mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC01862 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | BERARD JEMOLI SANTELLI BURKATZKI BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision orale du 11 juin 2018 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un jugement n° 1804983 du 15 décembre 2020, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande, l'a condamné à payer une amende de 200 euros en raison du caractère abusif de sa requête et lui a retiré le bénéfice de l'aide juridictionnelle qui lui avait été préalablement accordée.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, M. B, representé par Me Burkatzki, demande à la cour :
1°) à titre principal, d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg, ainsi que la décision orale du 11 juin 2018 et d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, avec autorisation de travail, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg en tant qu'il lui inflige une amende pour recours abusif et lui retire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier car la minute du jugement n'a pas été signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ;
- contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, la décision litigieuse n'est pas inexistante ; le tribunal ne pouvait faire reposer l'intégralité de la charge de la preuve sur sa personne ; il a produit la confirmation de son rendez-vous en préfecture du 23 avril 2018, alors que l'administration n'a apporté aucun élément et n'a émis que des hypothèses ; l'instruction postérieure de la demande de titre de M. B démontre qu'il a déposé un dossier de demande ;
- le recours présenté n'avait rien d'abusif et il ne devait se voir infliger une quelconque amende.
La requête a été communiquée à la préfète du Bas-Rhin, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par une décision du 14 juin 2021 du président du bureau d'aide juridictionnelle, confirmée par une ordonnance n° 21NC01907 du 30 septembre 2021 de la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
1. M. B, ressortissant géorgien, est entré sur le territoire français le 22 février 2010. Il a été convoqué à la préfecture du Bas-Rhin le 11 juin 2018 pour présenter une demande de titre de séjour. Cependant, il indique que, lors de sa présentation à cette convocation et de la remise de sa demande de titre de séjour, il lui aurait été refusé la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. M. B fait appel du jugement du 15 décembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a non seulement rejeté sa demande à fin d'annulation de la décision orale du préfet du Bas-Rhin du 11 juin 2018 refusant de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour, mais lui a également infligé une amende pour recours abusif de 200 euros et lui a retiré le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la signature de la minute du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ".
3. Il ressort des pièces du dossier de première instance que la minute du jugement attaqué est signée par le président de la formation de jugement, par le rapporteur et par le greffier d'audience. Le moyen tiré de l'absence de signature du jugement attaqué soulevé par le requérant manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
Sur la décision orale du 11 juin 2018 :
4. Si M. B produit au dossier un récépissé de confirmation d'un rendez-vous en préfecture le 11 juin 2018 pour présenter une demande de titre de séjour, il n'apporte en appel, pas plus que devant les premiers juges, pas d'éléments susceptibles d'étayer l'affirmation selon laquelle il se serait présenté à cette date en préfecture pour remettre son dossier de demande, mais se serait alors vu refuser oralement la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. La circonstance que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a émis un avis sur l'état de santé du requérant, le 20 juin 2019, soit plus d'un après le dépôt de dossier allégué, ne saurait permettre d'étayer ses allégations selon lesquelles il aurait effectivement présenté, le 11 juin 2018, une demande de titre de séjour pour raison de santé, mais n'aurait pas bénéficié d'un récépissé de demande de titre de séjour, dès lors que l'administration faisait valoir que cet avis correspond à une demande de titre de séjour présentée le 5 avril 2019 et que le récépissé de confirmation de rendez-vous susmentionné fait état d'un dépôt d'une " première demande - changement de statut " et non d'une demande de titre de séjour pour raison de santé. Ainsi, M. B, qui n'apporte aucun élément suffisamment probant pour étayer ses allégations, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté ses conclusions à fin d'annulation comme irrecevables en l'absence de décision attaquée.
Sur le retrait de l'aide juridictionnelle accordée en première instance :
5. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, dans sa rédaction alors applicable : " Sans préjudice des sanctions pénales éventuellement encourues, le bénéfice de l'aide juridictionnelle () est retiré, en tout ou partie, dans les cas suivants : () / 3° lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire ou abusive ". L'article 51 de cette loi précise que : " Le retrait de l'aide juridictionnelle peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. (). Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire ou abusive, la juridiction saisie prononce le retrait total de l'aide juridictionnelle ".
6. En dépit de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B devant le tribunal administratif de Strasbourg, sa demande devant cette juridiction n'avait pas un caractère abusif au sens des dispositions précitées. Il suit de là que M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'article 3 du jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg lui a retiré le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'amende pour recours abusif :
7. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
8. Ainsi qu'il a été dit au point 6, la demande de M. B devant le tribunal administratif de Strasbourg ne présentait pas un caractère abusif. Par suite, M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'article 2 du jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg l'a condamné au paiement d'une amende de 200 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est uniquement fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg l'a condamné à payer une somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative et a retiré l'aide juridictionnelle qui lui avait été accordée par une décision du 11 septembre 2018 du président du bureau d'aide juridictionnelle.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'allouer une somme à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les articles 2 et 3 du jugement n° 1804983 du tribunal administratif de Strasbourg du 15 décembre 2020 sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin, au directeur régional des finances publiques de la région Grand-Est et du Bas-Rhin et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wurtz, président,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé : S. ALe président,
Signé : C. WURTZ
Le greffier,
Signé : F. LORRAIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026