vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC03229 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OLSZAKOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2022 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de renouveler son titre de séjour.
Par un jugement n° 2201617 du 27 septembre 2023, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 30 octobre 2023, M. A, représenté par Me Olszakowski, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 27 septembre 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation, notamment au regard de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant kosovare, est entré sur le territoire français le 17 juin 2013 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 31 décembre 2013, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 26 juin 2014. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en 2015 à laquelle il n'a pas déféré. Il a bénéficié d'un titre de séjour en raison de son état de santé de décembre 2016 à décembre 2018. Il a ensuite obtenu un titre de séjour en qualité de salarié valable jusqu'au mois de mars 2021. Par un arrêté du 12 janvier 2022, le préfet de la Moselle a refusé de renouveler ce titre de séjour. M. A fait appel du jugement du 27 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. En premier lieu, M. A reprend en appel sans apporter d'éléments nouveaux ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés en première instance, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait insuffisamment motivée. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Strasbourg au point 2 de son jugement.
4. En deuxième lieu, d'une part, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. D'autre part, dans le cas où le préfet se borne à rejeter une demande d'autorisation de séjour présentée uniquement au titre du travail, sans examiner d'office d'autres motifs d'accorder un titre à l'intéressé, ce dernier ne peut utilement soulever, devant le juge de l'excès de pouvoir saisi de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus du préfet, des moyens de légalité interne sans rapport avec la teneur de la décision contestée.
5. En l'espèce la décision du 12 janvier 2022 en litige se prononce sur la demande présentée par M. A et tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ". Le préfet n'a pas, à cette occasion, examiné d'autre motifs de lui accorder un titre de séjour au regard, notamment, de sa vie privée et familiale, mais a fondé son refus sur la circonstance que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, en application des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Dans ces conditions, M. A, qui ne conteste pas avoir demandé un titre de séjour au seul titre de son activité professionnelle, ne peut utilement soutenir que le préfet aurait dû examiner son droit au séjour au regard de sa vie privée et familiale en France.
6. En troisième lieu, il n'est pas contesté que M. A a été condamné le 9 février 2021 par le tribunal correctionnel de Metz à une peine de 10 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant 2 ans, pour des faits de violences conjugales habituelles du 8 mars 2018 au 12 mars 2020 et de menace matérialisée de crime contre les personnes le 24 mai 2020. Eu égard au caractère récent et répété de ces faits et à leur gravité, en se bornant à soutenir qu'il a pris conscience de la faute qu'il a commise et qu'il a entrepris un suivi auprès d'un psychologue en vue de ne pas récidiver, M. A n'établit pas que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la seule circonstance, à la supposer avérée, qu'en l'absence d'autorisation de travail, M. A ne pourrait plus contribuer à l'entretien et à l'éducation de son fils mineur, alors que la décision en litige n'est pas assortie d'une mesure d'éloignement et ne prive pas l'intéressé de la possibilité d'entretenir des relations avec son fils, n'est pas de nature à établir que le préfet a, en refusant le renouvellement de son titre de séjour, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Olszakowski.
Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 2 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé : J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, SC
La greffière,
A. Heim
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026