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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC00470

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC00470

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC00470
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D B a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler la décision implicite de rejet née le 28 janvier 2020 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 2001804 du 13 avril 2021, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.

M. D B a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler, d'une part, la décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, d'autre part, l'arrêté du 17 février 2021 par lequel le même préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à compter de l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2100731-2101138 du 1er juin 2021, le tribunal administratif de Nancy a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête enregistrée le 22 février 2022 sous le numéro 22NC00470, M. B, représenté par Me Jeannot, demande à la cour :

1°) d'annuler l'article 2 du jugement du 1er juin 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer immédiatement un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail de trois mois ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la régularité du jugement :

- le jugement est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, le préfet n'ayant pas tenu compte du contrat d'apprentissage dont il est titulaire et de son inscription au centre de formation des apprentis ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet n'ayant pas examiné sa demande sur le terrain du travail alors même qu'il se prévalait notamment d'un contrat d'apprentissage, de courriers de son employeur et de conventions de stage ;

- en mentionnant qu'il ne justifierait pas d'un " cursus scolaire exceptionnel ", le préfet a ajouté une condition à la loi et a, dès lors, commis une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de motifs de régularisation à titre exceptionnel et humanitaire ;

- elle méconnaît les dispositions alors applicables du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable et de l'article 6 de la directive du 16 décembre 2008, dès lors que le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée pour prendre à son encontre une mesure d'éloignement ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et a des conséquences manifestement excessives sur sa situation.

II. Par une requête enregistrée le 21 mars 2022 sous le numéro 22NC00737, M. B, représenté par Me Jeannot, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 13 avril 2021 ;

2°) d'annuler la décision implicite née le 28 janvier 2020 ;

3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer immédiatement un récépissé de de demande de titre de séjour avec autorisation de travail de trois mois, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision a été prise par une autorité compétente ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas exercé l'étendue de son pouvoir et procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions alors applicables de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions alors applicables du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 17 janvier 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéa 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 20 mars 2018. Le 26 septembre 2019, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a invité à compléter son dossier par l'envoi des originaux des actes lui permettant de justifier de son état civil. Le silence gardé par le préfet sur sa demande de titre de séjour a fait naître, à l'issue d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet. Malgré les demandes du requérant, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne lui a pas délivré de récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Par un arrêté du 17 février 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. M. B fait appel, d'une part, du jugement du 13 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite née le 28 janvier 2020, et d'autre part, du jugement du 1er juin 2021 par lequel le même tribunal a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 février 2021.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur les conclusions en annulation dirigées contre la décision implicite de refus de séjour :

3. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête tendant à l'annulation de la décision implicite née le 28 janvier 2020 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il avait sollicité le 26 septembre 2019 doit être regardée comme dirigée contre la décision explicite du 17 février 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a confirmé ce refus.

Sur la régularité du jugement n°2100731-2101138 :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".

6. A l'appui de sa demande, M. B soutenait notamment que la décision portant refus de titre de séjour était entachée d'une défaut d'examen. Il ressort toutefois des termes du jugement attaqué que les premiers juges, qui n'avaient pas à répondre à tous les arguments du requérant, ont répondu de manière suffisamment motivée à ce moyen au paragraphe 5 du jugement attaqué Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que ce jugement serait entaché d'irrégularité.

7. En second lieu, dans le cadre de l'effet dévolutif, le juge d'appel, qui est saisi du litige, se prononce non sur les motifs du jugement de première instance mais directement sur les moyens mettant en cause la régularité et le bien-fondé de l'arrêté en litige. Le requérant ne peut donc utilement se prévaloir du défaut d'examen de sa situation qu'aurait commis le tribunal pour demander l'annulation pour irrégularité du jugement attaqué.

Sur les conclusions en annulation dirigées contre l'arrêté du 17 février 2021 :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été signée, " pour le préfet et par délégation ", par M. C A, directeur de la citoyenneté et de l'action locale. Or, par un arrêté du 8 décembre 2020, régulièrement publié le 11 décembre suivant au recueil n°106 des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Meurthe-et-Moselle a consenti à M. A une délégation de signature à l'effet de signer, dans le cadre des attributions de sa direction, l'ensemble des décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Par suite, et alors que cette délégation indique de façon suffisamment précise l'objet et l'étendue des compétences déléguées, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige manque en fait et il ne peut, dès lors, qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté du 17 février 2021 que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative aurait, dans le cadre de l'instruction de la demande de l'intéressé, méconnu l'étendue de son pouvoir ne peut être accueilli.

10. En troisième lieu, il résulte des termes de la décision contestée que le préfet a examiné les éléments relatifs à sa situation personnelle dont le requérant s'est prévalu à l'appui de sa demande, notamment qu'il est de nationalité malienne, qu'il a déclaré être entré irrégulièrement en France le 20 mars 2018, qu'il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour afin de suivre un apprentissage, qu'il a présenté une attestation d'hébergement et de prise en charge par une association, qu'il a justifié de son inscription en centre de formation des apprentis pour la rentrée de septembre 2020, qu'il a produit des conventions de stages réalisés en entreprises au cours de l'année 2019 dans les domaines de la peinture, de la pâtisserie et de la cuisine ainsi qu'une attestation de suivi de cours de français. Le préfet a également précisé que M. B justifie d'une promesse d'embauche en qualité d'apprenti au sein d'un restaurant. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas tenu compte du contrat d'apprentissage dont il est titulaire et de son inscription au centre de formation des apprentis, ni examiné sa demande sur le terrain du travail. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de sa demande et de l'erreur de droit ne peuvent qu'être écartés.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " La carte de séjour temporaire vie privée et familiale est délivrée de plein droit à ; () 7° l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée () ".

12. M. B se prévaut d'une durée de séjour en France de trois ans à la date de la décision contestée et soutient qu'il a dorénavant établi le centre de ses intérêts personnels sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il ne séjournait en France que depuis moins de trois ans à la date de la décision contestée alors qu'il a vécu plus de dix-sept ans au Mali. Il est célibataire et sans enfant et ne justifie d'aucune attache familiale en France. En outre, si l'intéressé joint à son dossier des attestations de l'association Un Toit pour un Migrant faisant état de la prise en charge de son hébergement, de sa nourriture et de sa scolarisation ainsi qu'une attestation justifiant du suivi régulier de cours de français, ces éléments ne sauraient suffire à caractériser son insertion dans la société française. Dans ces conditions, eu égard à la durée de séjour de M. B en France, la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ni les dispositions alors applicables du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. "

14. Ainsi que l'ont rappelé les juges de première instance, il résulte de ces dispositions qu'en présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 313-14 par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

15. D'une part, eu égard aux circonstances mentionnées au point 12, M. B ne justifie ni de considérations humanitaires, ni d'un motif exceptionnel de nature à justifier son admission au séjour par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".

16. D'autre part, si M. B se prévaut de la durée de sa présence en France, de son inscription en CAP pour les années 2019 et 2020, de ses perspectives d'insertion professionnelle, de sa promesse d'embauche dans son secteur de formation et de son apprentissage de la langue française, ces circonstances ne sauraient suffire à caractériser un motif exceptionnel ou des considérations humanitaires au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conditions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable.

17. En sixième lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

18. En dernier lieu, il ne ressort pas des termes de la décision en litige, notamment de la mention que M. B ne justifie pas d'un cursus scolaire exceptionnel, que le préfet de Meurthe-et-Moselle, aurait ajouté une condition à celles présidant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

19. M. B reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés par les premiers juges, les moyens tirés de ce que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée, de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur sa situation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation des requêtes présentées par M. B sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.

Copie en sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 08 juillet 202Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

2-22NC00737

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