mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC00654 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
M. G C a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés du 30 novembre 2021 par lesquels le préfet de Meurthe-et-Moselle, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pendant deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2103516 du 10 décembre 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a annulé l'arrêté du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence et a rejeté les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français.
Par un jugement n° 2103516 du 23 février 2022, le tribunal administratif de Nancy a rejeté le surplus des conclusions de la demande.
M. C a également demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2200194 du 27 janvier 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.
Mme B C, née A, a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés des 20 et 25 janvier 2022 par lesquels le préfet de Meurthe-et-Moselle, d'une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et lui a interdit le retour en France pendant une durée de dix-huit mois, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2200254 du 1er février 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.
Procédures devant la cour :
I. Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, sous le n°21NC00654, M. F, représenté par Me Richard, doit être regardé comme demandant à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2103516 du tribunal administratif de Nancy du 23 février 2022 ;
2°) d'annuler les arrêtés du préfet de Meurthe-et-Moselle du 30 novembre 2021 ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 20 janvier 2022 l'assignant à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " activité non salariée " et, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les délais respectifs de quinze et de huit jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir, à titre subsidiaire, dans les mêmes délais, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
5°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 3 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en violation du droit d'être entendu, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle ne pouvait légalement lui refuser le titre de séjour sollicité pour défaut de visa de long séjour, sans avoir examiné s'il remplissait les conditions d'obtention d'un tel visa ou saisi pour examen les autorités diplomatiques et consulaires françaises ;
- elle méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation à titre exceptionnel ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions du deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision portant fixation du pays de destination est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas les conséquences de sa décision fixant l'Albanie comme pays de destination de sa mesure d'éloignement ;
- la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par les principes généraux du droit de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- eu égard à la durée de l'interdiction, elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- eu égard à l'illégalité de la décision en litige, il est fondé à solliciter l'effacement sans délai de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence est illégale en raison de de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente et ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir ;
- la décision du 20 janvier 2022 portant assignation à résidence est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, sous le n°21NC00656, M. F, représenté par Me Richard, doit être regardé comme demandant à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2103516 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy du 10 décembre 2021 en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation des décisions du 30 novembre 2021 ;
2°) d'annuler les arrêtés du préfet de Meurthe-et-Moselle du 30 novembre 2021 ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 20 janvier 2022 le concernant ;
4°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " activité non salariée " et, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les délais respectifs de quinze et de huit jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir, à titre subsidiaire, dans les mêmes délais, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
5°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 3 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en violation du droit d'être entendu, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle ne pouvait légalement lui refuser le titre de séjour sollicité pour défaut de visa de long séjour, sans avoir examiné s'il remplissait les conditions d'obtention d'un tel visa ou saisi pour examen les autorités diplomatiques et consulaires françaises ;
- elle méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation à titre exceptionnel ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions du deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision portant fixation du pays de destination est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas les conséquences de sa décision fixant l'Albanie comme pays de destination de sa mesure d'éloignement ;
- la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par les principes généraux du droit de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- eu égard à la durée de l'interdiction, elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- eu égard à l'illégalité de la décision en litige, il est fondé à solliciter l'effacement sans délai de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence est illégale en raison de de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente et ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir ;
- la décision du 20 janvier 2022 portant assignation à résidence est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 juin 2022, les parties ont été informées, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la cour était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité pour défaut d'objet des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence, cette décision ayant été annulée par le jugement de première instance.
Des observations en réponse au courrier du 7 juin 2022, présentées par le préfet de Meurthe-et-Moselle, ont été reçues le 9 juin 2022 et communiquées le lendemain.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 janvier 2022.
III. Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, sous le n° 22NC00658, M. F, représenté par Me Richard, doit être regardé comme demandant à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2200194 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nancy du 27 janvier 2022 ;
2°) d'annuler les arrêtés du préfet de Meurthe-et-Moselle du 30 novembre 2021 le concernant ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 20 janvier 2022 l'assignant à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " activité non salariée " et, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les délais respectifs de quinze et de huit jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir, à titre subsidiaire, dans les mêmes délais, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
5°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 3 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en violation du droit d'être entendu, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle ne pouvait légalement lui refuser le titre de séjour sollicité pour défaut de visa de long séjour, sans avoir examiné s'il remplissait les conditions d'obtention d'un tel visa ou saisi pour examen les autorités diplomatiques et consulaires françaises ;
- elle méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation à titre exceptionnel ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions du deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision portant fixation du pays de destination est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas les conséquences de sa décision fixant l'Albanie comme pays de destination de sa mesure d'éloignement ;
- la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par les principes généraux du droit de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- eu égard à la durée de l'interdiction, elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à ses droits ;
- eu égard à l'illégalité de la décision en litige, il est fondé à solliciter l'effacement sans délai de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence est illégale en raison de de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente et ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir ;
- la décision du 20 janvier 2022 portant assignation à résidence est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 juin 2022, les parties ont été informées, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la cour était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté de la requête.
Des observations en réponse au courrier du 7 juin 2022, présentées par le préfet de Meurthe-et-Moselle, ont été reçues le 9 juin 2022 et communiquées le jour même.
Des observations en réponse au courrier du 7 juin 2022, présentées pour M. C par Me Richard, ont été reçues le 15 juin 2022 et communiquées le jour même.
IV. Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, sous le n° 22NC00659, Mme B C, née A, représentée par Me Richard, doit être regardée comme demandant à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2200254 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nancy du 1er février 2022 ;
2°) d'annuler les arrêtés du préfet de Meurthe-et-Moselle des 20 et 25 janvier 2022 la concernant ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, sous astreinte de cent euros par jour de retard, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les délais respectifs de trente et de huit jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance de son droit à être entendue, elle n'a pas été mis à même de présenter ses observations ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants nés en France ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en méconnaissance de son droit d'être entendu, garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne et par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant fixation du pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu l'étendue de sa compétence en ne vérifiant pas les conséquences de sa décision fixant l'Albanie comme pays de renvoi ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- eu égard à la durée de l'interdiction, elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à ses droits ;
- eu égard à l'illégalité de la décision en litige, elle est fondée à solliciter l'effacement sans délai de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information de l'accord de Schengen ;
- la décision portant assignation à résidence est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision en litige ne comporte pas la signature de son auteur et a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, en méconnaissance de son droit d'être entendue garanti par le deuxième paragraphe de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté constitutionnellement garantie d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 juin 2022, les parties ont été informées, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la cour était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté de la requête.
Des observations en réponse au courrier du 7 juin 2022, présentées par le préfet de Meurthe-et-Moselle, ont été reçues le 9 juin 2022 et communiquées le 10 juin 2022.
Des observations en réponse au courrier du 7 juin 2022, présentées pour Mme C par Me Richard, ont été reçues le 23 juin 2022 et communiquées le jour même.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme C le 4 mars 2022 a été rejetée par une décision du 26 avril 2022 en raison de la tardiveté de sa requête d'appel.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Richard pour M. et Mme C et de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 22NC00654, 22NC00656, 22NC00658 et 22NC00659, présentées pour M. G C et pour Mme B C, née A, concernent la situation d'un couple d'étrangers au regard de leur droit au séjour en France. Elles soulèvent des questions analogues et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.
2. M. et Mme C sont des ressortissants albanais, nés respectivement les 3 avril 1984 et 27 juillet 1994. Ils ont déclaré être entrés en France le 25 octobre 2015. Le 9 novembre 2015, ils ont présenté chacun une demande d'asile, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 19 septembre 2016, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 16 janvier 2017. Par quatre arrêtés en date des 21 mars 2018 et 18 novembre 2019, dont la légalité a été confirmée, d'une part, par un jugement n° 1801199-1801200 du tribunal administratif de Nancy du 10 juillet 2018, d'autre part, par un jugement n° 1902221-1902222-1903437-1903438 de ce même tribunal du 11 février 2020 et par un arrêt n° 20NC02194-20NC02195 de la cour administrative d'appel de Nancy du 2 avril 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de faire droit à la demande d'admission au séjour de Mme C en qualité d'étranger malade du 12 avril 2017, à la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. C au titre du travail du 29 août 2017 et à la demande d'admission exceptionnelle des requérants au titre de leur vie privée et familiale du 30 novembre 2018. Il a également prononcé à l'encontre de chacun d'eux, par ces mêmes arrêtés, deux obligations de quitter le territoire français auxquelles ils n'ont pas déféré. M. C a sollicité, par un courrier du 20 juillet 2020, la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur " sur le fondement des dispositions, alors en vigueur, du 3° du premier alinéa de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, par un arrêté du 30 novembre 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour à ce titre, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pendant deux ans. Par un arrêté du même jour, il a, en outre, assigné l'intéressé à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. M. C a saisi le tribunal administratif de Nancy d'une demande tendant à l'annulation des arrêtés du 30 novembre 2021. Il relève appel des jugements n° 2103516 du 10 décembre 2021 et n° 2103516 du 23 février 2022, qui rejettent, pour le premier, ses conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour et France et, pour le second, celles dirigées contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
3. La magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy ayant, dans son jugement n° 2103516 du 10 décembre 2021, annulé pour vice de forme la décision portant assignation à résidence, le préfet de Meurthe-et-Moselle a repris à l'encontre de M. C la même mesure par un arrêté du 20 janvier 2022. Par deux autres arrêtés des 20 et 25 janvier 2022, il a également, d'une part, obligé Mme C à quitter sans délai le territoire français, fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et interdit le retour en France de l'intéressée pendant dix-huit mois, d'autre part, assigné celle-ci à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. Les requérants ont saisi chacun le tribunal administratif de Nancy d'une demande tendant à l'annulation des arrêtés les concernant. Ils relèvent appel des jugements n° 2200194 du 27 janvier 2022 et n° 2200254 du 1er février 2022 qui rejettent leurs demandes respectives.
Sur le bien-fondé des jugements :
En ce qui concerne M. G C :
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
5. M. C ne saurait utilement se prévaloir du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, dès lors que la décision en litige n'entre pas dans le champ d'application des traités régissant cette union et du droit pris pour leur application. A supposer que le requérant ait entendu invoquer l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, il résulte des termes mêmes de cet article que les dispositions en cause ne s'appliquent pas dans les cas où, comme en l'espèce, il est statué sur une demande. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme inopérant.
6. En deuxième lieu, l'arrêté en litige énonce, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de refus de titre de séjour. Cette décision est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut être accueilli.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "entrepreneur/ profession libérale" d'une durée maximale d'un an. ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de faire droit à la demande de titre de séjour présentée par M. C en application des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Meurthe-et-Moselle a retenu que l'intéressé ne justifiait pas être en possession du visa long séjour requis par les dispositions de l'article L. 412-1 du même code et qu'il n'avait pas produit l'intégralité des pièces nécessaires à l'examen de la viabilité économique de sa société nouvellement créée. Si le requérant fait valoir que, après avoir travaillé à temps plein comme aide-poseur dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, du 17 janvier 2017 au 8 janvier 2019, puis du 20 juin 2019 au 9 octobre 2020, il dirige, depuis le 11 juin 2021, une entreprise spécialisée dans les travaux de revêtement des sols et des murs, dont le chiffre d'affaire au titre de l'année 2021 atteste du caractère économiquement viable de son activité et du caractère suffisant des moyens d'existence que celle-ci lui procure, il ne conteste pas être dépourvu de visa de long séjour. Dans ces conditions, à supposer même que le dossier qu'il a transmis en préfecture était complet, le préfet de Meurthe-et-Moselle pouvait, pour ce seul motif, refuser de l'admettre au séjour en France en qualité d'entrepreneur. Par suite et alors que le préfet n'était nullement tenu de vérifier si M. C remplissait les conditions pour l'obtention d'un tel visa, ni de saisir pour examen les autorités diplomatiques ou consulaires françaises compétentes, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. M. C se prévaut de la qualité de son intégration sociale et professionnelle, de ses efforts d'intégration personnelle, de la naissance en France de ses deux enfants, les 12 avril 2016 et 5 août 2018, de la naissance prochaine d'un troisième enfant et de la scolarisation de son fils aîné. Toutefois, il est constant que le requérant et son épouse, depuis leur arrivée en France le 25 octobre 2015, ont fait chacun l'objet de deux mesures d'éloignement auxquelles ils n'ont pas déféré. Ils n'établissement pas être isolés dans leur pays d'origine, où vivent notamment les parents et un frère de M. C, ni avoir rompu tout contact avec les membres de leurs familles respectives depuis plusieurs années. Si l'intéressé verse aux débats de nombreuses attestations mettant en exergue ses efforts d'intégration et ses qualités humaines et professionnelles, il ne ressort pas des pièces du dossier que son épouse et lui, qui sont tous deux destinataires d'une obligation de quitter le territoire français, ne pourraient pas reconstituer leur cellule familiale dans leur pays d'origine, ni que leurs enfants, eu égard notamment à leur jeune âge, seraient dans l'impossibilité d'y poursuivre une existence et une scolarité normales. Par suite et alors que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu qu'il estime le plus approprié pour y développer une vie privée et familiale, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations en cause doit être écarté.
12. En cinquième et dernier lieu, compte tenu notamment des circonstances analysées au point précédent, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation à titre exceptionnel.
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
14. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".
15. D'une part, M. C ne saurait utilement invoquer une méconnaissance de l'article 41 de la charte des fondamentaux de l'Union européenne, qui s'adresse uniquement, ainsi qu'il résulte clairement des dispositions en cause, aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
16. D'autre part, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer que, en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet, le cas échéant, d'une mesure d'éloignement du territoire français avec ou sans délai de départ volontaire et d'une interdiction de retour. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ou de compléter ses observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, sur l'octroi ou non d'un délai de départ volontaire, sur la fixation du pays de destination et sur l'interdiction de retour, lesquelles sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
17. A supposer que M. C ait entendu se prévaloir du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait vainement sollicité un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché, lors du dépôt et au cours de l'instruction de sa demande de titre de séjour, de faire valoir auprès de l'administration tous les éléments jugés utiles à la compréhension de sa situation personnelle, familiale et professionnelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce droit ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
18. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
19. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été signée, pour le préfet, par M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Or, par un arrêté du 8 septembre 2021, régulièrement publié le lendemain au recueil n° 82 de actes administratifs de la préfecture, le préfet de Meurthe-et-Moselle a consenti à M. E une délégation de signature à l'effet de signer notamment tous les arrêtés ou décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Meurthe-et-Moselle, à l'exception des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
20. En troisième lieu, pour les raisons qui ont été exposées aux points 16 et 17 du présent arrêt et alors même que le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas invité M. C à présenter spécifiquement des observations sur l'absence d'octroi d'un délai de départ volontaire, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu ne peut être accueilli.
21. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué énonce, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Cette décision est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
22. En cinquième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. C avant de refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
23. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".
24. Il est constant que M. C s'est soustrait à l'exécution de deux mesures d'éloignement prises à son encontre les 21 mars 2018 et 18 novembre 2019. Par suite, le préfet de Meurthe-et-Moselle a pu, sans commettre d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant fixation du pays de destination :
25. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
26. En deuxième lieu, l'arrêté en litige énonce, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de destination. Cette décision est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
27.En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. C, notamment au regard des conséquences pour l'intéressé d'un retour en Albanie. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen doit être écarté.
28. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale : " " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du second alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
29. M. C fait valoir qu'il a quitté son pays d'origine en raison notamment de l'hostilité de sa famille à l'égard de son épouse, suspectée à tort d'avoir été victime d'un viol et dont la fin prématurée de grossesse aurait été provoquée par des médicaments prescrits par un praticien hospitalier à la demande de sa propre mère. Toutefois, en se bornant à produire un rapport sur les violences faites aux femmes en Albanie et plusieurs articles de presse à ce sujet, il n'établit pas que lui, non plus que son épouse, risquerait d'être exposé personnellement, en cas de retour en Albanie, à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par le second alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite et alors que, au demeurant, la demande d'asile des intéressés a été successivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et des dispositions en cause ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant interdiction de retour sur le territoire français :
30. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été précédemment, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
31. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
32. L'arrêté attaqué, dans sa partie relative à l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans prise à l'encontre de M. C, mentionne que la situation de l'intéressé a été examinée au regard de la durée de sa présence sur le territoire français et de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et relève que le requérant est entré récemment en France, qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement et qu'il ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale digne de protection au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, le préfet, qui n'était pas tenu de spécifier que le comportement de M. C ne présentait pas une menace pour l'ordre public, a suffisamment motivé sa décision au regard des critères énoncés au premier alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
33. En troisième lieu, il est constant que M. C s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement. Dans ces conditions et eu égard aux circonstances mentionnées au point 11, l'interdiction de retour en France pendant deux ans, ainsi opposée au requérant, n'est pas disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être accueilli.
34. En quatrième lieu, la décision en litige n'ayant ni pour objet, ni pour effet de séparer M. C de son épouse et de ses enfants, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peuvent être accueillis.
S'agissant de la décision du 30 novembre 2021 portant assignation à résidence :
35. II ressort des pièces du dossier que la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nancy a, par son jugement n° 2103516 du 10 décembre 2021, annulé la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a prononcé l'assignation à résidence de M. C dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision en appel étaient, dès leur introduction, dépourvues d'objet. Elles sont ainsi irrecevables.
S'agissant de la décision du 20 janvier 2022 portant assignation à résidence :
36. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : () 5° Les décisions d'assignation à résidence prévues aux articles L. 731-1, L. 751-2, L. 752-1 et L. 753-1 du même code. ". Aux termes de l'article R. 776-9 du même code : " Le délai d'appel est d'un mois. Il court à compter du jour où le jugement a été notifié à la partie intéressée. Cette notification mentionne la possibilité de faire appel et le délai dans lequel cette voie de recours peut être exercée. ". Aux termes de l'article 44 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " En matière civile, lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle en vue de se pourvoir devant la Cour de cassation ou de former une demande de réexamen devant la Cour de réexamen est adressée au bureau d'aide juridictionnelle établi près la Cour de cassation avant l'expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi, de la demande de réexamen ou des mémoires, ce délai est interrompu. Un nouveau délai court à compter du jour de la réception par l'intéressé de la notification de la décision du bureau d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, de la date à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. () Les délais de recours sont interrompus dans les mêmes conditions lorsque l'aide juridictionnelle est sollicitée à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat ou une juridiction administrative statuant à charge de recours devant le Conseil d'Etat. ".
37. Il ressort des pièces du dossier que le jugement n° 2200194 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nancy du 27 janvier 2022 a été notifié à M. C le 29 janvier suivant et que cette notification mentionnait la possibilité de faire appel et le délai d'un mois avant l'expiration duquel cette voie de recours peut être exercée. La demande d'aide juridictionnelle de l'intéressé, qui a été adressée le 3 avril 2022 au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy, postérieurement à l'expiration de ce délai d'appel, n'a pas eu pour effet d'en suspendre le cours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision en litige, qui ont été enregistrées au greffe de la cour le 14 mars 2022, sont tardives et doivent, en conséquence, être rejetées pour irrecevabilité.
En ce qui concerne Mme B C :
38. Il ressort également des pièces du dossier que le jugement n° 2200254 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif du 1er février 2022 a été notifié à Mme C le 2 février 2022 et que cette notification mentionnait la possibilité de faire appel et le délai d'un mois avant l'expiration duquel cette voie de recours peut être exercée. La demande d'aide juridictionnelle de l'intéressée, qui a été adressée le 4 mars 2022 au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy, postérieurement à l'expiration de ce délai d'appel, n'a pas eu pour effet d'en suspendre le cours. Par suite et alors qu'il n'est pas démontré que la signature figurant sur l'avis de réception du courrier de notification du jugement de première instance ne serait pas celle de la requérante, les conclusions à fin d'annulation, qui ont été enregistrées au greffe de la cour le 14 mars 2022, sont tardives et doivent, dès lors, être rejetées pour irrecevabilité.
39. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du préfet de Meurthe-et-Moselle contestées, ni à soutenir que c'est à tort que, par les jugements attaqués, le tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs conclusions tendant à l'annulation de ces décisions. Leurs conclusions à fin d'annulation de ces décisions et de ce jugement doivent ainsi être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et leurs conclusions à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. G C, à Mme B C, née A, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M/ Wurtz, président de la chambre,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé : E. D
Le président,
Signé : C. WURTZ
Le greffier,
Signé : F. LORRAIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN, 22NC00656, 22NC00658 et 22NC00659
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026