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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC00578

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC00578

vendredi 17 juin 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC00578
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBOUDHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel la préfète de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Par un jugement n° 2101238 du 24 juin 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2022, M. A, représenté par Me Boudhane, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 24 juin 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 11 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéa 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant serbe né en Italie, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en août 2020. Le 28 avril 2021, il a été interpellé par les services de police à Verdun. Par un arrêté du même jour, la préfète de la Meuse a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A fait appel du jugement du 24 juin 2021 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur les moyens communs aux décisions contestées :

3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que pour obliger M. A à quitter le territoire français sans délai, fixer le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'interdire de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, la préfète de la Moselle a visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables. La préfète a ensuite indiqué que le requérant est entré en France, selon ses déclarations, le 22 août 2020 muni d'un passeport serbe, qu'il s'est maintenu sur le territoire à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France et qu'il n'a effectué aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative. La préfète a également relevé que M. A est arrivé sur le territoire français en compagnie de ses parents et de ses deux frères, lesquels se maintiennent également en situation irrégulière. Il est enfin précisé que M. A n'établit pas que son retour dans son pays d'origine l'exposerait à des risques de traitements inhumains ou dégradants contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les décisions contestées comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

4. En second lieu, M. A soutient que les décisions en litige sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la nécessité de sa présence auprès de ses deux parents malades. A hauteur d'appel, il indique que son père a subi une chirurgie cardiaque et que sa mère a été opérée pour un cancer du sein au cours du mois de janvier 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si M. A a déclaré être arrivé en France en compagnie de ses parents, il n'établit ni l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ses parents, ni de la nécessité de sa présence à leurs côtés. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la Meuse aurait entaché ses décisions d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard de la santé de ses parents.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions alors applicables de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Au surplus, le requérant n'a pas sollicité de titre de séjour sur ce fondement.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant refus de délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Meuse.

Fait à Nancy, le 17 juin 202Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

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