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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-21NC02845

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-21NC02845

mardi 31 mai 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-21NC02845
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL GUITTON & GROSSET BLANDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. E C et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés du 25 mai 2021 par lesquels le préfet des Vosges a refusé de leur délivrer des titres de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à leur encontre des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Par un jugement n° 2101695-2101696 du 23 septembre 2021, le tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 1er novembre 2021, M. C et Mme B, représentés par Me Grosset, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 23 septembre 2021 ;

2°) d'annuler les arrêtés du 25 mai 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

S'agissant de la régularité du jugement :

- le tribunal administratif n'a pas répondu au moyen tiré de ce qu'il est impossible de savoir si leur médecin habituel et le médecin hospitalier ou le médecin qui a rédigé le rapport médical auraient été sollicités par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire :

- le signataire des décisions est incompétent ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier et sérieux de leurs situations personnelles et a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- le préfet n'a pas tenu compte des éléments prévus par l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis de l'OFII et a méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 425-9, L. 425-10 et R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les articles 6 et 11 de l'arrêté du 27 décembre 2016 et les articles 2 et 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 ;

- l'ancienneté de l'avis du rapport de l'OFII est de nature à vicier la procédure ;

- elle méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire :

- le signataire des décisions est incompétent ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- il n'est pas établi que le préfet aurait procédé à un examen particulier de leurs situations ;

- elles méconnaissent leurs droits au respect du contradictoire et l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

S'agissant des décisions fixant le pays de destination :

- le signataire des décisions est incompétent ;

- elles méconnaissent leurs droits au respect du contradictoire ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

- le signataire des décisions est incompétent ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de leurs situations et a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 425-11, R. 425-12, R. 425-13 et R. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions prévues à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme B, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français le 9 janvier 2015 accompagnés de leurs deux enfants mineurs afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugiés. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 21 décembre 2017, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 12 juin 2018. Par deux arrêtés notifiés le 21 août 2018, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Nancy le 28 septembre 2018, le préfet des Vosges les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. En janvier 2019, ils ont sollicité une mesure de protection contre leur éloignement au regard de leur état de santé et de celui de leurs enfants. Par des arrêtés du 25 mai 2021, le préfet des Vosges a refusé de leur délivrer des titres de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. C et Mme B font appel du jugement du 23 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement :

3. Si les requérants soutiennent que le tribunal administratif de Nancy n'a pas répondu au moyen tiré de ce qu'il est impossible de savoir si leur médecin habituel et le médecin hospitalier ou le médecin qui a rédigé le rapport auraient été sollicités par le collège des médecins de l'OFII, il ressort du point 8 du jugement attaqué que le tribunal administratif a répondu à ce moyen. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture des Vosges, auquel le préfet a, par un arrêté du 7 mai 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature pour " tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département des Vosges, y compris en matière de police des étrangers () ". Ainsi, M. D était compétent pour signer les arrêtés contestés portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et interdisant leur retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes des arrêtés contestés que pour refuser de délivrer des titres de séjour à M. C et à Mme B et les obliger à quitter le territoire français, le préfet a d'abord visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ses dispositions applicables. Le préfet a ensuite indiqué qu'ils étaient entrés en France le 9 janvier 2015 accompagnés de leurs deux enfants mineurs, que leurs demandes d'asile ont été rejetées en dernier lieu par la CNDA le 16 juin 2018 et qu'ils ont fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 21 août 2018. Le préfet a également précisé que l'OFII a transmis un avis le 18 mars 2019 indiquant que Mme B et les deux enfants du couple pouvaient bénéficier de soins appropriés à leurs états de santé dans leur pays d'origine et y voyager sans risque. Le préfet a ensuite mentionné que les requérants, bien que bénéficiaires de promesses d'embauche, ne présentaient aucune autorisation de travail. Le préfet a précisé que M. C et Mme B se trouvaient tous deux en situation irrégulière en France et que le fait que leurs enfants y soient scolarisés et que l'un d'entre eux y soit né était sans incidence sur leurs droits au séjour. En outre, le préfet a indiqué que si les intéressés se prévalaient également de la présence en France du frère de Mme B, de sa belle-sœur et de ses neveux français, ils n'établissaient pas la réalité et l'intensité des liens qu'ils entretiennent avec eux, ni être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine. Le préfet a ajouté que s'ils se prévalaient d'attestations concernant leurs efforts d'insertion et leurs maîtrises de la langue française, ces éléments n'étaient dus qu'à la conséquence des multiples demandes afin d'obtenir leurs régularisations. Le préfet a également mentionné que rien ne faisait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue hors du territoire français et que la scolarité des enfants pourra se poursuivre dans leur pays d'origine. Enfin, le préfet a indiqué que les requérants étaient dépourvus de ressources, qu'ils ne justifient pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, qu'ils ne pouvaient donc se voir délivrer un titre de séjour, et qu'en application de l'article L. 611-1 3° du code susvisé, il pouvait les obliger à quitter le territoire français. Il a également ajouté qu'ils n'entraient dans aucun des cas d'exception prévus par l'article L. 611-3 du même code. Ainsi, les décisions contestées comportent l'énoncé de l'ensemble des éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement au regard notamment des critères d'évaluation définis par l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette motivation révèle en outre que le préfet des Vosges ne s'est pas estimé en situation de compétence liée et a procédé à l'examen particulier et approfondi des situations de M. C et de Mme B. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

6. En troisième lieu, si les requérants se prévalent des dispositions de l'article 11 du décret du 27 décembre 2016, ils doivent être regardés comme se prévalant de celles de l'article 11 de l'arrêté du 27 décembre 2016.

7. Aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 ou, lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 561-2 ou de l'article L. 552-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou retenu en application de l'article L. 551-1 du même code, le médecin de l'office désigné par son directeur général pour émettre l'avis sur l'état de santé prévu à l'article R. 511-1 du même code émet un avis dans les conditions prévues à l'article 6 et au présent article et conformément aux modèles figurant aux annexes C et D du présent arrêté. Pour l'établissement de l'avis, le collège de médecins ou le médecin de l'office peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant rempli le certificat médical. Le demandeur en est informé. () "

8. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que la consultation du médecin ayant établi le certificat médical ne constitue qu'une faculté à disposition des médecins du collège de l'OFII mais ne constitue en aucun cas une obligation. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

9. En quatrième lieu, M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par les premiers juges, les moyens tirés la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3, L. 425-9, L. 425-10 et R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, des articles 2 et 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 et de ce que l'ancienneté de l'avis du rapport de l'OFII serait de nature à vicier la procédure . Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

10. En cinquième lieu, M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par les premiers juges, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de leurs situations personnelles. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

Sur les décisions fixant le délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 4 de la présente ordonnance que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, si les requérants se prévalent des dispositions de l'article 41 du " TDFUE ", ils doivent être regardés comme se prévalant de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

13. Si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

14. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause dans le cas prévu au 3° l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour ; que le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision portant refus de délai de départ volontaire, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'en date du 22 février 2021, soit préalablement à l'édiction des décisions contestées, les requérants ont été sollicités par le préfet des Vosges afin de faire valoir toute observation éventuelle dans la perspective d'une mesure d'éloignement et que ceux-ci ont fait valoir leur souhait de rester en France et d'y travailler. Ainsi, les moyens tirés de ce que les requérants n'auraient pas été mis en mesure de présenter des observations dans un délai raisonnable et de ce que les décisions méconnaîtraient leurs droits d'être entendus manquent en tout état de cause en fait.

15. M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par les premiers juges, le moyen tiré ce que la décision serait entachée d'un défaut de motivation. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

16. En troisième et dernier lieu, il ne résulte pas des termes de l'arrêté contesté ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des requérants avant de leur accorder un délai de départ volontaire limité à 30 jours. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation des requérants ne peut qu'être écarté.

Sur les décisions fixant le pays d'éloignement :

17. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 4 de la présente ordonnance que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision ne peut qu'être écarté.

18. En deuxième lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 14 de la présente ordonnance que le moyen tiré de ce que leurs droits au respect du contradictoire auraient été méconnus ne peut qu'être écarté.

19. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes des décisions contestées que pour fixer le pays vers lesquels les requérants pourront être éloignés, le préfet a cité les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rappelé qu'ils étaient de nationalité arménienne, a indiqué qu'an cas de retour en Arménie, ils ne faisaient état d'aucun élément permettant d'établir qu'ils seraient personnellement menacés par des risques de torture, de peines ou de traitements inhumains ou dégradants contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que s'ils ont fait mention d'un danger manifeste en cas de retour en Arménie, ils ne produisaient aucun élément de nature à établir le caractère réel de leurs allégations. Ainsi, les décisions contestées comportent l'énoncé de l'ensemble des éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 4 de la présente ordonnance que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision ne peut qu'être écarté.

21. En deuxième lieu, pour interdire à M. C et à Mme B de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an, le préfet a visé les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rappelé qu'ils s'étaient maintenus irrégulièrement en France malgré les précédentes mesures d'éloignement prises à leur encontre auxquelles ils n'ont pas déférées et que la durée de leur séjour en France n'est due qu'à leur maintien irrégulier sur le territoire ainsi qu'au temps nécessaire au déroulement des démarches administratives qu'ils ont entreprises. Enfin, le préfet a relevé que ces décisions, au regard de l'intensité, de l'ancienneté et de la stabilité de leurs liens personnels et familiaux en France, ne portaient pas une atteinte disproportionnée à leurs droits au respect de leur vie privée et familiale. Les requérants ne contestent pas utilement les éléments retenus par le préfet des Vosges. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché ses décisions d'une insuffisance de motivation ni d'un défaut d'examen particulier et approfondi des situations de M. C et Mme B et n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. C et Mme B sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également leurs conclusions présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Au demeurant, les requérants n'ont présenté aucune demande d'aide juridictionnelle malgré la demande de régularisation qui leur a été adressée en ce sens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C et à Mme A B.

Copie en sera adressée au préfet des Vosges.

Fait à Nancy, le 31 mai 2022.

Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

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