mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-20NC03754 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | BEHR |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Nancy, à titre principal, de condamner le centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Nancy à lui verser la somme de 141 500 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du retard de diagnostic et de mise en place des mesures thérapeutiques dans le cadre de sa prise en charge dans cet établissement ou, à titre subsidiaire, de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la même somme au titre de la solidarité nationale.
Par un jugement n° 1802818 du 12 novembre 2020, le tribunal administratif de Nancy a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 décembre 2020 et le 12 août 2021, M. C, représenté par Me Behr, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nancy ;
2°) de condamner le CHRU de Nancy à lui verser la somme de 141 500 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du retard de diagnostic et de mise en place des mesures thérapeutiques dans le cadre de sa prise en charge dans cet établissement ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner l'ONIAM à lui verser la somme de 141 500 euros ;
4°) de déclarer l'arrêt commun et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie de Thionville ;
5°) de mettre à la charge du CHRU de Nancy la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à titre subsidiaire, de mettre cette même somme à la charge de l'ONIAM.
Il fait valoir que :
- sa requête est recevable ;
- le CHRU de Nancy a eu un comportement fautif en tardant à diagnostiquer sa pathologie, mais aussi en tardant à réaliser l'opération vasculaire nécessaire à son état de santé ; ces fautes sont de nature à engager la responsabilité du CHRU ;
- à titre subsidiaire, il doit, en tout cas, être indemnisé des préjudices résultant de sa prise en charge par le CHRU de Nancy E lors qu'il a subi un aléa thérapeutique ayant engendré un déficit fonctionnel permanent de 25 % ;
- il doit bénéficier d'une indemnisation d'un montant de 8 000 euros au titre de ses pertes de salaires avant consolidation de son état de santé, mais aussi d'un montant de 50 000 euros en raison de son préjudice professionnel, de 1 500 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire, de 75 000 euros en raison de son déficit fonctionnel permanent et, enfin, de 7 000 euros en raison des souffrances endurées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2021, l'ONIAM, représenté par Me Saumon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C les entiers dépens.
Il fait valoir que les conditions d'indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont pas satisfaites, notamment en l'absence d'atteinte des seuils de gravité prévus par la loi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2021, le CHRU de Nancy, représenté par Me Vilmin, conclut au rejet de la requête ou, subsidiairement, à ce que les sommes demandées soient ramenées à de plus justes proportions.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car M. C ne conteste pas le jugement mais se borne à fonder sa demande sur les conclusions de la première expertise intervenue ;
- il n'a commis aucune faute ;
- en tout cas, le déficit fonctionnel permanent imputable à l'accident survenu lors de l'angioplastie ne peut être évalué qu'à 15% et le préjudice professionnel allégué n'est pas imputable aux conséquences de l'opération vasculaire.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Vilmin, représentant le CHRU de Nancy.
Considérant ce qui suit :
1. En raison d'une insuffisance rénale pré-terminale, M. C a été opéré, le 15 juin 2008, au CHRU de Nancy afin de bénéficier d'une transplantation rénale en fosse iliaque gauche. Dans le cadre du suivi post-interventionnel, M. C a fait état, le 15 juillet 2008, de douleurs à l'effort au niveau du membre inférieur gauche. Un doppler artériel, réalisé le 24 juillet 2008, a révélé une sténose pré-occlusive ou une thrombose segmentaire de l'artère iliaque externe gauche, en aval de l'anastomose avec l'artère du greffon, et une sténose serrée de l'artère fémorale commune gauche et un angio-IRM, effectué le 28 juillet 2008, a permis de confirmer la sténose pré-occlusive ou la thrombose segmentaire de l'artère iliaque externe gauche. Une angioplastie a donc été réalisée le 4 août 2008 au sein du CHRU de Nancy, mais cette opération a été compliquée par une migration d'emboles cruoriques dans le greffon rénal. Cette migration a été la cause d'une dégradation initialement temporaire de la fonction rénale et a imposé, jusqu'au 10 septembre 2008, une reprise de l'hémodialyse, avant une amélioration de l'état de santé de M. C. Pour autant, cette amélioration n'a été que transitoire et l'état de santé de M. C s'est aggravé, de sorte qu'il a été contraint de recommencer les séances de dialyses à partir du mois de juillet 2012 et, finalement, de procéder à l'ablation du greffon le 4 avril 2014 en raison d'une thrombose irréversible du pôle supérieur de ce greffon. La commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Lorraine, saisie à nouveau par M. C, a, par un avis du 15 mai 2018 et au regard d'une nouvelle expertise déposée le 14 avril 2018, refusé de faire droit aux demandes de l'intéressé. Après avoir infructueusement sollicité auprès du CHRU de Nancy et de l'ONIAM l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge par cet établissement de santé, M. C a demandé au tribunal administratif de Nancy de condamner le CHRU de Nancy à lui verser la somme de 141 500 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ou, à titre subsidiaire, de condamner l'ONIAM à lui verser la même somme. M. C fait appel du jugement n° 1802818 du 12 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté ses demandes indemnitaires.
Sur les conclusions à fin d'appel en déclaration de jugement commun :
2. Aux termes du huitième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la caisse doit être appelée en déclaration de jugement commun dans l'instance ouverte par la victime contre le tiers responsable, le juge étant, le cas échéant, tenu de mettre en cause d'office la caisse si elle n'a pas été appelée en déclaration de jugement commun. Tel n'est pas le cas s'agissant des sociétés d'assurance.
3. Les dispositions de l'article L. 221-3-1 permettent au directeur général de la caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés de confier à une caisse primaire la charge d'agir en justice pour le compte de la caisse d'affiliation de l'assuré dans tous les contentieux liés au service des prestations d'assurance maladie. A ce titre, une caisse peut se voir confier la mission d'exercer, pour le compte d'une ou plusieurs autres caisses, le recours subrogatoire prévu par les dispositions de l'article L. 376-1 du même code à l'encontre du tiers responsable de l'accident, un tel recours tendant au remboursement des prestations servies à l'assuré à la suite de l'accident.
4. Par une décision du 1er janvier 2020 relative à l'organisation du réseau en matière d'exercice des recours subrogatoires prévus aux articles L. 376-1 et suivants et L. 454-1 et suivants du code de la sécurité sociale, régulièrement publiée au bulletin officiel Santé, protection sociale, solidarité n° 2020/1 du 15 février 2020, le directeur général de la caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés a confié à la CPAM de Meurthe-et-Moselle l'activité de recours contre tiers relatif aux assurés ou bénéficiaires de la CPAM de Moselle. Alors que M. C est affilé à la CPAM de Moselle, cette caisse doit être regardée comme agissant, dans la présente instance, par la CPAM de Meurthe-et-Moselle et seule cette dernière caisse doit ainsi être appelée à la cause en application de l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale, comme il a d'ailleurs été fait. Par suite, M. C n'est pas fondé à solliciter que l'antenne de Thionville de la CPAM de la Moselle soit appelée en déclaration de jugement commun.
Sur les conclusions indemnitaires présentées sur le fondement de la responsabilité pour faute :
5. M. C soutient que le diagnostic de la sténose et la réalisation de l'angioplastie par le CHRU de Nancy ont été tardifs et qu'un tel retard constitue une faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement de santé. Il résulte de l'instruction que M. C, qui faisait l'objet d'un suivi régulier à la suite de la transplantation réalisée le 15 juin 2008, a manifesté pour la première fois, le 15 juillet 2008, des douleurs à l'effort au niveau du membre inférieur gauche, ce qui pouvait suggérer une sténose. Un doppler artériel a été réalisé le 24 juillet 2008 pour vérifier cette hypothèse et a permis de révéler une sténose pré-occlusive ou une thrombose segmentaire de l'artère iliaque externe gauche, en aval de l'anastomose avec l'artère du greffon, et une sténose serrée de l'artère fémorale commune gauche. Un angio-IRM a été également effectué, le 28 juillet 2008, et a permis de confirmer une sténose pré-occlusive ou une thrombose segmentaire de l'artère iliaque externe gauche. Une angioplastie a donc été réalisée le 4 août 2008, soit moins de trois semaines après la manifestation des premières douleurs. Si l'expertise réalisée par les docteurs Debure et Michel le 20 septembre 2010 indique, sans plus de précisions, qu'un diagnostic plus précoce aurait pu être établi et qu'une opération endo-vasculaire aurait pu être envisagée rapidement après les résultats du doppler artériel, il résulte également de l'instruction que les docteurs Haultier et Wertheimer indiquent, dans leur rapport d'expertise du 27 mai 2011, que les délais entre les différents examens menés pour s'assurer du diagnostic et l'intervention étaient raisonnables, compte-tenu de l'absence d'urgence fonctionnelle et des précautions nécessaires à la préparation d'une opération d'angioplastie, particulièrement délicate lorsqu'elle doit être menée à la suite d'une transplantation avec suture récente. Ils écartent donc tout retard dans le diagnostic de la sténose et dans le traitement de cette dernière. Cette position est confirmée par les docteurs Mousson et Caillaux, dans leur expertise du 14 avril 2018, qui soulignent qu'en l'absence de signes d'ischémie aiguë en aval, la prise en charge, tant en ce qui concerne les examens complémentaires que l'opération, a été effectuée dans un délai raisonnable. Au regard du court délai entre les signes avant-coureurs de la sténose, la réalisation des premiers examens ayant permis de s'assurer du diagnostic et l'opération, la complication vasculaire du membre inférieur gauche dont a été victime M. C dans les suites de sa transplantation rénale n'a pas été diagnostiquée et traitée tardivement par le CHRU de Nancy. Au demeurant, si l'expertise réalisée par les docteurs Debure et Michel le 20 septembre 2010 indique qu'un traitement anticoagulant aurait pu être prescrit à M. C E les résultats du doppler artériel, les éléments au dossier, notamment les deux autres rapports d'expertise, témoignent que M. C bénéficiait, au jour du doppler, d'un traitement anti-coagulant sous la forme de Kardegic. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à demander que la responsabilité du CHRU de Nancy soit engagée en raison d'un retard de diagnostic et de traitement.
Sur les conclusions indemnitaires présentées sur le fondement de la solidarité nationale :
6. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 % / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ".
7. Il résulte des dispositions combinées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins et ayant le caractère d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.
8. Il résulte de l'instruction que la migration d'emboles cruoriques dans le greffon rénal lors de l'opération menée le 4 août 2008 présente le caractère d'un accident médical non fautif et que les deux premières expertises ont retenu que le taux de déficit fonctionnel permanent imputable à cet accident n'était pas supérieur à 20 %. La dernière expertise, réalisée par les docteurs Mousson et Caillaux et intervenue postérieurement à la dégradation de l'état de santé de M. C, fait état d'un taux de déficit fonctionnel permanent de 25 %. Pour autant, il est constant que, ainsi que l'indiquent ces derniers experts dans le paragraphe introductif à leurs conclusions, l'expertise reflète l'état de santé du patient à la date de l'expertise et que le taux intègre ainsi les troubles causés non seulement par la migration d'emboles cruoriques, mais aussi ceux liés à l'ostéonécrose dont souffre également M. C et qui l'impacte fortement. Or il résulte de l'instruction et notamment de l'expertise des docteurs Mousson et Caillaux et de celle des docteurs Haultier et Wertheimer que la pathologie ostéoarticulaire invalidante affectant le patient et ayant conduit à la pose de prothèses de hanche est sans lien avec l'opération du 4 août 2008 et l'accident embolique qui y est survenu, mais constitue une complication connue de toute transplantation de rein. Dans ces conditions, en excluant les troubles invalidants liés à l'ostéonécrose, le taux de déficit fonctionnel permanent imputable à l'accident embolique survenu le 4 août 2008 ne saurait être supérieur au taux de 24 % prévu par les dispositions précitées de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique au-delà duquel est ouvert le droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale. Par suite, alors que M. C ne soutient ni que les dommages imputables à l'accident embolique satisfont à l'un des autres sous-critères, prévus par les dispositions des articles L. 1142-1 et D. 1142-1 du code de la santé publique, permettant de regarder la condition de gravité comme satisfaite, ni que ces dommages répondent à la condition d'anormalité prévue par l'article L. 1142-1 précité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'ONIAM doit, au titre de la solidarité nationale, l'indemniser des préjudices en lien avec la migration d'emboles cruoriques.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête d'appel, que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nancy a rejeté ses conclusions indemnitaires.
Sur les frais liés au litige :
10. En premier lieu, la présente instance n'a pas engendré de dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par l'ONIAM tendant à ce que M. C soit condamné à supporter les entiers dépens ne peuvent, E lors, qu'être rejetées.
11. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM ou du CHRU de Nancy, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'ONIAM à fin de mise à la charge de M. C des entiers dépens sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié M. A C, au centre hospitalier régional et universitaire de Nancy, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance-maladie de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wurtz, président de chambre,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé : S. B
Le président,
Signé : C. WURTZLe greffier,
Signé : F. LORRAIN La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026