vendredi 6 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-21DA02762 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI RICHELIEU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme D B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler le permis de construire délivré le 5 février 2019 par le maire de Campagne-lès-Hesdin à M. C A, ensemble la décision du 27 mai 2019 ayant rejeté son recours gracieux.
Par un jugement n° 1906497 du 5 octobre 2021, le tribunal administratif de Lille a annulé ces décisions.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2021, M. A, représenté par Me Charlotte Hermary, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de rejeter la demande présentée par Mme B devant le tribunal administratif ;
3°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
La requête a été communiquée à la commune de Campagne-lès-Hesdin et à Mme B qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la conformité du projet à l'article UD1 du plan local d'urbanisme :
2. Le plan local d'urbanisme de la commune de Campagne-lès-Hesdin définit la zone UD comme une " zone urbaine mixte à vocation principale d'habitat, de commerces et de services ". Son article UD1 y interdit notamment " Les installations établies pour plus de 3 mois susceptibles de servir d'abri pour l'habitation ou pour tout autre usage et constituées par () des abris autres qu'à usage public " et " Les constructions à usage d'entrepôt non liées à une activité commerciale de vente ou artisanale autorisée ".
3. Pour apprécier la compatibilité d'une demande de permis de construire avec les règlements d'urbanisme, il y a lieu de s'attacher non à la qualification donnée au bâtiment par l'auteur de la demande mais à la nature de ce bâtiment telle qu'elle ressort des pièces fournies à l'appui de la demande.
4. Le projet consiste à édifier, sur un tènement comportant déjà une maison d'habitation et un garage et en retrait par rapport à ces bâtiments, un abri métallique en partie bardé par des portes coulissantes, d'une longueur de 10 mètres, d'une largeur de 7 mètres et d'une hauteur au faîtage de 3,90 mètres, destiné au stockage du bois de chauffage, d'outils et de machines d'entretien.
5. Compte tenu des occupations et utilisations du sol interdites en zone UD, eu égard aux dimensions et aux fonctionnalités de l'abri ainsi prévu et même si l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme dispose, pour définir le champ d'application de la déclaration préalable, que " les locaux accessoires d'un bâtiment sont réputés avoir la même destination que le local principal ", un tel projet méconnaît l'article UD1 du plan local d'urbanisme.
Sur la conformité du projet à l'article UD7 du plan local d'urbanisme :
6. Cet article dispose que, au-delà d'une bande de 20 mètres de profondeur, l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives " est possible " notamment " lorsqu'il s'agit de bâtiments annexes dont la hauteur n'excède pas 3 mètres ".
7. Le lexique du plan local d'urbanisme de Campagne-lès-Hesdin définit une " annexe " comme une " Construction isolée ou accolée au corps principal d'un bâtiment mais constituant, sur un même tènement, un complément fonctionnel à ce bâtiment. La notion d'annexe est de savoir si elle fait corps ou non avec le bâtiment principal. Ainsi un garage, un cellier, une chaufferie accolés et ayant un accès direct au bâtiment ne constitue pas des annexes mais des extensions. En revanche, un bâtiment relié par un simple auvent ou un porche peut être considéré comme une annexe ".
8. Sans qu'il soit besoin de tenir compte du projet de lexique national d'urbanisme mentionné à l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, il résulte des dimensions de l'abri prévu, même si elles sont moindres que celles de l'habitation principale, qu'il ne peut pas être regardé dans son intégralité comme un " complément fonctionnel " de la maison d'habitation au sens de la définition donnée par le lexique du plan local d'urbanisme. Par suite, le projet méconnaît l'article UD7 de ce plan.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'appelant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Lille a annulé le permis du 5 février 2019 et la décision ayant rejeté le recours gracieux de Mme B.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
10. La demande présentée par l'appelant, partie perdante, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la commune de Campagne-lès-Hesdin et à Mme D B.
Fait à Douai, le 6 mai 2022.
Le président de la 1ère chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Christine Sire
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026