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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC01409

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC01409

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC01409
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2020 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.

Par un jugement n° 2100343 du 28 mai 2021, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 1er juin 2022, Mme A, représentée par Me Bricout, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 28 mai 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante arménienne, est entrée régulièrement en France le 13 août 2017, munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités tchèques, afin de solliciter l'asile. Le 5 avril 2018, elle a été remise aux autorités tchèques. Mme A a déclaré être revenue sur le territoire français au cours de cette même année 2018. Le 16 septembre 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Par un arrêté du 28 octobre 2020, le préfet de la Marne lui a opposé un refus, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Mme A fait appel du jugement du 28 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A n'était présente sur le territoire français que depuis deux ans à la date de l'arrêté contesté. Si elle se prévaut de la présence en France de sa fille, qui déclare la prendre en charge, elle n'établit toutefois pas être dépourvue d'attaches privées et familiales en Arménie, son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Enfin, Mme A ne justifie d'aucune insertion dans la société française et n'établit pas par les pièces nouvelles produites à hauteur d'appel que la présence de sa fille à ses côtés serait indispensable. Dans ces conditions, le préfet de la Marne n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de la requérante.

4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est manifestement pas fondée à soutenir que c'est à tort que le jugement attaqué a rejeté sa demande. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il s'ensuit que sa requête, qui est manifestement dépourvue de fondement, ne peut qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Marne.

Fait à Nancy, le 27 octobre 2022.

Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. Fritz

No 22NC01409

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