vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC02590 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. L H et Mme B J ont demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés du 22 juin 2023 par lesquels le préfet de Meurthe-et-Moselle, d'une part, les a obligés à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et, d'autre part, les a assignés à résidence dans le département de la Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 11 heures, auprès des services de police de Toul.
Par un jugement nos 2301912, 2301913, 2301914, 2301915 du 5 juillet 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 août 2023, M. H et Mme J, représentés par Me Grosset, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 5 juillet 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 22 juin 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de leur délivrer un titre de séjour ou à tout le moins, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3500 euros à verser à leur conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
Sur les arrêtés contestés pris dans leur ensemble :
- ils ont été signés par des autorités incompétentes ;
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées, ce qui démontre un défaut d'examen particulier de leur situation ;
- le préfet s'est cru en situation de compétence liée en adoptant les décisions portant obligation de quitter le territoire français ;
- il s'est fondé sur des faits matériellement inexacts ;
- elles méconnaissent le 9° de l'article L. 611-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors que le préfet aurait dû solliciter l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que le préfet aurait dû instruire leurs demandes de titre de séjour avant de prendre à leur encontre une mesure d'éloignement ou à tout le moins examiner si l'état de santé de M. H ne faisait pas obstacle à une telle mesure ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur les décisions portant refus de délai de départ volontaire :
- elles sont insuffisamment motivées, ce qui démontre un défaut d'examen particulier de leur situation ;
- le préfet s'est cru en situation de compétence liée en adoptant les décisions portant refus de délai de départ volontaire ;
- le préfet n'a pas vérifié s'il y avait lieu de leur accorder un délai de départ volontaire au regard de leur vulnérabilité ;
- ils n'ont pas été mis en mesure de faire valoir leurs observations préalablement à l'édiction des décisions portant refus de délai de départ volontaire ;
Sur les décisions fixant le pays de destination :
- ils n'ont pas été mis en mesure de faire valoir leurs observations préalablement à l'édiction des décisions fixant le pays de destination ;
- elles méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- le préfet n'a pas vérifié si des considérations humanitaires et l'état de santé de M. H font obstacle à l'édiction d'interdictions de retour sur le territoire ;
Sur les décisions portant assignation à résidence :
- elles sont insuffisamment motivées, ce qui démontre un défaut d'examen particulier de leur situation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles ne sont pas justifiées et proportionnées ;
- elles méconnaissent les droits de la défense ;
- elles méconnaissent le droit d'être entendu de M. H.
M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. H et Mme J, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français, selon leurs déclarations, en septembre et décembre 2016 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 juillet 2018, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 8 février 2019. Par des arrêtés du 3 décembre 2019, le préfet de Meurthe-et-Moselle a prononcé à leur encontre des obligations de quitter le territoire français, auxquelles ils n'ont pas déféré. Le 8 décembre 2021, les requérants ont sollicité la délivrance de titres de séjour en raison de l'état de santé de M. H. Ces demandes ont été classées sans suite les 31 mars et 29 juin 2022. Par des arrêtés du 22 juin 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle, d'une part, les a obligés à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et, d'autre part, les a assignés à résidence dans le département de la Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. M. H et Mme J font appel du jugement du 5 juillet 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur les arrêtés pris dans leur ensemble :
3. En premier lieu, les arrêtés du 22 juin 2023 en litige ont été signés par Mme D F, chef du bureau de l'asile et de l'éloignement de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, et par Mme C I, adjointe à la cheffe de bureau de l'asile et de l'éloignement de la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Par un arrêté du 24 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 25 mai 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à Mmes F et I, en cas d'absence de Mme G A, directrice de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés relatifs aux attributions de l'Etat dans le département, notamment en matière d'éloignement des étrangers et d'assignation à résidence. Cette délégation était suffisamment précise et leur donnait compétence pour signer les décisions en litige. Par ailleurs, la circonstance que ces décisions ont été signées par deux personnes distinctes, le même jour, ne suffit pas à établir que l'ensemble de la situation des requérants n'a pas été examiné. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des signataires des décisions en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des mentions des arrêtés attaqués que le préfet de Meurthe-et-Moselle, après avoir rappelé le parcours administratif antérieur des intéressés et notamment le rejet de leurs demandes d'asile, a examiné l'ensemble de leur situation personnelle et familiale et a vérifié, au vu des éléments dont il avait connaissance, qu'aucune circonstance ne faisait obstacle à des mesures d'éloignement fondées sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile postérieurement à un refus de titre de séjour. S'agissant en particulier de l'état de santé de M. H, le préfet rappelle les observations formulées par l'intéressé et l'absence d'élément nouveau susceptible de remettre en cause le refus de titre dont M. H a fait l'objet en 2019. S'agissant des décisions refusant de leur accorder un délai de départ volontaire, les arrêtés en litige visent notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent l'absence d'exécution de précédentes mesures d'éloignement dont ils ont fait l'objet. S'agissant des interdictions de retour, les arrêtés en litige visent notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent les éléments relatifs à la durée de leur présence en France, à leurs liens sur le territoire français, à la circonstance qu'ils n'ont pas exécuté les précédentes mesures d'éloignement édictées à leur encontre le 11 décembre 2019 ainsi que le fait que leur comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public. Le préfet, qui a par ailleurs rappelé le parcours des intéressés, a ainsi tenu compte des critères énoncés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prononcer des interdictions de retour à l'encontre de M. H et Mme J et en fixer la durée. Enfin, s'agissant des décisions portant assignation à résidence, le préfet de Meurthe-et-Moselle, après avoir visé l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que M. H et Mme J faisaient l'objet de décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et que, s'ils ne pouvaient quitter immédiatement le territoire, leur éloignement demeurait malgré tout une perspective raisonnable. Alors que le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger auquel il fait obligation de quitter le territoire français et prononce les mesures propres à assurer l'exécution de telles décisions, les arrêtés en litige comportent ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont ainsi suffisamment motivés. Cette motivation révèle également que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de M. H et Mme J et qu'il ne s'est pas estimé, à tort, tenu de prononcer les mesures d'éloignement en litige. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des arrêtés attaqués et du défaut d'examen doivent être écartés.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611 3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". L'article R. 611-2 ajoute que cet avis " est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " L'étranger qui, dans le cadre de la procédure prévue aux titres I et II du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sollicite le bénéfice des protections prévues au 10° de l'article L. 511-4 () est tenu de faire établir le certificat médical mentionné au deuxième alinéa de l'article 1er. () ". Et en vertu de l'article 1er de cet arrêté : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. / A cet effet, le préfet du lieu où l'étranger a sa résidence habituelle lui remet un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge, dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté ".
6. Il résulte de ces dispositions que le préfet, lorsqu'il envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un ressortissant étranger, doit s'assurer que la situation de l'intéressé n'entre dans aucun des cas listés à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En particulier, lorsque des éléments sérieux relatifs à l'état de santé de l'intéressé ont été portés à sa connaissance, il appartient au préfet d'examiner ces éléments en vue de mettre en œuvre la procédure prévue par les dispositions précitées pour faire constater cet état de santé notamment en délivrant le dossier contenant la notice explicative de la procédure et le certificat médical vierge devant être transmis au collège de médecins de l'OFII.
7. En l'espèce, M. H et Mme J soutiennent que le préfet ne pouvait prononcer les mesures d'éloignement en litige sans avoir examiné s'ils pouvaient se prévaloir d'une protection contre l'éloignement en raison de l'état de santé de M. H. Il ressort toutefois des termes mêmes des arrêtés en litige que le préfet a mentionné l'état de santé de l'intéressé et considéré qu'il n'apportait aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause le refus qui lui avait été notifié en septembre 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de M. H au regard des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, de même que le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine du collège de médecins de l'OFII.
8. En deuxième lieu, si le préfet indique, dans les arrêtés en litige que M. H et Mme J n'établissent pas avoir engagé des démarches de régularisation de leurs situation administrative alors qu'ils ont présenté plusieurs demandes d'admission au séjour, cette circonstance est sans incidence dans la mesure où il ressort des pièces du dossier que ces demandes ont été classées sans suite au motif que les intéressés n'apportaient aucun élément nouveau de nature à modifier l'appréciation portée par le préfet en 2019 lorsqu'il a refusé de leur délivrer un titre de séjour. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris les mêmes décisions s'il avait tenu compte des demandes de régularisation présentées par les intéressés et le moyen tiré de ce qu'il s'est fondé sur des faits matériellement inexacts doit être écarté.
9. En troisième lieu, M. H et Mme J reprennent en appel sans apporter aucune précision ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés en première instance, en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, les moyens tirés de l'erreur de droit en l'absence d'examen de leurs demande de titre de séjour, de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et en ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire, les moyens tirés de la méconnaissance de leur droit d'être entendus et de ce que le préfet n'a pas vérifié s'il y avait lieu de leur accorder un délai de départ volontaire au regard de leur vulnérabilité. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée aux points 7, 8, et 10 à 18 de son jugement.
Sur les décisions fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, M. H et Mme J reprennent en appel sans apporter aucune précision ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés en première instance, le moyen tiré de la méconnaissance de leur droit d'être entendus. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par la première juge aux points 16 à 18 de son jugement.
11. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. M. H et Mme J soutiennent que l'état de santé de M. H faisait obstacle à ce que le préfet de Meurthe-et-Moselle fixe l'Arménie comme le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être reconduits. Les documents médicaux produits par les requérants, dont le certificat médical établi par le docteur E le 25 février 2022, ne permettent d'établir les conséquences d'une absence de prise en charge de l'état de santé de M. H ni l'impossibilité de bénéficier d'un traitement approprié dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. Si M. H et Mme J font valoir qu'ils justifient de considérations humanitaires, en ce qu'ils ont leurs enfants majeurs en France, ils ne produisent aucun élément de nature à établir que ces derniers auraient vocation à se maintenir durablement sur le territoire. Par ailleurs, s'ils se prévalent de l'état de santé de M. H, les documents médicaux produits par les requérants ne permettent d'établir les conséquences d'une absence de prise en charge de son état de santé ou qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet a pu légalement considérer qu'aucune circonstance humanitaire ne justifiait que des interdictions de retour ne soient pas prononcées.
Sur les décisions portant assignation à résidence :
15. M. H et Mme J reprennent en appel sans apporter aucune précision ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés en première instance, les moyens tirés de la méconnaissance de leur droit d'être entendus et de l'erreur manifeste d'appréciation. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée aux points 22 et 23 de son jugement.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel présentée par M. H et Mme J sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, dès lors, de les rejeter en toutes leurs conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. H est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. L H et à Mme B J et à Me Grosset.
Copie en sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 16 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé : J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. K
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026