jeudi 30 juin 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC03039 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CHAVKHALOV |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision du 15 avril 2020 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Par une ordonnance N° 2003441 du 24 novembre 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a constaté le désistement d'office de Mme B de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2021, Mme B, représentée par Me Chavkhalov, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de renvoyer sa demande au tribunal administratif de Strasbourg.
Elle soutient que :
- l'ordonnance attaquée a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative en ce que sa demande de référé suspension a été rejetée le 17 juillet 2020 pour défaut d'urgence et non pas pour absence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- et les conclusions de Mme Haudier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante russe, a saisi l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'une demande tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Cette demande a été rejetée de manière implicite le 15 avril 2020. Elle a en conséquence saisi le tribunal administratif de Strasbourg d'une demande tendant à l'annulation de cette décision et a saisi le juge des référés d'une demande tendant à la suspension de cette décision. Par ordonnance du 17 juillet 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté cette demande de suspension. Mme B relève appel de l'ordonnance du 24 novembre 2021 par laquelle le premier conseiller désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg l'a regardée comme s'étant désistée de sa demande tendant à l'annulation de la décision litigieuse.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance :/1° Donner acte des désistements ". Aux termes de l'article R. 612-5-2 du même code : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté ".
3. Il ressort de l'ordonnance du 17 juillet 2020 que le juge des référés a rejeté la requête aux fins de suspension de Mme B après avoir estimé que cette dernière ne justifiait pas de la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative et non pas parce qu'elle n'aurait pas fait état d'un moyen propre à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. Par suite, c'est en faisant une inexacte application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a regardé Mme B, en l'absence de confirmation de sa requête au fond, comme s'étant désistée de sa demande tendant à l'annulation de la décision qu'elle contestait.
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée. Comme le demande la requérante, qui n'a d'ailleurs pas repris de conclusions sur le fond devant la cour et alors que sa demande n'a pas donné lieu à un débat contradictoire devant le tribunal administratif, il y a lieu de renvoyer au tribunal administratif de Strasbourg la demande de Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : L'ordonnance N° 2003441 du 24 novembre 2021 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg est annulée.
Article 2 : Mme B est renvoyée devant le tribunal administratif de Strasbourg pour qu'il soit statué sur sa demande.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C B et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martinez, président de chambre,
M. Agnel, président assesseur,
Mme Mosser, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2022.
Le rapporteur,
Signé : M. AGNELLe président,
Signé : J. MARTINEZ
La greffière,
Signé : C. SCHRAMM
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour avis conforme,
La greffière,
C. SCHRAMM
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026