jeudi 16 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-20DA00667 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MOREU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) CHD Laon a demandé au tribunal administratif d'Amiens de prononcer la décharge de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré mise à sa charge au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 et de substituer à cette pénalité de 40 % une majoration de 10 %.
Par un jugement n° 1800624 du 5 mars 2020, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête du 17 avril 2020, la SARL CHD Laon, représentée par Me Moreu, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1800624 du tribunal administratif d'Amiens ;
2°) de prononcer la décharge de de la majoration de 40% pour manquement délibéré et d'y substituer la majoration de 10% ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la qualité d'expert-comptable de la société ne saurait justifier à elle-seule l'application de la majoration de 40% pour manquement délibéré ; le manquement reproché provient d'une erreur purement matérielle faite par le préposé chargé d'établir les déclarations fiscales ; l'administration n'apporte donc pas la preuve du manquement délibéré.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de la SARL CHD Laon ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision de la présidente de la cour du 1er décembre 2021 désignant M. Sauveplane, président-assesseur, pour statuer par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les () présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, () rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. "
2. La société CHD Laon, qui est détenue à 100 % par la SA CHD et exerce une activité d'expertise comptable, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration a remis en cause l'application par la société du taux réduit d'imposition à l'impôt sur les sociétés sur les bénéfices imposables des exercices 2013, 2014 et 2015. En conséquence, par une proposition de rectification du 6 avril 2016, l'administration fiscale l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2013, 2014 et 2015 qu'elle a assorties de la majoration de 40% pour manquement délibéré. La société CHD Laon a accepté les rehaussements d'imposition mais a contesté l'application de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré dont elle a vainement demandé la décharge au tribunal administratif d'Amiens.
3. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". A ceux de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "
4. Il ressort des mentions de la proposition de rectification du 6 avril 2016 et de la réponse aux observations du contribuable adressées à la SARL CHD Laon que, pour appliquer la pénalité de 40 % pour manquement délibéré, l'administration fiscale a relevé que la société requérante appartenait à un groupe dont elle ne pouvait ignorer la restructuration à la suite d'une fusion avec effet rétroactif au 1er octobre 2012, ni le chiffre d'affaires réalisé par sa société mère, la SA CHD, qui était d'ailleurs soumise à une obligation de publication de ses comptes. L'administration a ainsi relevé que, dans ces conditions, la société requérante ne pouvait ignorer qu'elle devait être imposée au taux normal d'impôt sur les sociétés, prévu à l'article 219 du code général des impôts, compte tenu du chiffre d'affaires de sa société mère qui était supérieur au seuil de 7 630 000 euros à la clôture de chacun des deux exercices en litige. Elle a relevé en outre la qualité d'experts-comptables professionnels des dirigeants et associés de la société CHD Laon et la réitération des omissions déclaratives sur les trois exercices clos en 2013, 2014 et 2015.
5. En premier lieu, à supposer que la SARL CHD Laon puisse être regardée comme soulevant le moyen tiré de l'insuffisante motivation des pénalités au regard de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, il résulte de ce qui vient d'être dit au point 4 que la proposition de rectification du 6 avril 2016, de même que la réponse aux observations du contribuable du 16 novembre 2016 indiquent, outre les impôts et années d'imposition auxquels se rattachent les rehaussements, les motifs de droit tirés des dispositions de l'article 1729 a du code général des impôts et les considérations de fait justifiant l'application de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré. Ainsi, la proposition de rectification et la réponse aux observations du contribuable sont suffisamment claires, précises et motivées pour permettre à la société d'en discuter utilement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être, en tout état de cause, écarté.
6. En second lieu, si la SARL CHD Laon fait valoir que la qualité d'expert-comptable de la société ne saurait justifier à elle-seule l'application de la majoration de 40% pour manquement délibéré et que le manquement reproché provient d'une erreur purement matérielle faite par le préposé chargé d'établir les déclarations fiscales, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'administration ne s'est pas limitée à invoquer la qualité d'expert-comptable pour justifier l'application de la majoration en litige mais a également relevé la répétition du manquement sur trois exercices et la circonstance que la société ne pouvait ignorer que l'application du taux réduit de l'impôt sur les sociétés à une fraction des bénéfices était réservée aux sociétés dont le chiffre d'affaires n'excède pas la limite prévue au b du I de l'article 219 du code général des impôts et que cette limite avait été franchie par la société. La circonstance que l'erreur proviendrait du préposé chargé d'établir les déclarations fiscales de la société reste sans influence dès lors que les déclarations sont établies sous la responsabilité du dirigeant. Par suite, l'administration doit être regardée comme rapportant la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré. Il n'y a donc pas lieu de statuer, en tout état de cause, sur les conclusions de la société CHD Laon tendant à substituer à la pénalité de 40 % la majoration de 10 %.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL CHD Laon est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SARL CHD Laon est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL CHD Laon et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera transmise à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Fait à Douai le 16 juin 2022.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
Signé : Mathieu Sauveplane
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°20DA00667
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
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La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
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04/05/2026