vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC00624 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SULTAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 23 mars 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin a rejeté sa demande de renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2103345 du 29 juin 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, Mme A, représentée par Me Sultan, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 29 juin 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2021 pris à son encontre ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour immédiatement à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de regard ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations des articles 5 et 7 a) de l'accord franco-algérien dès lors qu'elle justifie de moyens d'existence suffisants ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement du dernier alinéa du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, est entrée en France le 26 septembre 2012 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 30 novembre 2012 et renouvelé jusqu'au 30 novembre 2018. Le 3 janvier 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " visiteur " en se prévalant de son activité d'autoentrepreneur. Par un arrêté du 23 mars 2021, la préfète du Bas-Rhin a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Mme A relève appel du jugement du 29 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur les moyens communs aux décisions litigieuses :
3. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté litigieux que pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à Mme A, l'obliger à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixer le pays de destination, la préfète du Bas-Rhin, après avoir visé les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'accord franco-algérien et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables, a rappelé les éléments pertinents de sa situation administrative et personnelle, notamment sa nationalité, sa date d'entrée sur le territoire et les titres de séjour qu'elle a obtenus en sa qualité d'étudiante. La préfète a indiqué que l'intéressée, qui sollicitait le renouvellement de ce titre de séjour, ne justifiait d'aucune inscription pour l'année scolaire 2020-2021 et qu'ainsi, elle ne remplit pas les conditions permettant la délivrance du titre sollicité. Le préfet indique encore que si la requérante a sollicité également la délivrance d'un titre de séjour lui permettant de travailler en France en qualité d'auto-entrepreneure, elle ne démontre pas la viabilité économique de son projet et ne justifie pas ainsi disposer de moyens d'existence suffisants pour bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " visiteur " . Enfin, la préfète a précisé que Mme A est célibataire et sans enfant, qu'elle a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine où elle n'est pas dépourvue d'attaches et où elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation relève par ailleurs, nonobstant les quelques erreurs de date présentes dans l'arrêté qui ne constituent que de simples erreurs matérielles, que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen particulier et approfondi de la situation personnelle et Mme A. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 5 de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. " Aux termes de l'article 7 de ce même accord : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : / a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " ; () "
5. Mme A soutient qu'elle pouvait se voir délivrer un certificat de résidence portant la mention " visiteur " en application des stipulations précitées de l'article 7 a) de l'accord franco-algérien dès lors qu'elle dispose de moyens d'existence suffisants. Si l'intéressée justifie avoir perçu des revenus et payé des impôts au titre des années 2018, 2019 et 2020, elle ne justifie pas disposer de ressources autrement que par le biais des emplois qu'elle a occupés. Ainsi, la requérante, qui se trouve actuellement sans emploi, et qui se borne à produire des " promesses d'embauche " par lesquelles de potentiels clients s'engagent à recourir à ses services à hauteur de quelques heures par semaine si elle était autorisée à exercer une activité en tant qu'auto-entrepreneure, ne démontre pas disposer de moyens d'existence suffisants au sens des stipulations susvisées. Au surplus, Mme A ne démontre pas avoir effectué le contrôle médical d'usage, auquel est également subordonnée la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " visiteur ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations combinées des articles 5 et 7 a) de l'accord franco-algérien doit être écarté.
6. En troisième lieu, Mme A ne démontre pas avoir formulé une demande de titre de séjour sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations, soulevé à l'encontre de la décision portant refus de séjour, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
8. Mme A se prévaut de la durée de son séjour en France, des emplois qu'elle y a occupés et de son projet de devenir auto-entrepreneure dans le secteur du nettoyage et de la stérilisation d'équipements médicaux. Toutefois, et nonobstant son séjour de près de neuf ans en France à la date de la décision litigieuse, la requérante se borne à faire état de son expérience et de ses projets professionnels sur le territoire français, sans démontrer qu'elle y aurait tissé ou y disposerait de liens personnels ou familiaux, alors même qu'il est constant que ses parents, ses frères et ses sœurs résident dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que, par la décision contestée, la préfète du Bas-Rhin aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Faute pour la requérante d'avoir démontré l'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré d'une telle illégalité, invoquée par la voie de l'exception à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par Mme A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent qu'être rejetées en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.
Fait à Nancy, le 08 juillet 202Le président désigné
Signé
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
D. Fritz
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026