mardi 31 mai 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC00611 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELAS DEVARENNE ASSOCIES GRAND EST |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, à titre principal, d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 31 juillet 2020 par laquelle la présidente du syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne a prononcé son licenciement pour inaptitude physique et d'enjoindre à la présidente du syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne de la réintégrer dans ses fonctions ; à titre subsidiaire, de condamner le syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne à lui verser la somme de 6 111,66 euros au titre de l'indemnité de licenciement et d'enjoindre à la présidente du syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne de lui remettre son certificat de travail, les documents de fin de contrat rectifiés destinés aux services de Pôle Emploi et son solde de tout compte avec les bulletins de salaire dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ; en toutes hypothèses, de condamner le syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne à lui verser la somme de 11 500 euros en réparation des préjudices subis et la somme de 1 110,58 euros au titre du rappel de son traitement.
Par un jugement n° 2002022, 2100132 du 28 septembre 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du 31 juillet 2020 qui prononce le licenciement de Mme A pour inaptitude physique, a enjoint à la présidente du syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne de réintégrer Mme A dans les cadres à compter du 5 août 2020, a condamné le syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne à lui verser une somme de 1 000 euros au titre de son préjudice moral et a renvoyé Mme A devant le syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne pour qu'il soit procédé à la liquidation de la créance à laquelle elle a droit au titre du rappel de son traitement dû pour la période entre le 5 août 2016 et le 31 janvier 2017, dans la limite de 1 110,58 euros.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022, le syndicat intercommunal de la vallée de la Semoigne, représenté par la SELAS Devarenne associés Grand Est demande à la cour de prononcer le sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 28 septembre 2021 sur le fondement des articles R. 811-15 et R. 811-16 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il incombait seulement à l'administration d'informer l'agent de la mesure de licenciement pour inaptitude physique qu'elle envisageait de prendre à son égard et de lui indiquer qu'elle pouvait accéder à son dossier individuel, que cette information a été donnée à Mme A et qu'elle ne s'est pas déplacée pour consulter son dossier ; qu'en tout état de cause, il pouvait être fait application de la jurisprudence du Conseil d'Etat Danthony et autres du 23 décembre 2011 car ce dossier ne contenait aucune information sur son état de santé et que le tribunal a reconnu lui-même dans son jugement attaqué que la présidente du syndicat intercommunal aurait pris la même décision si elle avait prononcé le licenciement de Mme A après lui avoir communiqué son dossier ; que le jugement du tribunal est inapplicable car il est enjoint au syndicat de réintégrer Mme A dans les cadres à compter du 5 août 2020 alors que son " inaptitude définitive absolue à toutes fonctions " rend impossible sa réintégration, de sorte que l'ensemble des conditions posées par l'article R. 811-15 du code de justice administrative sont réunies ;
- les conditions de l'article R. 811-16 du même code sont également remplies car dès lors qu'il est sursis à l'exécution du jugement il convient également de surseoir à l'exécution de la décision au titre de l'allocation d'une somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral ; qu'en ce qui concerne la créance au titre du rappel du traitement, le tribunal a retenu que le syndicat ne justifiait pas que l'intéressée a reçu de la caisse primaire d'assurance maladie des indemnités journalières pour la période du 8 août 2016 au 31 janvier 2017 alors qu'il en justifie dans le présent recours de sorte qu'il ne saurait être tenu de régler un rappel de traitement sur la même période et que le paiement de cette somme risque de l'exposer à la perte définitive de cette somme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, Mme A représentée par Me Roger conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mis à la charge du syndicat intercommunal de la vallée de la Semoigne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- le moyen soulevé est dépourvu de sérieux et ne saurait justifier l'annulation du jugement et le rejet des conclusions à fin d'annulation sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative ;
- l'exécution du jugement n'entraîne pour le syndicat aucune conséquence difficilement réparable, car si Mme A a bénéficié d'indemnités journalières, cette hypothèse a été prise en compte par le point 18 du jugement attaqué.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision en date du 23 mai 2022.
Vu :
- la requête n° 21NC03054, enregistrée au greffe de la cour le 25 novembre 2021, par laquelle le syndicat intercommunal de la vallée de la Semoigne a demandé l'annulation du même jugement ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fins de sursis :
1. Par un jugement du 28 septembre 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a, à la demande de Mme A, annulé la décision du 31 juillet 2020 par laquelle la présidente du syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne a prononcé son licenciement pour inaptitude physique, a enjoint à cette présidente de la réintégrer dans les cadres à compter du 5 août 2020 et a renvoyé Mme A devant le syndicat pour qu'il soit procédé selon les modalités exposées au point 18 du jugement à la liquidation de la créance à laquelle elle a droit au titre du rappel de son traitement dû pour la période allant du 5 août 2016 au 31 janvier 2017 dans la limite de 1 110,58 euros. Le syndicat intercommunal de la Vallée de la Semoigne demande le sursis à exécution de ce jugement.
2. Aux termes, d'une part, du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Aux termes de l'article R. 811-16 du même code : " Lorsqu'il est fait appel par une personne autre que le demandeur en première instance, la juridiction peut, à la demande de l'appelant, ordonner sous réserve des dispositions des articles R. 533-2 et R. 541-6 qu'il soit sursis à l'exécution du jugement déféré si cette exécution risque d'exposer l'appelant à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge dans le cas où ses conclusions d'appel seraient accueillies ".
4. En premier lieu, en l'état de l'instruction, les moyens invoqués par le syndicat interdépartemental de la Vallée de la Semoigne tels qu'ils sont visés ci-dessus ne paraissent pas être sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation et d'injonction accueillies par ce jugement.
5. En second lieu, lorsqu'il est fait appel d'un jugement prononçant une condamnation pécuniaire et qu'il est demandé le sursis à exécution d'un tel jugement sur le fondement des dispositions de l'article R. 811-16 du code de justice administrative, il y a lieu de tenir compte des circonstances de l'espèce et notamment du montant de la somme en cause, de la situation du bénéficiaire de ladite condamnation et de celle de ses créanciers, pour apprécier le risque de perte définitive de la somme que l'appelant a été condamné à payer.
6. Toutefois, s'agissant de la créance relative au rappel du traitement de Mme A, si le syndicat justifie du paiement par la caisse primaire d'assurance maladie des indemnités journalières pour la période allant du 8 août 2016 au 31 janvier 2017, cette circonstance ne saurait le faire regarder comme risquant de perdre définitivement une somme quelconque, des lors que le jugement ne l'a pas condamné à verser à Mme A un rappel de traitement mais seulement à verser ce dit rappel sous réserve des sommes versées par la caisse primaire d'assurance maladie. Par ailleurs, en se bornant à se prévaloir du risque de la perte définitive de la somme de 1 000 euros que le tribunal l'a condamné à verser à Mme A au titre du préjudice moral, au seul motif que l'intéressée a été admise en première instance, et par suite en appel, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le syndicat intercommunal, qui ne saurait préjuger de la seule modestie des revenus de l'intimée l'impossibilité dans laquelle elle se trouverait de restituer l'indemnité allouée, ne peut être regardé comme justifiant de ce qu'il serait exposé au risque en cause.
7. Par suite, le syndicat intercommunal de la vallée de la Sémoigne n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution de la décision juridictionnelle attaquée.
Sur les frais de l'instance :
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75, 43 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit la partie perdante qu'au paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat. En revanche, l'avocat de ce bénéficiaire peut, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
9. D'une part, Mme A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée par une décision du 23 mai 2022. D'autre part, l'avocat de Mme A n'a pas demandé la condamnation de l'Etat à lui verser, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à la condamnation du syndicat intercommunal sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du syndicat intercommunal de la vallée de la Sémoigne est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Mme A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat intercommunal de la vallée de la Sémoigne et à Mme B A.
Fait à Nancy, le 31 mai 2022.
La présidente de la 1ère chambre,
Signé : S. Vidal
La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Robinet0
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026