lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-21NC03314 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SEGAUD JULIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B et Mme D C ont demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler les arrêtés du 5 août 2021 par lesquels le préfet des Ardennes leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Par un jugement nos 2102167 ; 2102168 du 23 novembre 2021, le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
I- Par une requête enregistrée le 21 décembre 2021 sous le n° 21NC03314, M. B, représenté par Me Ségaud-Martin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 23 novembre 2021 en ce qui le concerne ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2021 pris à son encontre ;
3°) de prononcer la suspension de l'arrêté du 5 août 2021 dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de prononcer son maintien sur le territoire français ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
II - Par une requête enregistrée le 21 décembre 2021 sous le n° 21NC03315, Mme C, représentée par Me Ségaud-Martin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 23 novembre 2021 en ce qui la concerne ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2021 pris à son encontre ;
3°) de prononcer la suspension de l'arrêté du 5 août 2021 dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de prononcer son maintien sur le territoire français ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
M. B et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 13 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2020, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéa 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme D C, ressortissants russes, sont entrés sur le territoire français, selon leurs déclarations, le 4 février 2020 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugiés. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 6 novembre 2020, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 4 mai 2021. Par deux arrêtés du 5 août 2021, le préfet des Ardennes leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre M. B et Mme C font appel du jugement du 23 novembre 2021 par lequel le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. M. B et Mme C se prévalent de leur intégration et du fait qu'ils n'ont plus d'attaches dans leur pays d'origine. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'ils sont entrés en France le 4 février 2020 et n'étaient donc présents que depuis un an et six mois à la date des décisions contestées, cette durée de séjour n'étant due qu'à l'examen de leurs demandes d'asile. Ils n'établissent pas avoir tissé en France des liens d'une intensité et d'une stabilité particulières. La circonstance que M. B exerce une activité professionnelle en France ne suffit pas à établir qu'ils y ont transposé le centre de leurs intérêts privés et familiaux. Enfin, ils n'établissent être dépourvus d'attaches privées et familiales dans leur pays d'origine, la Russie, où ils ont vécu jusqu'à l'âge de, respectivement, 44 et 41 ans. Dans ces conditions, le préfet des Ardennes ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. B et Mme C au respect de leur vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels les décisions contestées ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
6. M. B et Mme C se prévalent de la scolarisation de leurs enfants en France. Toutefois, ils n'établissent pas que ceux-ci ne pourraient poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine, la Russie, où ils ont vocation à suivre leurs parents, de sorte que la cellule familiale puisse s'y reconstruire. Enfin, s'ils soutiennent que leur fille ainée est suivie en France pour une pathologie et qu'une demande de titre de séjour a été déposé en préfecture à ce titre, ils ne produisent qu'une confirmation de rendez-vous délivrée le 10 mai 2021 par la préfecture des Ardennes en vue de l'enregistrement de la demande titre de séjour de leur fille. Par ailleurs, ils n'établissent pas que leur fille ne pourrait être suivie médicalement dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet des Ardennes ne peut être regardé comme ayant méconnu l'intérêt supérieur des enfants des intéressés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation des requêtes présentées par M. B et Mme C sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également leurs conclusions aux fins de suspension de l'exécution des arrêtés du 5 août 2021, d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. B et Mme C sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Mme D C.
Copie en sera adressée au préfet des Ardennes.
Fait à Nancy, le 18 juillet 202Le président désigné,
Signé
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
D. Fritz
2, 21NC03315
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026