jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC01895 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GRÜN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D et Mme A B, née C, ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler les arrêtés du 13 janvier 2023 par lesquels le préfet de la Moselle n'a pas renouvelé leurs attestations de demande d'asile, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Par un jugement n° 2300482-2300481 du 6 mars 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. et Mme B, représentés par Me Grün, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 6 mars 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 13 janvier 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de leur délivrer à chacun un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leurs situations administratives et de leur délivrer à chacun pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées et le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de leurs situations personnelles ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaissent les stipulations de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs situations personnelles ;
S'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un délai de départ supérieur à trente jours aurait dû leur être octroyé ;
S'agissant des décisions fixant le pays de destination :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'une erreur de droit ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard des conséquences qu'elles emportent sur leurs situations personnelles.
Par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy en date du 22 mai 2023, M. et Mme B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91- 647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222- 1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D et Mme A B, née C, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français selon leurs déclarations le 13 juin 2022 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugiés. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 octobre 2022 statuant en procédure accélérée. Par des arrêtés du 13 janvier 2023, le préfet de la Moselle leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, M. et Mme M. B font appel du jugement du 6 mars 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ressort des termes des arrêtés contestés que pour obliger M. et Mme B à quitter le territoire français, le préfet de la Moselle, après avoir visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que les requérants sont de nationalité arménienne, qu'ils ont déclaré être entrés en France le 13 juin 2022, que leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'OFPRA statuant selon la procédure accélérée le 31 octobre 2022, et que, s'agissant de demandes d'asile présentées par des ressortissants d'un pays d'origine sûr, les recours qu'ils pourraient former devant la Cour nationale du droit d'asile ne revêtent pas de caractère automatiquement suspensif. Le préfet a mentionné qu'en application du 4° de l'article L. 611-1 du code précité, l'autorité administrative peut, dans cette situation, obliger l'étranger à quitter le territoire français, que les requérants sont entrés avec leurs deux enfants mineurs sur le territoire français voilà moins de sept mois et que ce faisant, leurs liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables. Les décisions contestées comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent les fondements. Il ne ressort ni de cette motivation ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de leurs situations personnelles. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux ne peuvent qu'être écartés.
4. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
5. Les requérants se prévalent de la durée de leur présence en France aux côtés de leurs enfants, de ce qu'ils n'ont plus d'attaches dans leur pays d'origine, de ce qu'ils prennent des cours de français, de ce qu'ils sont intégrés en France, de ce qu'ils ne représentent pas une menace pour l'ordre public, de ce que leurs enfants sont scolarisés en France depuis de nombreuses années et de ce que les décisions contestées auront pour conséquence de séparer les requérants de leurs enfants ou bien obligeront leurs enfants à les suivre et à reprendre leur scolarité dans un pays où ils n'ont jamais vécu. Toutefois, à la date d'édiction des arrêtés contestés, la durée de séjour en France des requérants et de leurs enfants datait de seulement six mois. Au deumeurant, cette durée de séjour est uniquement due au temps nécessaire à l'instruction de leurs demandes d'asile. En outre, M. et Mme B n'établissent pas qu'il leur serait impossible de reconstruire leur cellule familiale en Arménie. Ils n'établissent pas davantage que leurs enfants ne pourraient y poursuivre leur scolarité. Ils ne produisent aucun élément de nature à établir qu'ils bénéficieraient d'attaches intenses, anciennes et stables en France, qu'ils seraient démunis de toute attache dans leur pays d'origine, qu'ils se seraient intégrés dans la société française et qu'ils auraient fixé en France le centre de leurs intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, le préfet de la Moselle ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. et de Mme B au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels les décisions contestées ont été prises et ce bien qu'ils ne représentent pas une menace pour l'ordre public. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 alinéa 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
Sur les décisions fixant le délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
7. Les dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile accordent un délai de trente jours pour le délai de départ volontaire de l'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Si ces dispositions prévoient qu'à titre exceptionnel, un délai supérieur à trente jours peut être accordé, l'autorité administrative n'est cependant pas tenue de motiver sa décision sur ce point lorsqu'elle accorde un délai de trente jours, soit le délai de départ de droit commun, comme c'est le cas en l'espèce. Si M. et Mme B soutiennent que les décisions contestées ne mentionnent aucune circonstance permettant de s'assurer que le préfet a évalué la possibilité pour eux de bénéficier d'un délai de départ supérieur à trente jours, ils n'établissent pas en avoir fait la demande. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
8. En second lieu, si M. et Mme B soutiennent qu'un délai supérieur à trente jour aurait dû leur être octroyé, ils ne font part d'aucun élément permettant d'établir le bien-fondé de leurs allégations. Dans ces circonstances, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
Sur les décisions fixant le pays d'éloignement :
9. En premier lieu, il ressort des termes des arrêtés contestés que pour fixer le pays à destination duquel M. et Mme B pourront être reconduits d'office, le préfet de la Moselle, après avoir visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 721-3 et suivants, a indiqué que les requérants sont de nationalité arménienne et n'indiquent pas être exposés à des peines ou à des traitements contraires à la convention précitée en cas de retour dans leur pays d'origine ou dans tout autre pays dans lequel ils seraient légalement admissibles. Les décisions contestées comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
10. En second lieu, M. et Mme B reprennent en appel, sans l'assortir d'éléments nouveaux ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés en première instance, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a ainsi lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à juste titre, par la première juge, et énoncés au point 22 du jugement contesté. Au demeurant, leurs recours formés contre les décisions de rejet de leurs demandes d'asile ont été rejetés par la Cour nationale du droit d'asile le 24 avril 2023.
Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
12. Une décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
13. En l'espèce, il ressort des termes des décisions contestées que pour interdire à M. et à Mme B de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an, le préfet de la Moselle, après avoir cité l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que les intéressés sont entrés en France le 13 juin 2022, qu'ils ne justifient pas de liens intenses et stables avec la France et qu'ils font tous les deux l'objet d'une mesure d'éloignement de telle sorte que leur cellule familiale a vocation à se reconstruire en Arménie. Le préfet a également mentionné que les requérants ne justifient pas de circonstances humanitaires particulières qui pourraient justifier que l'autorité administrative ne prononce pas à leur encontre d'interdictions de retour sur le territoire français, et que bien que leurs comportements ne semblent pas constituer une menace pour l'ordre public et qu'ils n'ont jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, il est justifié que des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an soient prononcées à leur encontre. Les décisions contestées, qui ont été prises en tenant compte des quatre critères énoncés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent les fondements. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'insuffisance de motivation et de l'erreur de droit ne peuvent qu'être écartés.
14. En second lieu, M. et Mme B soutiennent que le préfet ne pouvait prononcer à leur encontre d'interdiction de retour sur le territoire français compte-tenu notamment de leurs liens personnels et familiaux sur le territoire français, une telle mesure ayant pour effet de rendre impossible leur retour en France pour venir rendre visite à leurs proches. Cependant, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 de la présente ordonnance, le préfet ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'une erreur d'appréciation tant dans son principe que dans sa durée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761- 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D, à Mme A B, née C, et à Me Grün.
Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 13 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Bailly
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026