vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC01327 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2021 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2107826 du 3 février 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, Mme A, représentée par Me Corsiglia, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 3 février 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du l'arrêté du 8 novembre 2021 pris à son encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa présence en France est requise dans le cadre de sa formation ;
- l'annulation de la décision portant refus de séjour emporte l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et l'obligeant à remettre son passeport aux autorités.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy en date du 26 avril 2022, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne, est entrée régulièrement en France le 17 août 2018 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante, qui a été renouvelé jusqu'au 30 octobre 2021. Le 11 septembre 2021, l'intéressée a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 8 novembre 2021, le préfet du Haut-Rhin a refusé d'admettre Mme A au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Mme A relève appel du jugement du 3 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, Mme A soutient que le refus opposé à sa demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiante est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle s'est inscrite à une formation qui nécessite sa présence sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier d'une part que l'intéressée ne donne pas de détails sur le déroulé de sa scolarité durant l'année universitaire 2021/2022, et qu'elle a échoué à deux reprises en troisième année de licence " administration économique et sociale ". D'autre part, après ses deux échecs en troisième année de licence, Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour afin de suivre un une formation " bachelor européen - banque chargé de clientèle de particuliers " auprès d'une école de commerce à distance. Contrairement à ce que soutient la requérante, sa formation n'impose pas sa présence sur le territoire français. Si elle précise qu'elle devra effectuer plusieurs stages dans le cadre de cette formation, elle ne l'établit par aucune pièce. Au demeurant rien ne semble démontrer que lesdits stages ne puissent se tenir dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Haut-Rhin aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Ce moyen ne saurait dès lors qu'être écarté.
4. En second lieu, faute pour la requérante d'avoir démontré l'illégalité de la décision portant refus de séjour, celle-ci n'est pas fondée à soutenir qu'une telle illégalité emporte l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et lui faisant obligation de remettre son passeport aux autorités.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par Mme A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent qu'être rejetées en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A et à Me Corsiglia.
Copie en sera adressée au préfet du Haut-Rhin.
Fait à Nancy, le 10 mars 2023.
Le président désigné
Signé : A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Bailly
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026