jeudi 2 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-20DA01680 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | YONAN-MERCADIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Par un jugement n°1800679 du 28 août 2020, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2020 et des mémoires des 25 février et 25 mars 2021, M. B, représenté par Me Yonan-Mercadier, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1800679 du tribunal administratif de Rouen ;
2°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les premiers juges ont omis de répondre au moyen tiré de ce que l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales dans la mesure où il s'est nécessairement écoulé moins de 30 jours entre la notification et sa réception ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales dans la mesure où il s'est nécessairement écoulé moins de 30 jours entre la notification et sa réception ;
- l'administration a commis un détournement de procédure et un manquement au devoir de loyauté ;
- il a aménagé à son domicile une pièce à usage de bureau et effectué une déduction des frais de bureau pour un montant de 2 284,29 euros qui a été refusée à tort par l'administration ;
- il justifie que les dépenses de frais de matériel et bureautique de 252,50 euros et de téléphone portable pour 308,66 euros ont été exposées pour les besoins de son activité professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2021 et des mémoires du 15 mars et 14 avril 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision de la présidente de la cour du 1er décembre 2021 désignant M. Sauveplane, président-assesseur, pour statuer par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative .
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ()/ 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / Les () présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, () rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. "
2. M. B, qui exerce la profession d'enseignant-chercheur a opté pour la déduction de ses frais réels et a déduit de ses revenus imposables de l'année 2013 un montant de 9 397 euros correspondant à des frais de bureau, de bureautique et de fournitures, de téléphonie, de déplacements, d'abonnements et de repas. A l'issue d'un contrôle sur pièces, l'administration a limité la déduction des frais réels à un montant de 6 307 euros, soit 5 419 euros de frais de déplacement, 193 euros de frais de téléphonie et 695 euros de frais de restauration. En conséquence, l'administration a assujetti M. B à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013, dont il a vainement demandé la décharge au tribunal administratif de Rouen.
Sur la régularité du jugement :
3. Contrairement à ce que soutient le requérant, les premiers juges ont répondu au point 3 de leur jugement au moyen tiré du non-respect par l'administration du délai de 30 jours prévu par l'article L. 11 du livre des procédures fiscales. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
Sur la régularité de la procédure :
4. Aux termes de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " L'administration des impôts contrôle les déclarations ainsi que les actes utilisés pour l'établissement des impôts, droits, taxes et redevances. / Elle contrôle également les documents déposés en vue d'obtenir des déductions, restitutions ou remboursements. / A cette fin, elle peut demander aux contribuables tous renseignements, justifications ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites ou aux actes déposés (). ". A ceux de l'article L. 11 du même livre : " A moins qu'un délai plus long ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification. " ;
5. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du délai de 30 jours prévu par l'article L. 11 du livre des procédures fiscales doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 3 du jugement.
6. En second lieu, le moyen tiré de ce que l'administration a commis un détournement de procédure et manqué à son devoir de loyauté n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur le bien-fondé de l'imposition supplémentaire en litige :
7. Aux termes de l'article 83 du code général des impôts : " Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés : () 3° Les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales. La déduction à effectuer du chef des frais professionnels est calculée forfaitairement en fonction du revenu brut, après défalcation des cotisations, contributions et intérêts mentionnés aux 1° à 2° quinquies et à l'article 83 bis ; elle est fixée à 10 % du montant de ce revenu. Elle est limitée à 12 000 € pour l'imposition des rémunérations perçues en 2012 ; chaque année, le plafond retenu pour l'imposition des revenus de l'année précédente est relevé dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu. "
8. Il résulte de ces dispositions que le montant net du revenu imposable dans la catégorie des traitements et salaires est déterminé en déduisant, du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés, les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales. Pour être admis à déduire des frais réels, le contribuable est tenu de fournir des éléments justificatifs suffisamment précis pour permettre d'apprécier le montant des frais qu'il a effectivement exposés à l'occasion de l'exercice de sa profession. Il ne peut, dès lors, ni se borner à présenter un calcul théorique de ces frais, ni faire état de dépenses réelles sans établir qu'elles constituent une charge inhérente à son activité professionnelle.
9. En l'espèce, M. B demande à la Cour d'admettre en déduction la somme de 2 844 euros en déduction de ses revenus imposables dans la catégorie des traitements et salaires, à titre de frais professionnels, soit 2 284 euros à titre de frais de bureau, 252 euros correspondant à des frais de bureautique et de fournitures de bureau et 308 euros de frais de téléphonie.
En ce qui concerne les frais de bureau :
10. Le requérant a déduit au titre de l'année 2013 une somme de 2 284 euros correspondant aux dépenses relatives à l'aménagement d'un bureau à son domicile afin de pouvoir mener ses travaux de recherche dans un environnement calme. Or, il ressort d'une attestation établie le 19 avril 2016 que l'université du Havre met à la disposition de M. B un bureau de 15 mètres carré qu'il partage avec deux autres enseignants chercheurs, comprenant trois tables de travail équipées chacune d'un poste informatique. De surcroit et en tout état de cause, le requérant ne détaille pas le montant de 2 284 euros qu'il prétend déduire ni ne justifie avoir effectivement exposé cette dépense. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a refusé d'admettre cette somme en déduction du revenu imposable.
En ce qui concerne les frais de bureautique :
11. D'une part, le requérant ne justifie que d'une dépense de 152,5 euros et non de 252 euros. D'autre part, le requérant ne justifie pas que ces dépenses auraient été acquittées pour les besoins exclusifs de son activité professionnelle. Par suite, il n'est pas fondé à demander la déduction d'une somme de 152,5 euros à ce titre.
En ce qui concerne les frais de téléphonie :
12. L'administration a admis la déduction des frais de téléphonie à hauteur de 50 % du montant déduit, en l'absence de justificatif. Le requérant, qui ne conteste pas que son téléphone portable était utilisé à des fins tant professionnelles que personnelles, n'apporte aucun élément précis qui justifierait un pourcentage d'utilisation professionnelle supérieur à celui retenu par l'administration. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a admis une déduction des frais de téléphonie dans la limite de 50 % des frais exposés et le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait dû admettre la déduction de ces frais à hauteur de 80 %.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté ses conclusions tendant à la décharge des impositions supplémentaires en litige. Dès lors, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera transmise à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Fait à Douai le 2 juin 2022.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
Signé : Mathieu Sauveplane
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°20DA01680
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026