lundi 26 février 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-22NC02416 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GASIMOV |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D B et Mme A C ont demandé, par deux demandes distinctes, au tribunal administratif de Nancy l'annulation, chacun en ce qui le concerne, des arrêtés du 14 juin 2022 par lesquels le préfet des Vosges a retiré leur attestation de demande d'asile, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits.
Par un jugement n°s 2201884, 2201885 du 19 septembre 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a jugé qu'il n'y a pas lieu d'admettre M. B et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, donné acte du désistement de M. B et de Mme C de leurs conclusions à fin d'annulation et sous réserve que Me Chavkhalov, avocat de M. B et de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, mis à la charge de l'Etat la somme globale de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 septembre et 25 octobre 2022, le préfet des Vosges demande à la cour :
1°) à titre principal, l'annulation de l'article 3 du jugement n°s 2201884, 2201885 du 19 septembre 2022 ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner le remboursement des rais occasionnés par l'Etat en première instance,
3°) à titre infiniment subsidiaire, de redéfinir le montant de ces frais au montant maximum de 1 285,2 euros ;
4°) de rejeter les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il est inéquitable d'avoir mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dès lors qu'il a été très réactif et qu'il a retiré les mesures d'éloignement dès qu'il a su que les requérants disposaient du droit de se maintenir sur le territoire pendant leur recours devant la CNDA.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, M. D B et Mme A C, représentés par Me Chavkhalov, de la SELARL Chavkhalov, concluent :
1°) au rejet de la requête ;
2°) par la voie de l'appel incident à l'annulation de l'article 2 du jugement n°s 2201884, 2201885 du 19 septembre 2022 et au prononcé d'un non-lieu à statuer sur leurs conclusions d'annulation de première instance
3°) à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à au bénéfice de Me Chavkhalov sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la saisine du tribunal justifie à lui seul le bénéfice des 1 500 euros de frais d'instance d'autant plus qu'au titre de l'aide juridictionnelle le montant alloué n'aurait en tout état de cause pas pu être inférieur à 1 285,20 euros :
- c'est à tort que le premier juge a requalifié ses conclusions à fin de non-lieu en désistement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, Me Chavkhalov et la SELARL Chavkhalov, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser au bénéfice de SELARL Chavkhalov sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la saisine du tribunal justifie à lui seul le bénéfice des 1 500 euros de frais d'instance d'autant plus qu'au titre de l'aide juridictionnelle le montant alloué n'aurait en tout état de cause pas pu être inférieur à 1 285,20 euros :
Par deux décisions en date du 28 novembre 2022, M. D B et Mme A C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur les conclusions d'appel incident :
2. Le retrait en cours d'instance de l'acte attaqué, qui a un effet rétroactif, constitue une cause de non-lieu à condition que la décision de retrait, faute d'avoir été critiquée dans le délai de recours contentieux, ait acquis un caractère définitif. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la première juge a statué les retraits en date du 25 juillet 2022 des décisions attaquées du 14 juin 2022 n'étaient pas, faute d'expiration du délai de recours, devenus définitifs. Les conditions du non-lieu n'étaient donc pas remplies. Dans ces conditions, les conclusions des requérants à fin de non-lieu équivalent à un désistement. Ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de l'appel incident, M. B et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que la première juge a donné acte de leur désistement des conclusions d'annulation.
Sur les frais de la première instance :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Ces dispositions laissent à l'appréciation du juge le soin d'user de la faculté de faire droit aux conclusions présentées sur leur fondement et, le cas échéant, de fixer le montant de la somme due au requérant.
4. Dans les circonstances de l'espèce, dès lors que les demandes d'annulation de première instance ont conduit le préfet des Vosges à retirer les actes contestés, rien ne faisait obstacle à ce que la première juge, dans le cadre de son pouvoir d'appréciation, mette à la charge de l'Etat des frais au titre des deux instances dont le montant, qui s'élève à 1 500 euros au bénéfice du conseil des requérants, n'est pas excessif. Les circonstances que le préfet n'avait pas connaissance du motif faisant obstacle au prononcé des mesures d'éloignement retirées et qu'il a été prompt dans le retrait des actes en litige, ne permettent pas, à elles seules, de considérer que l'équité faisait obstacle au prononcé de cette mesure dans son principe ou dans son montant.
5. Le préfet des Vosges n'est par suite pas fondé à demander l'annulation de l'article 3 du jugement n°s 2201884, 2201885 du 19 septembre 2022, ni par suite qu'il soit ordonné le remboursement des frais occasionnés par l'Etat en première instance ou la diminution de son montant à la somme de 1 285,2 euros. Sa requête, manifestement dépourvue de fondement, est par suite rejetée.
Sur les frais de la présente instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions d'une part de M. B et Mme C au bénéfice de leur conseil sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 et d'autre part, de la SELARL Chavkhalov, tendant à l'application, des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet des Vosges est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. B, de Mme C et de la SELARL Chavkhalov sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. D B, à Mme A C, à Me Chavkhalov et à la SELARL Chavkhalov.
Copie en sera adressée au préfet des Vosges.
Fait à Nancy, le 26 février 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
Signé : V. Ghisu-Deparis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. Basso
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026