LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC00373

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC00373

lundi 18 juillet 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC00373
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBERRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg de surseoir jusqu'à ce qu'il ait statué sur sa nationalité française et à défaut, d'annuler l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Par un jugement n° 2102385 du 18 juin 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 14 février 2022, M. B, représenté par Me Berry, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 18 juin 2021 ;

2°) de surseoir à statuer jusqu'à ce qu'il ait la nationalité française ;

3°) à défaut, d'annuler l'arrêté du 6 avril 2021 ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- c'est à tort que le premier juge a refusé de surseoir à statuer ;

- le premier juge n'a pas répondu au moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation en ce que la préfète a retenu qu'il ne présentait pas de garantie de représentation ;

S'agissant du sursis à statuer :

- la cour doit surseoir à statuer dès lors qu'il va entreprendre des démarches pour faire reconnaître sa nationalité française, son père ayant été adopté en tant que pupille de la Nation par un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 17 juin 2020 ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations des articles 6 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, la préfète ayant retenu qu'il ne présentait pas de garantie de représentation et n'ayant pas tenu compte de l'impossibilité matérielle de déférer à cette obligation en raison de la crise sanitaire ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète n'ayant pas pris en considération les quatre critères qu'elles énumèrent ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 17 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, est entré sur le territoire français selon ses déclarations en 2017 sous couvert d'un visa en qualité d'étudiant à l'expiration duquel il s'est maintenu sur le territoire français en situation irrégulière. Le 6 avril 2021, il a été interpellé par les services de la police aux frontières et a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit au séjour. M. B n'ayant n'a pas été en mesure de présenter un document de voyage la préfète du Bas-Rhin, par un arrêté du 6 avril 2021, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. B fait appel du jugement du 18 juin 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, si le requérant soutient qu'il a entrepris des démarches pour faire reconnaître sa nationalité française, il n'apporte aucun élément de nature à justifier ses allégations. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le jugement serait entaché d'irrégularité en ce que le premier juge a rejeté sa demande de sursis à statuer.

4. En second lieu, si M. B a fait valoir en première instance que " la préfète refuse un délai de départ volontaire au requérant au motif qu'il ne présenterait pas de garantie de représentation, ce qui est erroné ", ses écritures ne tendaient toutefois qu'à étayer le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant, selon lui, la décision portant refus de délai de départ volontaire, moyen auquel le premier juge a répondu au point 6 dudit jugement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le jugement serait entaché d'une omission à statuer.

Sur la demande de sursis à statuer :

5. Il ressort de ce qui a été dit au point 3 de la présente ordonnance qu'il n'y a pas lieu de surseoir à statuer dans cette présente affaire.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. "

7. M. B se prévaut de la durée de son séjour en France, du dévouement de son grand-père pour la France, de la circonstance que son père a été adopté en tant que pupille de la Nation, de la présence régulière en France de son frère chez qui il est hébergé et de ses nombreuses relations amicales. Toutefois, s'il est constant que son père a été adopté par la nation, M. B n'établit pas ni même n'allègue que son père résiderait en France. S'il est également constant que le frère de M. B vit en France de manière régulière, le requérant ne justifie pas de ce qu'il aurait noué d'autre attache personnelle ou familiale ancienne, intense et stable sur le territoire français et ne démontre pas être démuni de telles attaches dans son pays d'origine. En outre, il n'établit pas avoir fixé en France le centre de ses intérêts au cours de ses quatre années de présence sur le territoire à la date de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin ne peut être regardée comme ayant porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6 5) de l'accord franco-algérien ne peuvent qu'être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la préfète aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B doit également être écarté.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " II. ' L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. () Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : () 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : a) Si l'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () f) Si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au deuxième alinéa de l'article L. 611-3, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 513-4, L. 513-5, L. 552-4, L. 561-1, L. 561-2 et L. 742-2 ; () h) Si l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. "

10. En l'espèce, d'une part, il ressort du procès-verbal du 6 avril 2021 à 11h10 joint par la préfète et signé par le requérant que ce dernier a indiqué qu'il n'était pas d'accord pour retourner dans son pays d'origine et qu'il souhaitait rester en France. Il ressort également des pièces produites par la préfète que le même jour, M. B a refusé de signer le procès-verbal de notification de fin de retenue car il ne souhaitait pas quitter la France, ce qu'il ne conteste pas. Ainsi, la préfète a pu légalement considérer que M. B se trouvait dans le cas prévu au h) du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant de regarder comme établi, en l'absence de circonstance particulière, le risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui avait été faite de quitter le territoire français. Si la préfète a considéré par ailleurs dans l'arrêté en litige, d'une part, que ce risque devait également être regardé comme établi au motif que l'intéressé se trouvait aussi dans les cas prévus aux f) et b) du 3° du II de l'article L. 511-1, cette mention est sans incidence, la circonstance qu'il se trouvait dans le cas prévu au h) du 3° du II de l'article L. 511-1 suffisant à justifier légalement la décision de refus de lui accorder un délai de départ volontaire. D'autre part, si le requérant soutient que la préfète n'a pas tenu compte de l'absence de transports aériens entre la France et l'Algérie à la date de l'arrêté contesté en raison de la crise sanitaire, cette absence de moyens de transports est, comme l'a jugé le premier juge, sans incidence sur la légalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire. En tout état de cause, le requérant ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations relatives à l'impossibilité de déférer sans délai à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

11. Si M. B soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle a pour effet de le séparer de son frère et de ses amis. Toutefois, outre ce qui a été dit au point 7 de la présente ordonnance, il n'établit pas que son frère et que ses éventuelles autres attaches personnelles ne pourraient lui rendre visite dans son pays d'origine ou dans tout autre pays où il serait légalement admissible. En outre, bien qu'il fasse l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, cette mesure est temporaire et il pourra à son issue solliciter auprès des autorités compétentes dans son pays d'origine la délivrance d'un visa lui permettant de rendre visite de manière régulière à ses proches en France. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin ne peut être regardée comme ayant porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger ou lorsque l'étranger n'a pas satisfait à cette obligation dans le délai imparti. / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. / () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

14. Les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables imposent à l'autorité administrative qui prend une décision d'interdiction de retour sur le territoire à l'encontre d'un étranger de motiver sa décision au regard des quatre critères sus-rappelés, mais n'imposent pas que l'étranger visé par une telle mesure remplisse cumulativement ces quatre conditions.

15. En l'espèce, afin d'interdire de retour M. B sur le territoire français pendant une durée d'un an sur le fondement du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, la préfète a indiqué que l'intéressé se maintenait irrégulièrement sur le territoire national, qu'il n'avait effectué aucune démarche administrative afin de régulariser sa situation et qu'il ne démontrait pas l'intensité de ses liens avec la France. Il ressort de ce qui a été dit au point 7 de la présente ordonnance que M. B ne justifie pas de liens intenses et stables. Par suite, la préfète du Bas-Rhin pouvait, sans méconnaître les dispositions précitées, lui interdire de revenir en France pendant une durée d'un an alors même qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la décision litigieuse n'est pas entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées.

16. En troisième lieu et dernier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 11 de la présente ordonnance que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. B sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.

Fait à Nancy, le 18 juillet 202Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions