vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC00112 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GRÜN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A et Mme B A ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler les arrêtés du 22 novembre 2021 par lesquels le préfet de la Moselle leur a retiré les attestations de demandes d'asile dont ils bénéficiaient, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Par un jugement n° 2108324, 2108325 du 9 février 2022, la vice-présidente désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2023, M. et Mme A, représentés par Me Grün, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 9 février 2022 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 22 novembre 2021 pris à leur encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de leur délivrer une carte de séjour temporaire ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer leur situation administrative dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- elles sont rédigées de manière stéréotypée ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy en date du 16 décembre 2022, M. et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M.et Mme A, ressortissants albanais, sont entrés pour la première fois sur le territoire français le 18 février 2019 afin de solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 30 avril 2019, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 16 septembre 2019. Par deux arrêtés du 25 juin 2019, auxquels ils ont déféré, le préfet de la Moselle leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai. Le 2 septembre 2021, les intéressés sont entrés de nouveau en France et ont saisi l'OFPRA de demandes de réexamen de leurs demandes d'asile qui ont été déclarées irrecevables le 21 octobre 2021. Par deux arrêtés du 22 novembre 2021, le préfet de la Moselle leur a retiré les attestations de demandes d'asile dont ils bénéficiaient, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. et Mme A font appel du jugement du 9 février 2022 par lequel la vice-présidente désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que pour obliger M. et Mme A à quitter le territoire français, le préfet de la Moselle, après avoir visé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a rappelé les éléments pertinents de leur parcours administratif et personnel, notamment qu'ils sont de nationalité albanaise, qu'ils sont entrés pour la première fois en France le 18 février 2019, que leurs demandes d'asile ont été rejetés tant par l'OFPRA que par la CNDA et que le 25 juin 2019, ils ont fait l'objet de mesures d'éloignement auxquelles ils ont déféré. Il est également précisé que le 2 septembre 2021, les intéressés sont rentrés de nouveau en France et ont sollicité le réexamen de leurs demandes d'asile. Par deux décisions du 21 octobre 2021, l'OFPRA a rejeté pour irrecevabilité leurs demandes de réexamen. Le préfet a relevé qu'en application des articles L. 542-2 1°b et L. 542-3 du code précité, ils ne bénéficiaient dès lors plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu'il était ainsi possible de retirer les attestations de demande d'asile dont ils bénéficiaient. Le préfet a également précisé que les intéressés sont présents sur le territoire national avec leurs deux enfants mineurs et que leurs liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte-tenu du fait qu'ils sont entrés en France depuis moins de deux mois à la date des décisions attaquées. Les décisions litigieuses, qui ne sont pas rédigées de manière stéréotypée, comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite les moyens tirés de l'insuffisance de motivation ainsi que d'une prétendue rédaction stéréotypée ne peuvent qu'être écartés.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. et Mme A se prévalent de ce qu'ils vivent en France depuis l'année 2021, de ce qu'ils n'ont plus d'attaches dans leur pays d'origine, de ce qu'ils parlent français et de ce que leur intégration à la société française n'est pas contestable. Les intéressés font également valoir qu'ils ne présentent aucune menace pour l'ordre public, qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune condamnation pénale et qu'ils respectent les valeurs de la République française, dès lors notamment qu'ils ne vivent pas en situation de polygamie. Il ressort toutefois des pièces des dossiers que les intéressés n'étaient présents en France que depuis moins de deux mois à la date des décisions attaquées. Par ailleurs, ils ne justifient pas, par leurs seules allégations, disposer d'attaches personnelles intenses, anciennes et stables sur le territoire national, ni être démunis de telles attaches dans leur pays d'origine où ils ont vécu la majeure partie de leur vie. Enfin, les requérants ne produisent aucun élément de nature à établir le caractère réel de leurs allégations quant à leur intégration dans la société française. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. et Mme A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Mme B A et à Me Grün.
Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 10 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Bailly
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026