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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-24NC00261

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-24NC00261

vendredi 19 avril 2024

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-24NC00261
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme D B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision du 10 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 2300296 du 19 décembre 2023, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 5 février 2024, Mme B, représentée par Me Blanvillain, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 19 décembre 2023 ;

2°) d'annuler la décision du 10 novembre 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ainsi qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " salariée " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité compétente ;

- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 2 septembre 2021 mais le 11 mai 2021 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante arménienne, est entrée sur le territoire français, selon ses déclarations, en mars 2011. Le préfet de la Moselle lui a délivré un récépissé avec autorisation de travail le 26 mars 2019 valable pour une durée de six mois. L'intéressée a ensuite bénéficié d'une carte de séjour temporaire valable du 3 juillet 2020 au 2 juillet 2021 en qualité de salarié à titre exceptionnel. Le 11 mai 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le 28 juillet 2021, le préfet de la Moselle lui a demandé de produire une autorisation de travail. Le 2 septembre 2021, l'intéressée a complété sa demande. En l'absence de production de l'autorisation de travail, le préfet lui a remis un premier récépissé pour une durée de six mois, valable du 7 septembre 2021 au 6 mars 2022, puis un second récépissé le 22 juin 2022 pour une durée d'un mois. Par une décision du 10 novembre 2022, le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Mme B fait appel du jugement du 19 décembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

3. En premier lieu, Mme B reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés en première instance, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision contestée et de l'erreur de fait. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges aux points 3 et 7 de leur jugement.

4. En deuxième lieu, il ressort des mentions de la décision contestée que le préfet de la Moselle, après avoir rappelé le parcours administratif de Mme B, a examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a rappelé qu'elle n'avait pas transmis l'autorisation de travail demandée par courrier du 28 juillet 2021. Cette décision de refus de titre de séjour comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de Mme B. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision en litige et du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doivent, en conséquence, être écartés.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / () / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite l'admission exceptionnelle au séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". L'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fixe ainsi la liste des pièces devant être produites à l'appui d'une demande de titre de séjour et d'une demande de renouvellement de ce titre. Pour le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " salarié " délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du même code, cette annexe renvoie aux rubriques correspondant au titre obtenu. La rubrique 1 de cette annexe, correspondant à la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévoit ainsi que pour le renouvellement de ce titre, en cas d'occupation de l'emploi ayant justifié la délivrance de la dernière autorisation de travail, le demandeur doit produire l'autorisation de travail correspondant au poste occupé.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a pas produit, à l'appui de sa demande, l'autorisation de travail correspondant au poste qu'elle occupe qui lui a été réclamée par un courrier du 28 juillet 2021. En ne produisant pas cette autorisation, alors même que le préfet de la Moselle lui a accordé deux récépissés valables pour une durée respectivement de six et un mois pour permettre à son employeur de la solliciter et qu'elle ne justifie pas au demeurant qu'il aurait effectivement entrepris les démarches nécessaires, la requérante ne justifie pas qu'elle satisfait aux conditions fixées pour la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et à Me Blanvillain

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Moselle.

Fait à Nancy, le 19 avril 2024.

La magistrate désignée,

Signé : J. Kohler

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

M. A

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