vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC03177 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C E B et Mme A D ont demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler les arrêtés du 5 septembre 2023 par lesquels le préfet du Doubs d'une part, a ordonné leur transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de leurs demandes d'asile et, d'autre part, les a assignés à résidence dans le département de la Haute-Saône pour une durée de quarante-cinq jours.
Par deux jugements nos 2301694 et 2301695 du 12 septembre 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Besançon a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la Cour :
I - Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 octobre et 1er décembre 2023 sous le n° 23NC03177, Mme D, représentée par Me Bonardel-Argenty, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n°2301695 du 12 septembre 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 5 septembre 2023 pris à son encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France ;
Elle soutient que :
- la décision portant transfert aux autorités italiennes méconnaît les obligations d'information prévues par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et l'article 29 du règlement (UE) n°603/2013 ;
- elle méconnaît les critères de détermination de l'Etat membre responsable ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant assignation à résidence doit être annulée en conséquence de l'annulation de la décision de transfert ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît la liberté constitutionnelle d'aller et venir.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 novembre 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
II - Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 octobre et 1er décembre 2023 sous le n° 23NC03178, M. B, représenté par Me Bonardel-Argenty, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2301694 du 12 septembre 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 5 septembre 2023 pris à son encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France ;
Il invoque les mêmes moyens que sa compagne dans la requête n° 23NC03177.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme M. B ne sont pas fondés.
Mme D et M. B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 12 octobre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme D, ressortissants bangladais, sont entrés en France, accompagnés de leurs deux enfants mineurs, en vue de solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. La consultation du fichier " VIS " a révélé qu'ils étaient titulaires d'un visa délivré par les autorités consulaires italiennes au Bangladesh, en cours de validité au moment du dépôt de leurs demandes d'asile. La France a saisi les autorités italiennes d'une demande de prise en charge qu'elles ont implicitement acceptée le 30 mai 2023. Par des arrêtés du 5 septembre 2023, le préfet du Doubs, d'une part, a ordonné le transfert de M. B et Mme D aux autorités italiennes, responsables de l'examen de leur demande d'asile et, d'autre part, les a assignés à résidence dans le département de la Haute-Saône pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, Mme D et M. B font appel des jugements du 12 septembre 2023 par lesquels la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Besançon a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite () dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 () / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
5. Il ressort des pièces des dossiers que les services de la préfecture du Doubs ont remis à M. B et Mme D le guide du demandeur d'asile, ainsi que la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce-que cela signifie ' " le 24 février 2023, documents rédigés en langue bengali que les intéressés ont déclaré comprendre. Ces brochures comportent l'ensemble des éléments d'information énumérés par les dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013. Par suite, les intéressés ne sont pas fondés à soutenir que le préfet du Doubs, n'aurait pas respecté l'obligation d'information prévue à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 précité.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; / d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; / e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. / () ".
7. L'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 : " () Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen. () ". Aux termes de l'article 12 de ce même règlement : " Si le demandeur est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale () ".
9. M. B et Mme D soutiennent qu'ils ne pouvaient faire l'objet d'une décision de transfert aux autorités italiennes, dès lors qu'ils n'ont été destinataires d'aucune information quant aux demandes d'asile en Italie, et qu'ils n'y ont bénéficié d'aucune prise en charge. Il ressort toutefois des pièces des dossiers qu'ils n'ont pas déposé de demande d'asile en Italie mais, qu'à la date du dépôt de leurs demandes d'asile en France, ils étaient titulaires d'un visa délivré par les autorités consulaires italiennes au Bangladesh en cours de validité. Dans ces conditions, les autorités italiennes doivent être regardées comme responsables de l'examen de leurs demandes d'asile en application de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013. M. B et Mme D ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que le préfet du Doubs aurait méconnu les critères hiérarchiques de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de leur demande d'asile.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. M. B et Mme D soutiennent que leur vie privée et familiale faisait obstacle à ce qu'une décision de transfert soit prise à leur encontre. Ils se prévalent de l'état de santé de M. B et de la grossesse de Mme D. Néanmoins, si les pièces médicales attestent de ce que M. B souffre d'une hydrocéphalie à pression normale débutante, elles ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait voyager à destination de l'Italie, ni qu'il ne pourrait y bénéficier d'un suivi approprié. Il en va de même pour Mme D. Par ailleurs, les autorités italiennes ont également accepté de prendre en charge leurs enfants mineurs. S'ils se prévalent de la présence du frère de M. B et de la sœur de Mme D, résidant régulièrement sur le territoire français, ce seul élément ne permet pas d'établir des liens d'une ancienneté et d'une intensité particulières. Dans ces conditions, les décisions contestées ne peuvent être regardées comme portant une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, il y a lieu d'écarter également le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
12. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions portant assignation à résidence devraient être annulées en conséquence de l'annulation des décisions portant transfert aux autorités italiennes ne peut qu'être écarté.
13. En sixième lieu, il ressort des termes des arrêtés du 5 septembre 2023 que le préfet du Doubs, après avoir visé l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que M. B et Mme D faisaient l'objet d'une décision portant transfert aux autorités italiennes, qu'ils ne disposent pas des moyens leur permettant de se rendre en Italie, qu'ils n'ont pas la possibilité d'acquérir légalement ces moyens et que leur transfert demeure une perspective raisonnable. Les décisions ordonnant l'assignation à résidence de M. B et Mme D comportent ainsi la mention des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont, ainsi, suffisamment motivées. Cette motivation révèle également que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de M. B et de Mme D. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions contestées et du défaut d'examen particulier de la situation des intéressés doivent être écartés.
14. En septième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration reprenant l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
15. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions de transfert vers l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile, y compris les mesures d'assignation à résidence. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoqué à l'encontre d'une décision portant assignation à résidence.
16. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. () / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable () ".
17. En vertu de ces dispositions, l'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable.
18. M. B et Mme D font valoir qu'ils sont intégrés et qu'ils ne représentent aucune menace pour l'ordre public. Néanmoins, il n'est pas contesté qu'ils ont fait l'objet de mesures de transfert et qu'ils ne disposent pas des moyens pour se rendre en Italie afin d'exécuter ces décisions, dont l'exécution demeure une perspective raisonnable. Dès lors, le préfet du Doubs pouvait légalement prononcer une assignation à résidence à l'encontre de M. B et de Mme D.
19. En neuvième lieu, M. B et Mme D font valoir que leur vie privée et familiale faisait obstacle à ce qu'une assignation à résidence soit prise à leur encontre. Leur seule situation familiale et leur état de santé ne saurait suffire à faire regarder les mesures d'assignation à résidence en litige comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale des intéressés une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
20. En dernier lieu, si M. B et Mme D soutiennent que les décisions portant assignation à résidence en litige portent une atteinte disproportionnée à leur liberté d'aller et venir, ils n'apportent aucun élément ni aucune précision au soutien de leurs allégations.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel présentées par M. B et Mme D sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, dès lors de les rejeter, en toutes leurs conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. B et Mme D sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, à M. C E B, à Me Bonardel-Argenty et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Doubs.
Fait à Nancy, le 12 janvier 2024.
La magistrate désignée,
J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, SC
La greffière,
A. Bailly
Nos 23NC03177 - 23NC03178
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026