LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC01317

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC01317

mardi 24 juin 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC01317
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre - formation à 3
Avocat requérantCABINET FILOR - JURI-FISCAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Nancy de condamner le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Lorraine à lui verser la somme de 22 772, 12 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 8 mars 2017 par laquelle le CROUS l'a licenciée pour inaptitude physique.

Par un jugement n° 2000347 du 24 mars 2022, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, Mme A, représentée par Me Guidon, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nancy ;

2°) de condamner le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine à lui verser la somme de 22 772, 12 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi à raison de l'illégalité de la décision du 8 mars 2017 par laquelle le CROUS l'a licenciée pour inaptitude physique ;

3°) de mettre à la charge du CROUS le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le médecin agréé ne pouvait la déclarer totalement et définitivement inapte à toutes fonctions ;

- le CROUS ne pouvait la licencier pour ce motif pas plus que sur celui fondé sur sa perception d'une pension d'invalidité depuis 2009 ;

- elle a été réintégrée ;

- dans ces conditions, la décision ayant procédé à son licenciement étant illégale pour un motif de légalité interne, elle est fondée à demander l'indemnisation de son préjudice ;

- le montant dudit préjudice est de 22 772 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine, représenté par Me Ferry, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et, à titre subsidiaire, à ce que le préjudice de Mme A soit ramené à la somme maximale de 3 000 euros.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'avoir été précédée d'une demande préalable d'indemnisation ;

- la décision de licenciement est justifiée, sur le fond, par l'inaptitude totale et définitive de Mme A ;

- en tout état de cause, le préjudice de l'intéressée ne saurait dépasser la somme de 3 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Barlerin,

- et les conclusions de Mme Bourguet, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par contrat à durée indéterminée le 15 octobre 1999 par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Nancy-Metz en tant qu'agent de service. Le 8 mars 2017, après avis en ce sens du médecin agréé, le CROUS a licencié Mme A pour inaptitude totale et définitive à l'exercice de ses fonctions. Par un jugement en date du 21 mai 2019, le tribunal administratif de Nancy a annulé cette décision pour défaut de motivation et a enjoint au CROUS de réintégrer l'intéressée rétroactivement à la date du 8 mai 2017. Par un courrier en date du 3 octobre 2019 Mme A a demandé au CROUS, d'une part de procéder à sa réintégration, ce qui a été fait par décision du 22 janvier 2020, et, d'autre part, de l'indemniser de son préjudice en lui versant la somme de 22 772, 12 euros. Mme A relève appel du jugement du 24 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande de condamnation du CROUS à l'indemniser .

Sur la responsabilité du centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Nancy-Metz :

2. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité des personnes publiques, un agent public irrégulièrement évincé a droit, non pas au versement du traitement et des indemnités dont il a été privé, mais à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre, y compris au titre de la perte des rémunérations auxquelles il aurait pu prétendre s'il était resté en fonctions. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due au titre de la réparation du préjudice financier, doit être prise en compte, outre la nature et la gravité des illégalités affectant la mesure d'éviction et, le cas échéant, les fautes commises par l'intéressé, la perte du traitement ainsi que celle des primes et indemnités dont celui-ci avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Il y a lieu de déduire, le cas échéant, le montant des rémunérations professionnelles que l'agent a pu se procurer au cours de la période d'éviction.

3. Par un jugement du 21 mai 2019, le tribunal administratif de Nancy a annulé, pour défaut de motivation, l'arrêté du 8 mars 2017 par lequel le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine a prononcé le licenciement de Mme A pour inaptitude totale et définitive à ses fonctions. Cette annulation, si elle est de nature à entraîner la responsabilité du CROUS de Lorraine, ne peut toutefois conduire à sa condamnation que si, indépendamment du vice de forme, cette mesure de licenciement était injustifiée sur le fond.

4. Mme A, à l'appui de ses conclusions tendant à la condamnation du centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine à lui verser la somme de 22 772, 12 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 8 mars 2017 par laquelle elle a été licenciée pour inaptitude, se prévaut de l'illégalité, sur le fond, de cette décision, au motif qu'elle n'était pas inapte totalement et définitivement, contrairement à ce qui a été retenu par le médecin agréé puis le centre régional des œuvres universitaires et scolaires. Cependant, elle ne produit, en appel pas plus que devant les premiers juges, aucun élément de nature à corroborer ses affirmations, la seule circonstance qu'elle ait été réintégrée postérieurement n'étant pas de nature à démontrer l'existence d'un vice de légalité interne entachant la décision du 8 mars 2017. Il ne résulte dès lors pas de l'instruction que la décision prononçant le licenciement de Mme A ne serait pas justifiée sur le fond et cette dernière n'est, dès lors, pas fondée à réclamer une indemnisation du préjudice qui aurait découlé de son éventuelle illégalité interne.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée à la demande présentée par Mme A devant le tribunal administratif de Nancy, qu'elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement de la somme que demande Mme A à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le CROUS de Lorraine au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A et au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Lorraine.

Délibéré après l'audience du 3 juin 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Durup de Baleine, président,

- M. Barlerin, premier conseiller,

- Mme Peton, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 juin 2025.

Le rapporteur,

Signé : A. BarlerinLe président,

Signé : A. Durup de Baleine

Le greffier,

Signé : A. Betti

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

A. Betti

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions