jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC02382 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office.
Par un jugement no 2401410 du 20 août 2024 le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée 20 septembre 2024, M. A, représenté par Me Richard, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 20 août 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 16 avril 2024 ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", ou, à défaut, portant la mention " visiteur ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours sous la même astreinte, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, le tout sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué n'est pas suffisamment motivé notamment concernant les éléments relatifs à son état de santé ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la préfète a méconnu son droit à être entendu en application du principe général des droits de la défense ;
- la préfète ne démontre pas avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 435-1, L. 422-1 et L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la préfète a méconnu son droit à être entendu en méconnaissance de l'article 41.2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision portant refus de séjour étant illégale pour les motifs précédemment invoqués, la décision portant obligation de quitter le territoire français sera annulée par voie d'exception ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision ne fait pas l'objet d'une motivation distincte en fait ;
- la préfète a méconnu l'étendue de sa compétence en ne vérifiant pas les conséquences de son arrêté au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment au regard des conséquences d'un tel renvoi sur son état de santé ;
- il n'est pas envisageable de le renvoyer aux Etats-Unis au vu de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Stenger.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant américain né le 13 octobre 1982, est entré irrégulièrement en France le 1er septembre 2021 selon ses déclarations. Le 9 novembre 2023, il a sollicité son admission au séjour en se prévalant de son état de santé. Par un arrêté du 15 mars 2023, la préfète du Bas-Rhin a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le recours formé par l'intéressé contre ces décisions a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 14 juin 2023. Par un courrier réceptionné le 26 juin 2023, M. A a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, par un arrêté du 16 avril 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. M. A relève appel du jugement du 20 août 2024 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
2. L'arrêté du 16 avril 2024 est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel la préfète de Meurthe-et-Moselle a, par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les décisions attaquées sans subordonner cette délégation à une condition d'absence ou d'empêchement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
Sur les moyens propres à la contestation de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
4. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
5. En l'espèce, la décision en litige a été prise après une demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, dans laquelle il a pu invoquer tous les éléments qui lui paraissait utiles. En tout état de cause, M. A ne fait valoir aucun élément pertinent qu'il n'aurait pas pu présenter et qui aurait pu influer sur le contenu de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne, de manière suffisamment précise, les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation dont serait entachée la décision refusant de délivrer un titre de séjour à M. A en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué que la préfète se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation du requérant au regard de son droit à un titre de séjour.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré une première fois en France en 2018 sous couvert d'un visa de long séjour étudiant valable du 9 janvier 2018 au 9 janvier 2019. Si M. A persiste à soutenir dans ses écritures qu'il serait régulièrement rentré en France le 1er septembre 2021, il ne le démontre pas. Comme l'ont relevé les premiers juges, à la date de sa demande de titre de séjour, il était dépourvu de visa de long séjour comme le requiert les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, et en tout état de cause, le requérant n'établit pas que les nécessités liées aux études qu'il poursuit au sein de l'Université de Lorraine, justifieraient qu'il soit dispensé de présenter un visa de long séjour au sens du même article. Par conséquent, c'est sans méconnaître les dispositions précitées de cet article que la préfète de Meurthe-et-Moselle a pu refuser de délivrer à M. A le titre de séjour portant la mention " étudiant " sollicité.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ferait valoir des circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, en se prévalant uniquement des possibilités d'emploi qui lui seraient ouvertes auprès d'une banque internationale du Luxembourg ou dans le cadre d'un partenariat professionnel avec l'une de ses professeurs, également consultante, ce dont il ne justifie au demeurant pas, le requérant n'établit pas que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des motifs exceptionnels qu'il aurait fait valoir. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. / Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. / Par dérogation à l'article L. 414-10, cette carte n'autorise pas l'exercice d'une activité professionnelle ".
13. Le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, contrairement à ce qu'il soutient, il ne ressort pas de ses échanges avec la préfecture qu'il aurait sollicité, à titre subsidiaire, un titre de séjour sur ce fondement, que la préfète n'a pas non plus spontanément examiné. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté comme inopérant.
14. En septième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas saisi la préfète de Meurthe-et-Moselle d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement et que cette dernière n'a pas examiné sa situation au regard de ces dispositions. Ainsi, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
16. M. A se prévaut des soins médicaux dont il bénéficie en France ainsi que des liens qu'il a tissés sur le territoire français. Toutefois, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de humains et des libertés fondamentales ne lui garantit pas le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. En l'espèce, M. A n'était présent sur le territoire français, à la date de la décision attaquée, que depuis deux ans et demi environ. S'il est constant qu'il a effectué un précédent séjour en France en 2017 en qualité d'étudiant, le requérant ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité des liens qu'il soutient avoir tissés en France, alors, par ailleurs, qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans aux Etats-Unis où il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales. Par ailleurs, si le requérant affirme avoir développé des liens " humains et amicaux " constitutifs d'une vie privée en France, il n'en justifie pas par les témoignages qu'il verse aux débats. Enfin, les certificats médicaux qu'il produits ne sont pas de nature à infirmer l'avis rendu le 4 février 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration selon lequel si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. D'ailleurs, il ressort de ces pièces médicales ainsi que des écritures du requérant que l'état de santé de ce dernier s'est nettement amélioré. Ainsi, compte-tenu de la durée et des conditions de séjour du requérant en France, la préfète de Meurthe-et-Moselle, en édictant la décision attaquée, n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel ladite décision a été prise. Par suite, la décision attaquée n'a pas méconnu les normes ci-dessus reproduites et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
18. En second lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés en première instance, le moyen tiré de ce qu'il n'a pas été entendu avant que n'ait été édictée la décision attaquée. Il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à juste titre par les premiers juges aux points 16 et 17 de leur jugement.
Sur les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
19. En premier lieu, M. A reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni critiquer utilement les motifs de rejet qui lui ont été opposés en première instance, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée. Il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à juste titre par les premiers juges au point 18 de leur jugement.
20. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre serait illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, n'est pas fondée et doit être écartée.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. M. A soutient qu'il n'est pas envisageable de le renvoyer aux Etats-Unis compte tenu des liens qu'il a tissé en France, des soins qui lui sont prodigués et des études qu'il y poursuit. Toutefois, pour les mêmes raisons que celles indiquées au point 16 du présent arrêt, le requérant, qui ne démontre pas avoir transféré en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux, n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait méconnu l'étendue de sa compétence au regard des stipulations précitées des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en omettant de prendre en considération les risques qu'il encourrait en cas de renvoi dans son pays d'origine, au demeurant non démontrés, pas plus qu'à soutenir qu'il ne peut être envisagé, eu égard à ces considérations personnelles, de l'y renvoyer.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nancy a rejeté ses demandes. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A, à Me Richard et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Agnel, président,
- Mme Stenger, première conseillère,
- Mme Brodier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
La rapporteure,
Signé : L. StengerLe président,
Signé : M. Agnel
La greffière,
Signé : C. Schramm
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Schramm
24NC02382
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026