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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-23NC01909

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-23NC01909

mardi 12 septembre 2023

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-23NC01909
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C et Mme D B ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler les arrêtés du 16 décembre 2022 par lesquels le préfet de la Moselle les a obligés quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à leur encontre des interdictions de retour pour une durée d'un an.

Par un jugement nos 2300157-2300160 du 17 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 15 juin 2023, M. C et Mme B, représentés par Me Grün, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 17 mars 2023 ;

2°) d'annuler les arrêtés du 16 décembre 2022 pris à leur encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de leur délivrer une carte de séjour temporaire ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer leur situation administrative dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de la situation des requérants ;

- elles ont été prises en méconnaissance de leur droit d'être entendus ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur leurs situations personnelles ;

S'agissant des décisions portant fixant le délai de départ volontaire :

- elles sont insuffisamment motivées, ce qui révèle un défaut d'examen de la possibilité d'accorder un délai supérieur à trente jours ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un délai de départ supérieur à trente jours aurait dû leur être octroyé ;

S'agissant des décisions fixant le pays de destination :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne s'est pas prononcé sur l'ensemble des critères définis par la loi ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. C et Mme B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme B, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français le 28 décembre 2017 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 1er mars 2019, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 août 2019. Le 21 juin 2021, M. C a sollicité son admission au séjour au titre de son état de santé. Par des arrêtés du 16 décembre 2022, le préfet de la Moselle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C, a obligé les époux à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai et leur a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. C et Mme B font appel du jugement du 17 mars 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

3. M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par le premier juge, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance du droit d'être entendu, du défaut d'examen, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions contestées sur leurs situations personnelles. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge aux points 14 à 16 et 19 de son jugement.

Sur les décisions fixant le délai de départ volontaire :

4. M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par le premier juge, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de l'erreur manifeste d'appréciation. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge aux points 20 et 21 de son jugement.

Sur les décisions fixant le pays de destination :

5. M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par le premier juge, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge aux points 22 et 23 de son jugement.

Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

6. M. C et Mme B reprennent en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés par le premier juge, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur d'appréciation. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus, par le premier juge aux points 24 à 26 de son jugement.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. C et Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors de la rejeter, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme D B et à Me Grün.

Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.

Fait à Nancy, le 12 septembre 2023.

La magistrate désignée,

Signé : J. Kohler

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

A. Bailly

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