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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-24NC01396

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-24NC01396

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-24NC01396
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société Etablissements Champagne A a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Grand Est lui a enjoint de mettre en conformité les volumes détenus dans ses chais, d'une part, en procédant à la suppression de l'excédent de vendange 2021 et, d'autre part, en inscrivant sur ses éléments de comptabilité matière la quantité de vins de réserve antérieurs à la vendange 2021 effectivement détenue le jour du contrôle, à savoir 40,17 hl (49,9 hl inventorié - 9,73 hl de DRA) au lieu des 69,38 hl déclarés par ses soins.

Par un jugement n° 2200960 du 28 mars 2024, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, la société Etablissements Champagne A, représentée par Me Godet-Regnier, demande à la cour de prononcer le sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 28 mars 2024.

Elle soutient que :

- l'exécution du jugement dont il est fait, par requête distincte, appel risque d'exposer M. et Mme A à une peine de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 15 000 euros aux termes de l'article L. 532-2 et L. 532-3 du code de la consommation, s'agissant de la problématique de sur-pressage et au paiement d'une amende administrative pouvant aller de 1 500 à 3 000 euros pour une personne physique et de 7 500 à 15 000 euros pour une personne morale aux termes de l'article L. 532-1 du code de la consommation, s'agissant de la mauvaise tenue du registre des vins de réserve ;

- ce risque justifie le bénéfice d'un sursis.

Vu :

- la requête n° 24NC01395, enregistrée au greffe de la cour le 27 mai 2024, par laquelle la société Etablissements Champagne A a demandé l'annulation du même jugement ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu

- le code de la consommation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes, du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre ". Aux termes respectivement des articles R. 811-15, R. 811-16 et R. 811-17 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement " ; "Lorsqu'il est fait appel par une personne autre que le demandeur en première instance, la juridiction peut, à la demande de l'appelant, ordonner sous réserve des dispositions des articles R. 533-2 et R. 541-6 qu'il soit sursis à l'exécution du jugement déféré si cette exécution risque d'exposer l'appelant à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge dans le cas où ses conclusions d'appel seraient accueillies " et "Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction ".

3. En se bornant à invoquer un risque de condamnation à une peine d'emprisonnement ou au paiement d'une amende en application du code de la consommation, au demeurant non établi, la société requérante ne justifie pas remplir les conditions prévues par les dispositions précitées, qui se sont substituées à l'article R. 125 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel abrogé depuis 2001, pour obtenir le sursis à exécution du jugement n° 2200960 du 28 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 18 février 2022 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Grand Est lui a enjoint de mettre en conformité les volumes détenus dans ses chais, d'une part, en procédant à la suppression de l'excédent de vendange 2021 et, d'autre part, en inscrivant sur ses éléments de comptabilité matière la quantité de vins de réserve antérieurs à la vendange 2021 effectivement détenue le jour du contrôle, à savoir 40,17 hl (49,9 hl inventorié - 9,73 hl de DRA) au lieu des 69,38 hl déclarés par ses soins.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Etablissements Champagne A ne peut être que rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la société Etablissements Champagne A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Etablissements Champagne A.

Copie en sera adressée à au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté.

Fait à Nancy, le 12 juillet 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé : V. Ghisu-Deparis

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

F. Dupuy

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