jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-21DA01323 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET NATAF & PLANCHAT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) Aysu a demandé au tribunal administratif de Rouen de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015.
Par un jugement n° 1901952 du 13 avril 2021, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, la SARL Aysu, représentée par Me Planchat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision de la présidente de la Cour désignant M. Sauveplane, président-assesseur, pour statuer par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, () rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. "
2. La SARL Aysu, qui exploite un établissement de restauration rapide, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration, après avoir écarté la comptabilité comme dépourvue de valeur probante, a procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires au titre de chacun des exercices vérifiés. La reconstitution a ainsi mis en évidence des omissions de recettes pour les montants hors taxes de 139 760 euros et de 110 592 euros au titre respectivement des exercices 2014 et 2015. Par ailleurs, l'administration a également refusé d'admettre en déduction des charges de loyer, de téléphone, d'électricité et de gaz, comptabilisées par la société pour les montants de 30 004 euros sur 2014 et de 25 147 euros sur 2015, au motif qu'elles n'avaient pu être justifiées par la société au cours des opérations de contrôle. En conséquence, l'administration a assujetti la société à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2013 à 2015 en suivant la procédure de rectification contradictoire. L'administration a également rappelé des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 en suivant la procédure de taxation d'office. La SARL Aysu relève appel du jugement du tribunal administratif de Rouen qui a rejeté sa demande de décharge des impositions supplémentaires en litige.
Sur le rejet de la comptabilité :
3. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " () La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge "
4. Il résulte des mentions de la proposition de rectification que, pour écarter la comptabilité présentée comme dénuée de caractère probant, l'administration a relevé l'absence de caisse enregistreuse et l'utilisation d'un simple tiroir-caisse, l'absence de délivrance systématique des tickets de caisse aux clients mais uniquement sur demande de ces derniers, l'absence de conservation des doubles des tickets de caisse et l'absence d'établissement de la comptabilité à partir des rouleaux de caisse. La comptabilisation des recettes journalières détaillées par moyen de paiement était, selon le gérant, transcrite sur un cahier qui n'a cependant pas été présenté lors des opérations de contrôle. L'absence de distinction, pour l'application des taux de taxe sur la valeur ajoutée, entre les ventes à emporter et les ventes à consommer sur place a également été notée par le vérificateur. Ce dernier a enfin observé un enregistrement de la totalité des écritures comptables à la clôture de chaque exercice et l'absence de présentation de justificatif à l'appui des recettes comptabilisées globalement en fin d'exercice. Au regard de ces anomalies graves, qui ne sont pas sérieusement contestées par la société requérante, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve des graves irrégularités de la comptabilité présentée comme irrégulière et non probante.
Sur le montant du chiffre d'affaires reconstitué :
5. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. "
6. La SARL Aysu n'ayant pas répondu aux deux propositions de rectification du 12 décembre 2016 et du 27 décembre 2017, elle supporte en conséquence la charge de la preuve du caractère exagéré des suppléments d'imposition mis à sa charge.
7. Pour démontrer le caractère exagéré des suppléments d'impositions, la société requérante se borne à reprendre en appel le moyen tiré du trop faible écart de 8,17 % et 5,27 % selon les exercices entre le chiffre d'affaires reconstitué par l'administration et le chiffre d'affaires déclaré par elle. Toutefois, la société requérante n'apporte la preuve ni d'une surestimation des paramètres de la reconstitution ni que la méthode employée par l'administration aurait été entachée d'approximations telles que les faibles écarts relevés ôteraient toute pertinence à la reconstitution. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les charges :
8. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. () "
9. L'administration a rejeté la déduction, faute de présentation de justificatifs, des charges de loyer, de téléphone, d'électricité et de gaz comptabilisées à hauteur de 26 962 euros, 30 004 euros et 25 147 euros, respectivement au titre des exercices 2013, 2014 et 2015.
10. S'agissant des charges de téléphone, d'électricité et de gaz, la société requérante se borne à faire valoir que l'administration aurait pu faire usage de son droit de communication, alors que la charge de la preuve lui incombe. S'agissant des charges de loyers, l'administration a relevé au cours des opérations de contrôle que les loyers étaient libellés au nom d'une autre société, la société L'orient Express et non la société requérante. La société n'expliquant pas les raisons de cette anomalie, l'attestation du 15 avril 2019 de l'administrateur chargé de la gestion du local loué est sans valeur probante à cet égard. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté et c'est à bon droit que l'administration a rejeté ces charges et les a réintégrées dans la base imposable.
Sur la taxe sur la valeur ajoutée collectée :
11. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, c'est à bon droit que l'administration a rehaussé la base taxe de la période correspondant aux exercices 2014 et 2015.
Sur la taxe sur la valeur ajoutée déductible :
12. En application des dispositions de l'article 271 du code général des impôts, les factures susceptibles de justifier le droit à déduction sont uniquement celles qui ont été régulièrement émises au nom de l'entreprise par les fournisseurs de biens ou de services dans les conditions prévues par les articles 289 de ce code ainsi que 242 nonies et 242 nonies A de l'annexe Il au même code.
13. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11, c'est à bon droit que l'administration a refusé d'admettre en déduction la taxe sur la valeur ajoutée grevant les charges non appuyées d'une facture.
Sur les pénalités :
14. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () " A ceux de l'article L. 195 du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration. "
15. Pour apporter la preuve des manquements délibérés, l'administration fait valoir, outre les nombreuses irrégularités entachant la comptabilité, la persistance des sous-évaluations du chiffre d'affaires sur deux exercices ainsi que l'importance des charges déduites sans factures sur deux exercices. Par suite, eu égard au caractère répété sur plusieurs exercices des manquements, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du caractère délibéré des manquements constatés de nature à justifier l'application des pénalités infligées au titre du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
16. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Aysu est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de la SARL Aysu est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Aysu et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera transmise à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Fait à Douai, le 20 avril 2023.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
Signé : Mathieu Sauveplane
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°21DA01323
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
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La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026