nommées dans le corps des maitres de conférences issues du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 n'ont aucune portée rétroactive, de sorte que, sauf demande expresse de reclassement établie par application du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 et présentée avant le 30 juin 2010, soit six mois après la publication de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009, les dispositions de ce décret ne s'appliquent pas aux maîtres de conférences déjà titularisés au 25 avril 2009, date de publication du décret. Par suite, le moyen tiré de ce que les dispositions du décret n°2009-462 du 23 avril 2009 auraient une portée rétroactive et que M. B pouvait donc en bénéficier, alors qu'il a été titularisé au 1er septembre 2008, ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas des dispositions citées au point 10 que l'opposabilité du délai de six mois, prévu à l'article 125 de la loi du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 pour demander de bénéficier d'un reclassement établi selon les dispositions du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009, serait conditionnée à ce que les universités informent leurs agents de leur faculté de présenter une telle demande de reclassement, la publication de la loi du 30 décembre 2009 au journal officiel du 31 décembre 2009 ayant suffi à faire courir le délai de six mois prévu par l'article 125 précité. M. B n'est par suite pas fondé à soutenir que, faute pour l'université de Strasbourg de l'avoir informé de la possibilité ouverte par l'article 125 de la loi de finances pour 2010 précité, le président de l'université aurait dû lui permettre de bénéficier des dispositions du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 dans le cadre de sa demande de reclassement du 11 mars 2019.
13. En cinquième lieu, le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
14. M. B doit être regardé comme soutenant que la décision litigieuse méconnaît le principe d'égalité, ainsi que l'article 26 du pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques et les stipulations combinées du premier article du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 14 de la même convention, dès lors que cette décision refuse l'application à sa situation des règles plus favorables de reclassement prévues par le décret n° 2009-462 du 23 avril 2009. Le président de l'université s'est toutefois borné à appliquer les dispositions précitées au point 10 du présent arrêt, qui s'opposaient à l'application des dispositions du décret du 23 avril 2009 à la situation du requérant, qui a été titularisé avant le 25 avril 2009. A considérer que M. B ait entendu se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009, dès lors que ce décret, qui améliore les conditions de reclassement des maîtres de conférences à leur entrée dans le corps, ne prévoit des dispositions d'effets équivalents au bénéfice des agents qui ont été recrutés dans ce corps avant sa date de publication, les agents qui ont été recrutés dans ce corps avant la date à laquelle intervient la modification statutaire ne se trouvent pas dans la même situation que ceux qui y sont recrutés après cette date. De plus, la différence de traitement entre les agents titularisés avant la publication de ce décret et restant soumis aux conditions de reclassement prévues par le décret n° 85-465 du 26 avril 1985 et les agents titularisés après ce décret et qui peuvent bénéficier des nouvelles conditions de reclassement prévues par le décret est non seulement en lien avec l'objet du décret du 23 avril 2009, mais n'est, contrairement à ce que soutient le requérant, pas manifestement disproportionnée au regard des objectifs poursuivis, liés notamment à la faculté, dont doit disposer le Gouvernement, de modifier le statut d'un corps de fonctionnaires. Le requérant n'est par suite pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009, qui ne méconnaît pas le principe d'égalité et ne méconnaît, en tout état de cause, pas les stipulations de l'article 26 du pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques et les stipulations combinées du premier article du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 14 de la même convention.
15. En sixième lieu, la conformité de dispositions législatives à des principes constitutionnels ne saurait être contestée devant le juge administratif en dehors de la procédure prévue à l'article 61-1 de la Constitution. M. B n'est par suite pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que l'article 125 de la loi du 30 décembre 2009 méconnaîtrait le principe constitutionnel d'égalité.
16. En septième lieu, M. B se prévaut, par la voie de l'exception, de l'inconventionalité de l'article 125 de la loi du 30 décembre 2009, qui méconnaîtrait les stipulations de l'article 26 du pacte international de New-York relatif aux droits civils et politiques et les stipulations combinées du premier article du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 14 de la même convention. Pour autant, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 14, la circonstance que les agents déjà titulaires au jour de la publication du décret du 23 avril 2009 n'aient bénéficié que d'un délai de six mois pour demander à bénéficier des conditions favorables de reclassement prévues par ce décret, alors que les autres agents ne connaissent pas une telle limite, ne méconnaît, en tout état de cause, pas les stipulations précitées. Le moyen doit par suite être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de
non-recevoir opposée par l'université de Strasbourg, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite du président de l'université de Strasbourg. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Strasbourg, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre de ces dispositions. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par l'université de Strasbourg.
D E C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 1905398 du 2 juillet 2020 du tribunal administratif de Strasbourg est annulé.
Article 2 : La demande de première instance et le surplus de la requête d'appel de M. B sont rejetés.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'université de Strasbourg sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et à l'université de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wurtz, président de chambre,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé : S. C
Le président,
Signé : C. WURTZLe greffier,
Signé : F. LORRAIN La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026