vendredi 8 avril 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC02700 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C A a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2020 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que de l'arrêté du 3 mars 2021 par lequel elle l'a assigné à résidence.
Par un jugement n° 2100638 du 12 mars 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire rectificatif enregistrés les 12 et 14 octobre 2021, M. A, représenté par Me Lévi-Cyferman, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 12 mars 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2020 portant transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2021 portant assignation à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de l'autoriser à déposer sa demande d'asile en France ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement attaqué :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est rédigé de manière stéréotypée ;
- le premier juge a omis de statuer sur le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la légalité de la décision portant transfert :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une lettre du 21 octobre 2021, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de transfert aux autorités italiennes, cette décision ne pouvant plus légalement être exécutée compte tenu de l'expiration du délai de six mois prévu à l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
Par une réponse au moyen d'ordre public enregistrée le 25 octobre 2021, la préfète du Bas-Rhin a informé la cour de ce qu'il y a toujours lieu de statuer sur la requête, le requérant ayant été déclaré en fuite, ce qui a eu pour effet de prolonger le délai de transfert jusqu'au 16 avril 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête d'appel est irrecevable dès lors qu'elle ne contient aucun moyen nouveau ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2020, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéa 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant guinéen, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en juillet 2018 et a sollicité, le 1er août 2018, la reconnaissance du statut de réfugié auprès des services de la préfecture de la Moselle. La consultation du fichier Eurodac a révélé que ses empreintes avaient été précédemment relevées en Italie. Les autorités italiennes, saisies d'une demande de reprise en charge de l'intéressé, ont fait connaître explicitement leur accord le 21 août 2018, et son transfert a été décidé par arrêté du 11 février 2019. Postérieurement à l'exécution de cette mesure, l'intéressé est entré une nouvelle fois en France et a déposé une seconde demande d'asile. Les autorités italiennes, saisies le 2 octobre 2020 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé, ont fait connaître explicitement leur accord le 15 octobre 2020. Par un arrêté du 23 octobre 2020, la préfète du Bas-Rhin a décidé le transfert de M. A aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un arrêté du 3 mars 2021, elle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable trois fois et lui a fait obligation de pointer les mardis et jeudis à l'Hôtel de police de Nancy. M. A fait appel du jugement du 12 mars 2021 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité du jugement :
3. Il ressort des pièces du dossier que le tribunal administratif de Nancy, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par les parties, a répondu, avec une motivation suffisante et qui n'est pas stéréotypée, à l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, y compris celui tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le jugement serait, pour ces motifs, entaché d'irrégularité.
Sur la légalité de l'arrêté portant transfert :
4. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision contestée que pour décider le transfert de M. A aux autorités italiennes, la préfète du Bas-Rhin, après avoir visé les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables, a rappelé le parcours personnel et administratif de l'intéressé, en indiquant notamment qu'il a sollicité une première fois l'asile en France le 1er août 2018, qu'il a fait l'objet d'une première décision de transfert aux autorités italiennes, exécutée le 11 février 2019, qu'il est revenu sur le territoire français pour solliciter une nouvelle fois l'asile, que la consultation du fichier Eurodac a révélé l'existence d'une demande d'asile en Italie précédemment à sa demande déposée en France et qu'il n'est pas établi qu'il ait quitté le territoire des Etats-membres pendant une durée supérieure à trois mois.. Elle a également rappelé que l'intéressé a déclaré être célibataire et sans charge de famille, qu'il ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale stable en France, qu'il ne fait état d'aucun problème de santé, et n'établit pas être dans l'impossibilité de se rendre en Italie, ni que les autorités italiennes le renverront dans son pays d'origine sans lui laisser la possibilité de solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Cette décision comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A se prévaut de la durée de son séjour en France et des liens qu'il y a tissés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré une première fois en France en août 2018, a rejoint l'Italie en février 2019 en exécution de la précédente décision de transfert prise à son encontre, et qu'il est revenu en France en septembre 2020. A la date de la décision contestée, il n'était donc présent en France, de manière continue, que depuis un mois. Par ailleurs, il n'établit pas avoir tissé en France des liens d'une intensité et d'une stabilité particulières. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin ne peut être regardée comme ayant porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin
Fait à Nancy, le 08 avril 202Le président désigné,
Signé
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
D. Fritz
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026