jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC02305 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LANDBECK |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler la décision du 28 avril 2022 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours du Jura a résilié son engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire à compter du 1er mai 2022.
Par un jugement n° 2200876 du 3 juillet 2024, le tribunal administratif de Besançon a annulé l'arrêté du 28 avril 2022 et mis à la charge du service départemental d'incendie et de secours du Jura le versement à M. B de la somme de 1 400 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024 et un mémoire en réplique enregistré le 7 octobre 2024, le service départemental d'incendie et de secours du Jura, représenté par Me Landbeck, demande à la cour :
1°) de surseoir à l'exécution de ce jugement du 3 juillet 2024 ;
2°) de mettre à la charge de M. B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe des moyens de nature à justifier l'annulation du jugement attaqué au sens de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, dès lors que :
- le jugement a commis une erreur dans la qualification des faits, dès lors que les faits reprochés à M. B relèvent de l'agression sexuelle envers une jeune fille mineure et que ce que le jugement a qualifié de comportements inappropriés mérite la qualification d'agression sexuelle ;
- le jugement a commis une erreur quant à l'existence de circonstances atténuantes, dès lors que, si le harcèlement sexuel suppose un caractère répété mais que tel n'est pas le cas de l'agression sexuelle, que l'absence d'antécédents disciplinaires ne peuvent venir amender les faits reprochés à l'agent et qu'il est inexact d'affirmer que la relation entre les deux agents était connue du SDIS, dès lors qu'elle ne l'était pas de l'autorité hiérarchique, cette circonstance n'excusant en aucun cas le comportement de M. B ;
- le jugement a commis une erreur en estimant la sanction disproportionnée, alors que l'échelle des sanctions des sapeurs-pompiers volontaires est moins importante que le droit commun de la fonction publique, que le comportement reproché à l'agent est incompatible avec la nature des fonctions assurées par un SDIS, que la sanction infligée est à la hauteur des enjeux, qu'il existe des circonstances aggravantes, l'agent sanctionné ayant autorité sur la victime, cette dernière mineure, et que les agents des SDIS ont un devoir d'exemplarité.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par la SCP DSC Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du service départemental d'incendie et de secours du Jura le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucun des moyens de la requête n'est de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ;
- la réintégration de M. B ne présente pas les risques allégués par le SDIS ;
- les premiers juges n'ont pas commis d'erreur dans la qualification des faits ;
- le jugement n'est pas entaché d'une contradiction de motifs ;
- ni l'administration ni le juge administratif ne sont compétents pour se substituer au juge pénal ;
- les premiers juges n'ont pas commis d'erreur d'appréciation en jugeant la sanction disproportionnée.
Vu :
- la requête n° 24NC02303, enregistrée le 3 septembre 2024, par laquelle le service départemental d'incendie et de secours du Jura relève appel du jugement du tribunal administratif de Besançon n° 2200876 du 3 juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine,
- et les observations de Me Clément, substituant Me Suissa, avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de sursis à exécution du jugement attaqué :
1. Par une décision du 28 avril 2022, le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours du Jura a prononcé à l'encontre de M. B, sergent de sapeurs-pompiers volontaires affecté au centre d'incendie et de secours de Saint-Claude, la sanction disciplinaire de la résiliation de l'engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire, à compter du 1er mai 2022. Le service départemental d'incendie et de secours du Jura demande qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 3 juillet 2024 par lequel le tribunal administratif de Besançon a annulé cette décision du 28 avril 2022.
2. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ".
3. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
4. Aux termes de l'article R. 811-17 du même code : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction ".
5. En application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
6. Le moyen de la requête du service départemental d'incendie et de secours du Jura tiré de ce que les faits reprochés à M. B par la décision du 28 avril 2022 constituent une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire et de ce que la sanction de la résiliation de l'engagement prononcée par cette décision est proportionnée à la gravité de ces faits paraît, en l'état de l'instruction, sérieux. Compte tenu de l'office, rappelé au point 5, du juge d'appel saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, ce moyen paraît également, en l'état de l'instruction, de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner le sursis à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Besançon du 3 juillet 2024.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du service départemental et de secours du Jura, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement à M. B de la somme qu'il demande à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par cet établissement public.
DECIDE :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête formée par le service départemental d'incendie et de secours du Jura contre le jugement du tribunal administratif de Besançon n°2200876 du 3 juillet 2024, il sera sursis à l'exécution de ce jugement.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendie et de secours du Jura et M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au service départemental d'incendie et de secours du Jura et à M. A B.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le président-rapporteur
Signé : A. DURUP DE BALEINELe greffier
Signé : A. BETTI
La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. Betti
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026