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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC00417

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC00417

vendredi 3 juin 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC00417
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantWOLDANSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler la décision du 19 décembre 2019 par laquelle le préfet du Territoire de Belfort a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 2001169 du 6 avril 2021, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 17 février 2022, M. B, représenté par Me Woldanski, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 6 avril 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 19 décembre 2019 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Territoire de Belfort de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

Il soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations des articles 6-5 de l'accord franco-algérien et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, est entré régulièrement sur le territoire français le 8 avril 2017, sous couvert d'un visa valable du 5 avril au 1er octobre 2017. Le 18 avril 2017, il a sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 10 août 2017, le préfet du Territoire de Belfort a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. Le 7 octobre 2019, M. B a de nouveau sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par une décision du 19 décembre 2019, le préfet du Territoire de Belfort lui a opposé un refus. M. B fait appel du jugement du 6 avril 2021 par le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales stipule : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. M. B fait valoir qu'il a résidé pendant vingt ans sur le territoire français, où vivent une partie de ses enfants et petits-enfants de nationalité française et qu'il a exercé une activité professionnelle au sein de la société " ALSTHOM " du 4 novembre 1974 au 27 juin 1986. Il fait valoir également qu'il perçoit une retraite française, qu'il s'est rendu plusieurs fois en France pour visiter les membres de sa famille et qu'en cas de retour en Algérie, il serait isolé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a passé la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine. Par ailleurs, il n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles ou familiales en Algérie où résident encore deux de ses enfants. En outre, si les autres enfants de M. B vivent de manière régulière sur le territoire français, le requérant n'a pas vocation à vivre avec eux dès lors qu'ils ont créé leurs propres cellules familiales. Dans ces conditions, le préfet du Territoire de Belfort n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est manifestement pas fondé à soutenir que c'est à tort que le jugement attaqué a rejeté sa demande. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées. Il s'ensuit que sa requête, qui est manifestement dépourvue de fondement, ne peut qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet du Territoire de Belfort.

Fait à Nancy, le 3 juin 2022.

Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

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