mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC00936 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FLORAND |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel la préfète de la Haute-Saône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Par un jugement n° 2102196 du 15 mars 2022, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, M. A, représenté par Me Florand, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 15 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée et est rédigée de manière stéréotypée ;
- il a droit au renouvellement de son certificat de résidence algérien mention vie privée et familiale conformément aux dispositions de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la préfète de la Haute-Saône a commis une erreur de fait ;
- son employeur actuel a déposé une demande d'autorisation de travail ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, est entré régulièrement sur le territoire français le 23 août 2019 sous couvert d'un visa C valable du 16 août 2019 au 15 septembre 2019. L'intéressé, après son mariage en date du 6 septembre 2019 avec une ressortissante française, a obtenu un certificat de résidence algérien valable du 11 septembre 2019 au 10 septembre 2020 qui a été renouvelé jusqu'au 10 septembre 2021. Suite à un rapport réalisé le 23 décembre 2020 par le service central du renseignement territorial, la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans a été refusée à M. A. Le 19 juillet 2021, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par un arrêté du 21 octobre 2021, la préfète de la Haute-Saône lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. A fait appel du jugement du 15 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour refuser l'admission au séjour de M. A, la préfète de la Haute-Saône, après avoir visé les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rappelé le parcours administratif et personnel de l'intéressé, en indiquant notamment qu'il est entré en France régulièrement sous couvert d'un visa C valable du 16 août 2019 au 15 septembre 2019, puis a précisé qu'il s'est marié avec une ressortissante française le 6 septembre 2019 et a ensuite obtenu un certificat de résidence valable du 11 septembre 2019 au 10 septembre 2020 qui a été renouvelé jusqu'au 10 septembre 2021. La préfète a ensuite indiqué que l'intéressé s'est vu opposer un refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans à la suite d'un rapport établi par le service central du renseignement territorial réalisé le 23 décembre 2020 qui met en cause la réalité de la communauté de vie entre M. A et son épouse. La préfète de la Haute-Saône a encore indiqué que l'intéressé, qui a présenté une demande de titre de séjour le 19 juillet 2021 sur le fondement des dispositions de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, a fourni un contrat de travail à durée indéterminée qui a pris fin le 7 septembre 2021 suite à la fermeture de la société dans laquelle il travaillait jusqu'alors. La préfète a également précisé que M. A justifiait d'un contrat de mission temporaire valable du 8 septembre au 31 octobre 2021. Enfin, la préfète de la Haute-Saône a indiqué qu'eu égard à l'intensité des liens de l'intéressé avec la France et compte tenu de l'engagement d'une procédure de divorce, la présente décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. La décision portant refus de titre de séjour, qui n'est pas rédigée de manière stéréotypée, comporte ainsi l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation ainsi que d'une prétendue rédaction stéréotypée ne peuvent qu'être écartés.
4. En deuxième lieu, M. A soutient qu'il a droit au renouvellement de son certificat de résidence algérien mention vie privée et familiale conformément aux dispositions de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Toutefois, l'intéressé qui a présenté le 19 juillet 2021 une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article 7 dudit accord, n'a pas présenté de demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien " conjoint de français " qui a pris fin le 10 septembre 2021. Au surplus, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision litigieuse, une procédure de divorce était engagée, et ce, à l'initiative de son épouse.
5. En troisième lieu, M. A soutient, d'une part, que la décision attaquée est entachée d'une première erreur de fait s'agissant de la réalité de la communauté de vie avec son épouse. Toutefois, si la préfète de la Haute-Saône se réfère dans la décision contestée au rapport établi le 23 décembre 2020 par le service central du renseignement territorial qui met en cause la réalité de la communauté de vie entre l'intéressé et son épouse en faisant mention de ce que les intéressés vivent dans deux chambres séparés, cette circonstance est en tout état de cause sans incidence sur la légalité du refus de séjour opposé à M. A qui a été pris sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatives à la délivrance d'un titre de séjour pour les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée. D'autre part, M. A soutient que la décision est entachée d'une seconde erreur de fait en ce qu'elle précise que l'intéressé a sciemment tenté de duper l'administration en prétendant être toujours titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé était titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 9 décembre dans une société pratiquant la mécanique automobile et qui a pris fin le 7 septembre 2021 suite à la fermeture de la société. Il est constant que M. A n'a pas informé les services de la préfecture de ce changement de situation. En outre, il n'est pas contesté que l'intéressé n'a pas produit dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour de demande d'autorisation de travail de son employeur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si M. A se prévaut à hauteur d'appel d'une promesse d'embauche et d'une demande d'autorisation de travail déposée par l'employeur auteur de ladite promesse, ces circonstances, postérieures à l'arrêté attaqué, sont sans incidence sur sa légalité.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Saône.
Fait à Nancy, le 8 novembre 202Le président désigné,
Signé
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
I.STOLL
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026