Texte intégral
Vu la rocédure suivante :
rocédure contentieuse antérieure :
M. Michel B... et autres ont demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne d’annuler la décision du 28 se tembre 2018 ar laquelle le réfet de l’Aube a délivré à la SARL C... ETA la reuve du dé ôt de sa déclaration en vue de l’ex loitation d’une unité de méthanisation et d’une installation de combustion sur le territoire de la commune de Lusigny-sur-Barse.
ar un jugement n° 2000461 du 24 novembre 2022, le tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne a annulé la décision du 28 se tembre 2018 et a rejeté la demande en dommages et intérêts résentée ar la SARL C... ETA et M. C....
rocédure devant la cour :
ar une requête et un mémoire, enregistrés les 27 janvier 2023 et 30 août 2024, la SARL C... ETA et M. C..., re résentés ar Me Enfert, demandent à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne du 24 novembre 2022 ;
2°) de rejeter la demande résentée ar M. B... et autres tendant à l’annulation de la décision du 28 se tembre 2018 du réfet de l’Aube délivrant à la SARL C... ETA la reuve du dé ôt de sa déclaration en vue de l’ex loitation d’une unité de méthanisation et d’une installation de combustion sur le territoire de la commune de Lusigny-sur-Barse ;
3°) de condamner solidairement M. B... et autres à leur verser une somme d’un montant global de 573 096 euros hors taxes ;
4°) de mettre solidairement à la charge de M. B... et autres le versement d’une somme de 6 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la demande de remière instance du 27 février 2020 est irrecevable en raison de sa tardiveté, le recours ayant été exercé a rès l’ex iration du délai de quatre mois courant à com ter de la ublication de la reuve de dé ôt de déclaration en litige sur le site internet de la réfecture le 2 octobre 2018 en a lication des dis ositions de l’article R. 514-3-1 du code de l’environnement ;
- ces dis ositions, contrairement à ce qu’a estimé le tribunal, ne sont as contraires aux sti ulations du aragra he 1 de l’article 6 et de celles de l’article 13 de la convention euro éenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- subsidiairement, le recours n’a as été exercé dans un délai raisonnable d’un an ;
- les demandeurs de remière instance ne justifient as d’un intérêt leur donnant qualité our agir contre la décision contestée ;
- la décision en litige n’a as méconnu les dis ositions de l’article R. 512-47 du code de l’environnement ni les dis ositions de l’article 2.2 de l’annexe I de l’arrêté du 10 novembre 2009 ;
- à cet égard, la reuve de dé ôt de déclaration en litige a été dé osée conformément à la réglementation en récisant tous les éléments requis ;
- l’omission de l’insertion aysagère ou d’éléments relatifs aux émanations odorantes dans le dossier de déclaration ne sont as susce tibles de vicier la rocédure dès lors que ces omissions n’ont as été de nature à exercer une influence sur le sens de la décision de l’autorité administrative et n’ont as eu our effet de nuire à l’information com lète de la o ulation ;
- les émissions odorantes liées au stockage et à la mani ulation des matières entrantes sont limitées en raison du stockage en silos des fumiers et des matières végétales, le digestat étant our sa art désodorisé ;
- le recours des demandeurs de remière instance ayant été exercé tardivement, a rès la finalisation du rojet du étitionnaire, ces derniers seront condamnés à leur verser à titre de dommages et intérêts une somme globale de 573 096 euros, com renant un réjudice moral à hauteur de 10 000 euros, un réjudice matériel de 63 096 euros hors taxes et un manque à gagner de 500 000 euros hors taxes.
ar un mémoire en défense enregistré le 30 juillet 2024, Mme D... B..., re résentée ar l’AAR I Novlaw Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SARL C... ETA le versement d’une somme de 4 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- leur demande n’était as tardive ainsi que l’a jugé le tribunal ;
- les demandeurs et en articulier M. et Mme B... dont la résidence est située à moins de 900 mètres du rojet en litige, justifient d’un intérêt à agir contre la décision en litige ;
- ainsi que l’a jugé le tribunal, la décision contestée a méconnu les dis ositions de l’article R. 512-47 du code de l’environnement ainsi que les dis ositions de l’article 2.2 de l’annexe I de l’arrêté du 10 novembre 2009 ;
- les dis ositions de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme sur lesquelles se fondent les conclusions indemnitaires des requérants ne sont as a licables au litige et ces derniers ne justifient, ar ailleurs, d’aucun surcoût résultant du recours en annulation formé ar les demandeurs à l’encontre de la décision en litige.
La requête a été communiquée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires qui n’a as résenté de mémoire en défense.
Vu les autres ièces du dossier.
Vu :
- la convention euro éenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.
Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de M. Michel, remier conseiller,
- les conclusions de M. Denizot, ra orteur ublic,
- les observations de Me Enfert avocat de la SARL C... ETA et de M. C..., ainsi que celles de Me Conti substituant Me Bidault avocat de Mme B....
Une note en délibéré résentée ar la SARL C... ETA et M. C... a été enregistrée le 27 se tembre 2025.
Considérant ce qui suit :
La SARL C... ETA a dé osé le 28 se tembre 2018 sur le fondement de l’article L. 512-8 du code de l’environnement une déclaration en vue de l’ex loitation d’une unité de méthanisation et d’une installation de combustion sur le territoire de la commune de Lusigny-sur-Barse. ar un jugement du 24 novembre 2022, dont la SARL C... ETA et M. C... relèvent a el, le tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne, sur le recours formé ar M. B... et autres, a annulé cette décision du 28 se tembre 2018 et a rejeté la demande en dommages et intérêts résentée ar la SARL C... ETA et M. C....
Sur la recevabilité de la demande de remière instance tendant à l’annulation de la décision du 28 se tembre 2018 :
Aux termes de l’article R. 514-3-1 du code de l’environnement dans sa rédaction alors en vigueur : « Les décisions mentionnées aux articles L. 211-6 et L. 214-10 et au I de l’article L. 514-6 euvent être déférées à la juridiction administrative : / 1° ar les tiers intéressés en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l’installation résente our les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 dans un délai de quatre mois à com ter du remier jour de la ublication ou de l’affichage de ces décisions ; / 2° ar les demandeurs ou ex loitants, dans un délai de deux mois à com ter de la date à laquelle la décision leur a été notifiée. / Les décisions mentionnées au remier alinéa euvent faire l’objet d’un recours gracieux ou hiérarchique dans le délai de deux mois. Ce recours administratif rolonge de deux mois les délais mentionnés aux 1° et 2° ». Aux termes de l’article R. 512-48 de ce code : « Il est délivré immédiatement ar voie électronique une reuve de dé ôt de la déclaration ». Aux termes de l’article R. 512-49 du même code : « (…) / La reuve de dé ôt est mise à dis osition sur le site internet de la ou des réfectures où est rojetée l’installation, our une durée minimale de trois ans (…) ». Selon les articles R. 512-52 et R. 512-53 de ce code, la mise à dis osition sur le site internet de la réfecture de la décision constitue une mesure de ublicité.
Il résulte des dis ositions récitées des articles R. 514-3-1 et R. 512-49 du code de l’environnement que le délai de recours contentieux contre une reuve de dé ôt d’une déclaration d’une installation classée our la rotection de l’environnement court our les tiers intéressés à com ter du remier jour de sa mise à dis osition continue de quatre mois sur le site internet de la réfecture.
En remier lieu, ce mode de ublicité de la décision de dé ôt de déclaration qui ermet un accès facile aux tiers intéressés en garantissant sa fiabilité et sa date de ublication est de nature à faire courir le délai de recours contentieux contre cette décision à l’égard des tiers intéressés dans des conditions qui ne méconnaissent as le droit à un rocès équitable garanti ar les sti ulations de l’article 6 de la convention euro éenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ni le droit à un recours effectif garanti ar l’article 13 de la même convention.
En second lieu, il résulte de l’instruction que la reuve de dé ôt de déclaration en litige du 28 se tembre 2018 a été mise en ligne le 2 octobre suivant sur le site internet de la réfecture de l’Aube à la rubrique intitulée « aménagement du territoire-environnement-dévelo ement durable / Installations classées our la rotection de l’environnement / Installations classées : attestations de déclaration / C... ETA ». Cette diffusion de la reuve de déclaration, dont le caractère continu de quatre mois n’est as contesté, dans des conditions en ermettant un accès aisé quand bien même la rubrique com renait de nombreuses autres déclarations, a ainsi fait courir le délai de recours contentieux à l’égard des tiers intéressés our la contester.
Il résulte des ièces du dossier de remière instance que M. B... et autres ont demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne d’annuler la reuve de dé ôt de déclaration du 28 se tembre 2018 ar un recours enregistré au greffe du tribunal le 27 février 2020, a rès l’ex iration du délai de recours contentieux courant à com ter du 2 octobre 2018. ar suite, et contrairement à ce qu’a jugé le tribunal administratif, leur recours était tardif et, ar suite, irrecevable.
Il résulte de ce qui récède, et sans qu’il soit besoin de se rononcer sur la seconde fin de non-recevoir o osée ar les requérants à la demande de remière instance, que la SARL C... ETA et M. C... sont fondés à soutenir que c’est à tort que, ar le jugement attaqué, le tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne a annulé la reuve de dé ôt de déclaration délivrée le 28 se tembre 2018 ar le réfet de l’Aube à la SARL C... ETA.
Sur les conclusions en dommages et intérêts résentées ar la SARL C... ETA et M. C... :
Le recours de M. B... et autres devant le tribunal administratif ne résentant as de caractère abusif, les conclusions en dommages et intérêts résentées ar la SARL C... ETA et M. C... doivent être rejetées.
Sur les frais de l’instance :
Dans les circonstances de l’es èce, il n’y a as lieu de faire droit aux conclusions résentées ar les requérants et Mme B... sur le fondement des dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2000461 du 24 novembre 2022 du tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne est annulé en tant qu’il a annulé la reuve de dé ôt de déclaration délivrée le 28 se tembre 2018 ar le réfet de l’Aube à la SARL C... ETA.
Article 2 : La demande résentée ar M. B... et autres devant le tribunal administratif de Châlons-en-Cham agne est rejetée.
Article 3 : Le sur lus des conclusions des arties est rejeté.
Article 4 : Le résent arrêt sera notifié à la SARL C... ETA, à M. A... C..., à Mme D... B... et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la êche.
Co ie en sera adressée au réfet de l’Aube.
Délibéré a rès l’audience du 18 se tembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, résident de chambre,
- Mme Guidi, résidente-assesseure,
- M. Michel, remier conseiller.
Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe, le 9 octobre 2025.
Le ra orteur,
Signé : A. Michel
Le résident,
Signé : M. Wallerich
La greffière,
Signé : E. Delors
La Ré ublique mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la êche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l’exécution de la résente décision.
our ex édition conforme,
La greffière,
E. Delors