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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC01829

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC01829

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC01829
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantCISSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2021 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Par un jugement n° 2105873, 2105874 du 7 octobre 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2022, M. A, représenté par Me Cissé, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 7 octobre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 17 mars 2017 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 mai 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 30 janvier 2019. Le 6 février 2019, il a sollicité son admission au séjour pour raisons de santé. Le 9 septembre 2019, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de l'état de santé de sa fille. Une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée et a été régulièrement renouvelée jusqu'au 23 mars 2021. Le 16 septembre 2020, il a sollicité à nouveau son admission au séjour. Par un arrêté du 15 juillet 2021, le préfet de la Moselle lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. A fait appel du jugement du 7 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés par les premiers juges, les moyens tirés du vice de procédure et de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

4. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que pour refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour, le préfet, après avoir visé la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rappelé les principaux éléments de la situation administrative et personnelle de l'intéressé, en indiquant notamment qu'il est de nationalité albanaise, qu'il a déclaré être entré en France le 17 mars 2017, que sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 30 janvier 2019, qu'il a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade renouvelée jusqu'au 23 mars 2021 et qu'il a présenté une demande d'admission au séjour le 16 septembre 2020. Le préfet a également précisé que, par un avis émis le 31 mars 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a indiqué que l'état de santé de sa fille nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'au vu des éléments de son dossier et à la date de l'avis, elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Enfin, le préfet a relevé que M. A n'entrait dans aucun des cas de protection contre l'éloignement prévus à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et révèle en outre un examen approfondi de la situation personnelle de M. A. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et d'un prétendu défaut d'examen ne peuvent qu'être écartés.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine.

6. M. A se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis octobre 2017 aux côtés de son épouse et de leurs deux enfants, nés et scolarisés en France. Il fait également valoir qu'il est intégré dans la société française. Pour établir cette insertion, le requérant produit notamment des bulletins de salaire justifiant de son emploi d'aide installateur au sein de l'entreprise Virgili Chauffage Sanitaire pour la période de juin 2020 à mars 2021 ainsi qu'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée au sein de cette même entreprise. Il se prévaut également du fait que sa famille occupe un logement stable et autonome. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, le requérant n'était présent en France que depuis moins de cinq ans. Son épouse est également en situation irrégulière sur le territoire français. La cellule familiale de M. A a ainsi vocation à se reconstruire dans son pays d'origine où il n'est pas démontré que ses enfants ne pourront pas poursuivre leur scolarité. Par ailleurs, si le requérant soutient avoir noué des relations intenses sur le territoire français, il ne le démontre pas. En outre, si l'intéressé se prévaut d'une promesse d'embauche, au demeurant postérieure à la date de la décision contestée, il est démuni de toute autorisation de travail visée par les autorités compétences sur le territoire français. Enfin, le requérant se prévaut également de l'état de santé de sa fille, qui est suivie pour une greffe de peau. Toutefois, par un avis du 31 mars 2021, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de l'enfant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'au vu des éléments du dossier, son état de santé lui permet de voyager sans risque vers le pays d'origine de ses parents. Les documents médicaux produits par M. A ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation portée par la préfète sur les conséquences d'un défaut de prise en charge médicale à la date de la décision contestée. En tout état de cause, en dehors de la présence de son épouse, également en situation irrégulière, et de leurs enfants, M. A n'établit pas qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français et ne justifie pas davantage être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, l'Albanie, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans. Dans ces conditions, le préfet de la Moselle n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

7. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet n'ayant pas examiné d'office si l'intéressé pouvait être autorisé à séjourner en France en application des dispositions en cause, ainsi qu'il lui était loisible de le faire à titre gracieux, il y a lieu d'écarter comme inopérant le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions.

8. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 de la présente ordonnance que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

10. En deuxième lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés par les premiers juges, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à juste titre, par les premiers juges.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

12. Par un avis émis le 31 mars 2021, le collège des médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de la fille de M. A nécessite une prise en charge médicale, son défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Les documents produits par le requérant, notamment une convocation pour une consultation auprès du service de chirurgie infantile orthopédique du CHRU de Nancy et un compte-rendu de consultation du 17 juillet 2020 établi par un praticien de cet établissement, corroborent ses allégations selon lesquelles sa fille bénéficie d'une prise en charge multidisciplinaire en France. Toutefois, ces éléments ne permettent pas d'établir la gravité des conséquences d'une absence de prise en charge de l'état de santé de son enfant. Dès lors, ils ne remettent pas en cause l'appréciation portée par le préfet de la Moselle au regard de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII selon lequel le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

13. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 12 de la présente ordonnance, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

Sur la décision portant interdiction de revenir sur le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de revenir sur le territoire français.

15. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour interdire à M. A de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an, le préfet a indiqué qu'en application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée allant jusqu'à deux ans pouvait être prononcée à l'encontre de l'étranger obligé de quitter le territoire français. Il a également indiqué que l'intéressé n'avait présenté aucun élément établissant l'existence de circonstances humanitaires pouvant justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour à son encontre. Le préfet a précisé que M. A est marié avec deux enfants à charge, qu'il ne justifie d'aucune attache particulière en France et que même s'il ne représentait pas une menace pour l'ordre public, la durée de l'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. La décision contestée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

16. En troisième lieu, la décision par laquelle le préfet de la Moselle a fait interdiction à M. A de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur les dispositions de l'article L. 612-7 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

18. En application des dispositions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut, dans le respect des principes constitutionnels et conventionnels et des principes généraux du droit, assortir une obligation de quitter le territoire français pour l'exécution de laquelle l'intéressé dispose d'un délai de départ volontaire, d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans, en se fondant pour en justifier tant le principe que la durée, sur la durée de sa présence en France, sur la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, sur la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et sur la menace à l'ordre public que représenterait sa présence en France.

19. Il ressort des termes de la décision contestée que le préfet de la Moselle a pris la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des articles précités en procédant à un examen particulier de la situation de M. A et en prenant en compte les critères mentionnés à l'article L. 612-10 précité, notamment eu égard à sa courte durée de séjour en France et à l'absence de liens intenses et stables sur le territoire français. En outre, le requérant ne fait valoir aucune circonstance humanitaire de nature à empêcher l'édiction d'une telle décision à son encontre. Par suite et alors même qu'il ne présente pas une menace pour l'ordre public, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an prononcée à son encontre serait entachée d'une erreur d'appréciation dans son principe ou sa durée.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.

Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.

Fait à Nancy, le 14 octobre 2022.

Le président désigné,

Signé

A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

D. FRITZ

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