vendredi 17 juin 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC02792 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FOURNIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n°2101921 du 5 octobre 2021, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2021, M. B, représenté par Me Fournier, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 5 octobre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou un titre de séjour en qualité d'étranger malade ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la régularité du jugement :
- le tribunal n'a pas procédé à un examen complet de son dossier de première instance, notamment des pièces relatives à sa vie privée et familiale ;
S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le traitement médical dont il a besoin étant difficilement accessible en Géorgie ;
- il peut bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " vie privée vie familiale " en raison de sa situation personnelle et familiale en France ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant géorgien, est entré sur le territoire français selon ses déclarations le 1er juin 2017 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 octobre 2017, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 18 juin 2018. Le 26 juin 2018, il a sollicité son admission au séjour en se prévalant de son état de santé. Par décision du 22 août 2019, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a délivré un titre de séjour valable un an, qui a expiré le 14 juillet 2020. Il a ensuite sollicité le renouvellement de son titre de séjour au regard des dispositions de l'article L. 313-11 11° alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 avril 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. M. B fait appel du jugement du 5 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité du jugement :
3. Au point 1 du jugement attaqué, les premiers juges ont indiqué que le requérant était entré en France en compagnie de son épouse et au point 4, qu'une fille du requérant réside en France, que deux de ses enfants résident dans son pays d'origine et qu'il ne démontre pas être dans l'impossibilité de transférer sa cellule familiale hors de France. En outre, si les premiers juges avaient indiqué que le droit au séjour de la fille du requérant résidant en France n'était pas avéré, il ressort des pièces du dossier de première instance que M. B avait alors uniquement transmis une copie de son passeport et qu'ils ne pouvaient dès lors prendre connaissance de la régularité de son séjour, et, par voie de conséquence, prendre en considération le fait qu'elle indique " prendre la responsabilité de la prise en charge et de la garde " de ses parents. Ainsi, il ne ressort pas des termes du jugement attaqué que les premiers juges n'auraient pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle et familiale en France. Dès lors, le moyen tiré par l'appelant de ce que les premiers juges n'auraient pas procédé à un examen complet de son dossier de première instance, notamment des pièces jointes à l'appui de sa requête, ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié et effectif dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus de titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect du secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et d'établir l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité pour l'intéressé d'y accéder effectivement.
6. M. B soutient qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, le collège des médecins de l'OFII a estimé dans son avis du 11 décembre 2020 que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut serait de nature à entraîner des conséquences graves sur sa santé, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé qui lui permet en outre de voyager sans risque. Si M. B produit plusieurs documents médicaux à l'appui de son dossier, ces documents, qui ne permettent que de justifier l'état de santé du requérant et de la nécessité de sa prise en charge, ne remettent toutefois pas en cause l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII sur les possibilités de bénéficier d'un traitement approprié à sa situation en Géorgie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision contestée est illégale dès lors qu'il pourrait bénéficier d'un titre de séjour en raison de sa situation personnelle et familiale en France. Toutefois, il ressort des pièces de son dossier que sa conjointe, de nationalité géorgienne, a bénéficié d'une autorisation provisoire lui permettant seulement de se maintenir sur le territoire français pendant la durée de ses soins et que cette autorisation a expiré le 13 juillet 2020. M. B ne conteste pas que son épouse se trouve désormais en situation irrégulière sur le territoire français. Si sa fille réside régulièrement à Metz sous couvert d'un certificat de résident en qualité de réfugiée, celle-ci est majeure et la décision litigieuse ne fait pas obstacle à ce que le requérant revienne rendre visite à sa fille de manière régulière en France. S'il fait également mention de la présence en France de son frère qui a déposé une demande de titre de séjour, il n'établit pas l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens avec ce dernier. En revanche, il justifie de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-neuf ans et où résident deux de ses enfants. Par ailleurs, il n'établit pas qu'il lui serait impossible de transférer en Géorgie sa cellule familiale. En outre, M. B ne produit aucun élément de nature à établir son insertion dans la société française au cours de ses cinq années de présence sur le territoire. Enfin, si M. B produit à l'appui de son dossier des courriers de ses trois enfants aux termes desquels la fille de M. B résidant en France se déclare responsable de la prise en charge et de la garde de ses parents, alors que les deux enfants résidant en Géorgie attestent quant à eux refuser cette responsabilité, ces documents sont, en tout état de cause, postérieurs à la date de l'arrêté contesté de telle sorte que le préfet ne pouvait les prendre en considération avant d'édicter sa décision. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il était en droit de bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " vie privée vie familiale " en raison de sa situation personnelle et familiale en France ne peut qu'être écarté.
8. En troisième et dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. B sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 17 juin 202Le président désigné,
Signé
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
D. Fritz
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026