mercredi 4 mai 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC00697 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GERVAIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2019 par lequel le maire de Blanzy-la-Salonnaise a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue du changement de destination d'un bâtiment agricole en maison à usage d'habitation, sur une parcelle sise rue Pascal Brochet, cadastrée AB n° 430 et d'enjoindre au maire de Blanzy-la-Salonnaise de lui délivrer le permis de construire sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2000531 du 16 décembre 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé l'arrêté du maire de Blanzy-la-Salonnaise du 30 décembre 2019 et a enjoint à la commune de Blanzy-la-Salonnaise de délivrer à M. B le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022, la commune de Blanzy-la-Salonnaise, représenté par la SELAS Devarenne associés Grand Est demande à la cour :
1°) de prononcer le sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 décembre 2021 sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative ;
2°) de condamner M. B à lui verser la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conditions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative sont remplies car elle invoque des moyens qui paraissent en l'état de l'instruction sérieux et de nature à justifier l'annulation du jugement et le rejet des conclusions aux fins d'annulation accueillies par le jugement ;
- le tribunal administratif a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'arrêté refusant à M. B le permis sollicité méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme au motif que les bovins de l'exploitation de M. C seraient " parqués en fond de parcelle ", ce qui n'est pas établi et est démenti par les éléments qu'elle produit, et que l'exploitation était séparée du projet par " un chemin " ; les nuisances occasionnées ne sont pas seulement olfactives mais également sonores ;
- il a commis une erreur de droit en considérant que le changement de destination en maison d'habitation sollicité par M. B ne méconnaissait pas la règle de distance de 50 mètres prévue par l'article 153-4 du règlement sanitaire départemental applicable dans le département des Ardennes ;
- le maire n'était pas tenu de déroger aux dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ; il n'est en outre justifié d'aucune spécificité locale qui justifierait d'une telle dérogation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2022, M. B représenté par Me Gervais conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mis à la charge de la commune de Blanzy-la-Salonnaise la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les moyens soulevés sont dépourvus de sérieux car un refus de permis fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est légal que si le projet ne peut pas être autorisé moyennant une ou plusieurs prescriptions spéciales, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ; les photographies produites au débat n'établissent pas les risques olfactifs et sonores invoqués ; l'article 153-4 de l'arrêté préfectoral du préfet des Ardennes ne trouve pas à s'appliquer car il concerne les élevages porcins et non bovins ; de plus, une maison d'habitation a été édifiée à moins de 50 mètres de la ferme de la famille C ; aucun texte ne permet de voir appliquer l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime.
Vu :
- la requête n° 22NC00382, enregistrée au greffe de la cour le 15 février 2022, par laquelle la commune de Blanzy-la-Salonnaise a demandé l'annulation du même jugement ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fins de sursis :
1. Par un jugement du 16 décembre 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a, à la demande de M. B, annulé l'arrêté du 30 décembre 2019 par lequel le maire de Blanzy-la-Salonnaise a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue du changement de destination d'un bâtiment agricole en maison à usage d'habitation, sur une parcelle sise rue Pascal Brochet, cadastrée AB n° 430 et a enjoint à cette même commune de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement. La commune de Blanzy-la-Salonnaise demande le sursis à exécution de ce jugement sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.
2. Aux termes, d'une part, du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
4. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par la commune tels qu'ils sont visés ci-dessus ne paraissent pas être sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation et d'injonction accueillies par ce jugement.
5. Il résulte de ce qui précède, que la commune de Blanzy-la-Salonnaise n'est pas fondée à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 16 décembre 2021 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de commune de Blanzy-la-Salonnaise au bénéfice de M. B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de Blanzy-la-Salonnaise est rejetée.
Article 2 : La commune de Blanzy-la-Salonnaise versera à M. B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Blanzy-La-Salonnaise et à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet des Ardennes.
Fait à Nancy, le 4 mai 2022.
La présidente de la 1ère chambre,
Signé : S. Vidal
La République mande et ordonne au préfet des Ardennes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Firmery0
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026