LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC00149

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC00149

vendredi 26 août 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC00149
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantGABON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2020 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2100376 du 11 mai 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 20 janvier 2022, M. A, représenté par Me Gabon, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 11 mai 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2020 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la régularité du jugement :

- les premiers juges n'ont pas répondu au moyen tiré de la méconnaissance du 1° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les premiers juges n'ont pas répondu au moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 311-6 et L. 311-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'arrêté contesté pris dans sa globalité :

- il est insuffisamment motivé et le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle méconnaît son droit à être entendu et l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il est entaché d'un vice de procédure et méconnaît l'article R. 5221-19 du code du travail dès lors que l'administration l'a mis dans l'impossibilité de contester la décision lui refusant l'autorisation de travailler ;

- l'avis émis par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) méconnaît les dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail ;

- le préfet s'est cru à tort lié par l'avis de la DIRECCTE ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur de droit en se prévalant d'un avis émis par une autorité incompétente ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les 1°, 2° et 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est illégal dès lors qu'il pouvait prétendre à un titre de séjour pour parent d'enfant malade ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet de la Marne n'établit pas qu'il serait admissible dans un autre pays.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinésa 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant monténégrin, est entré sur le territoire français le 13 novembre 2016 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 13 mars 2017, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 7 juin 2017. Par un arrêté du 1er août 2017, le préfet des Ardennes l'a obligé a quitté le territoire français dans le délai de trente jours. Par un jugement du 22 septembre 2017, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a confirmé cette mesure en indiquant qu'elle ne pourrait recevoir application que lorsque le préfet des Ardennes se serait assuré du respect des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'état de santé de sa fille. Par un arrêté du 14 août 2018, le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français. Par un jugement du 17 octobre 2018, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois. Le 22 juin 2020, M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 2 novembre 2020, le préfet de la Marne lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit à défaut d'exécution volontaire. M. A fait appel du jugement du 11 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, il ressort du point 13 du jugement attaqué que les premiers juges ont répondu au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 1° de l'article L. 511-4 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le jugement serait entaché pour ce premier motif d'omission à statuer.

4. En second lieu, M. A soutient que les premiers juges n'ont pas répondu au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 311-6 et L. 311-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des termes de la demande de première instance que l'argumentation développée par le requérant en lien avec ces dispositions tendait à démontrer la régularité de son séjour sur le territoire français et venait en soutien du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auquel les premiers juges ont répondu au point 14 de leur jugement. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

5. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A, l'obliger à quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixer le pays à destination duquel il pourra être reconduit à l'expiration de ce délai, le préfet de la Marne a visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ses dispositions alors applicables. Le préfet a ensuite indiqué que M. A était entré en France le 13 novembre 2016, que sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2017, qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 14 août 2018 et qu'en dépit de cette décision, il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de trente jours qui lui avait été accordé. Il a ajouté que M. A s'est prévalu d'un contrat de travail en tant que peintre, que la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) lui a indiqué, par réponse du 13 octobre 2020, qu'elle se prononçait défavorablement sur le dossier de M. A et a précisé les motifs de cet avis. Le préfet a également mentionné que si M. A se prévalait de la présence en France de sa concubine et de ses quatre enfants, d'une part, sa concubine se trouvait également en situation irrégulière sur le territoire français et n'avait pas vocation à s'y maintenir et, d'autre part, il ne justifiait pas que ses enfants seraient dans l'impossibilité de poursuivre une scolarité normale dans son pays d'origine ni que la cellule familiale serait dans l'impossibilité de se reconstruire au Monténégro. Enfin, le préfet a ajouté que M. A ne faisait valoir aucune circonstance humanitaire ou motif exceptionnel qui justifierait son admission au séjour, qu'il ne justifiait pas de liens personnels ou familiaux stables, anciens et intenses en France ni être démuni de liens familiaux dans son pays d'origine et n'établissait pas être exposé à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, la circonstance, à la supposer établie, que l'arrêté comporterait des informations erronées ou fallacieuses n'est pas de nature à remettre en cause la suffisance de la motivation. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A ni qu'il se serait cru à tort lié par l'avis de la DIRECCTE. Ainsi, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen complet et de ce que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée ne peuvent qu'être écartés.

4. En deuxième lieu, d'une part, M. A ne saurait utilement invoquer une méconnaissance de l'article 41 de la charte des fondamentaux de l'Union européenne, qui s'adresse uniquement, ainsi qu'il résulte clairement des dispositions en cause, aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant. D'autre part, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet, le cas échéant, d'une mesure d'éloignement du territoire français avec ou sans délai de départ volontaire et d'une interdiction de retour. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ou de compléter ses observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, sur l'octroi ou non d'un délai de départ volontaire, sur la fixation du pays de destination et sur l'interdiction de retour, lesquelles sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait vainement sollicité un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché, lors du dépôt et au cours de l'instruction de sa demande de titre de séjour, de faire valoir auprès de l'administration tous les éléments utiles à la compréhension de sa situation personnelle et familiale. La circonstance que l'arrêté ne fasse pas mention de la scolarisation de ses enfants et de l'état de santé de sa fille n'est pas de nature à remettre en cause le respect de son droit à être entendu. Par suite, et alors même que le préfet de la Marne n'aurait pas invité le requérant à présenter spécifiquement des observations sur la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 alors applicable du code de l'entrée et du séjour : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".

7. Il ne ressort pas de ces dispositions qu'une demande d'admission exceptionnelle au séjour devrait être instruite dans les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de l'autorisation de travail mentionnée à son article L. 5221-2. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles R. 5221-19 et R. 5221-20 alors applicables du code du travail ne peuvent qu'être écartés.

8. En quatrième lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs opposés par les premiers juges, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

9. En cinquième lieu, M. A soutient que le préfet a commis une erreur de droit en se prévalant d'un avis émis par une autorité incompétente. Toutefois, il est loisible au préfet, saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, de solliciter l'avis de la DIRECCTE. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 313-11 7° alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ".

11. M. A se prévaut de son intégration professionnelle en France et de la durée de son séjour sur le territoire français aux côtés de sa concubine et de leurs quatre enfants dont trois sont scolarisés. Toutefois, si, à la date de l'arrêté contesté, M. A était présent depuis quatre années en France, il ressort des pièces du dossier que les précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet ont été annulées ou ont été non exécutées uniquement afin de s'assurer qu'une telle mesure ne porterait pas atteinte à la santé de l'une de ses filles. En outre, sa concubine, qui est également de nationalité monténégrine, se trouve en situation irrégulière sur le territoire français de telle sorte que la famille à vocation à retourner au Monténégro, où le requérant n'établit pas qu'il lui serait impossible de reconstituer sa cellule familiale, ni de faire poursuivre la scolarité de ses enfants. De plus, il n'établit pas être démuni de toute attache dans ce pays. Enfin, si le requérant se prévaut d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi de peintre au sein de la société Poseur à Reims et de bulletins de salaire à compter du mois de mars 2020 pour ce poste, soit huit mois avant la date de l'arrêté contesté, il a travaillé en étant démuni d'une autorisation de travail visée par les autorités compétentes, de telle sorte qu'il ne peut se prévaloir d'une expérience professionnelle légale en France. Il ressort de tout ce qui précède que M. A n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Enfin, s'il se prévaut de l'état de santé de l'une de ses filles, il ne produit aucun élément permettant d'établir l'actualité de son état, ni qu'il lui serait impossible de voyager vers le Monténégro et d'y bénéficier, le cas échéant, d'un traitement adapté à sa situation. Dans ces conditions, le préfet de la Marne ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. En outre, M. A ne fait mention d'aucun autre élément susceptible de constituer un motif exceptionnel ou une considération humanitaire. Au demeurant, sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2017. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, des dispositions des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

12. En septième lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs opposés par les premiers juges, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-4 1°, 2° et 10° alors applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'illégalité de l'arrêté en ce qu'il pouvait bénéficier d'un titre de séjour en tant que parent d'un enfant malade. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

Sur la décision fixant le pays d'éloignement :

13. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de destination. En tout état de cause, il ressort de ce qui a été dit au point 12 de la présente ordonnance que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

14. En second lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs opposés par les premiers juges, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que le préfet n'a pas déterminé s'il serait admissible dans un autre pays. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Marne.

Fait à Nancy, le 26 août 2022.

Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

A. BAILLY

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions