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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA00158

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA00158

jeudi 9 juin 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA00158
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantNOUVIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme D B épouse C a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler la décision du 12 novembre 2019 par laquelle le préfet de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte.

Par un jugement n° 2000103 du 23 novembre 2021, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2022, Mme B épouse C, représentée par Me Nouvian, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la décision à intervenir ou à défaut de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notifiiciaotn de la décision à intervenir, le tout sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation à l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Mme B épouse C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du royaume du A du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ". Aux termes du dernier alinéa du même article : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () (), les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une des dispositions des 1° à 7° ".

2. Mme B, épouse C, ressortissante marocaine, née le 13 juin 1984, déclare être entrée en France le 21 mai 2018. Elle relève appel du jugement du 23 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2019 par lequel le préfet de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

3. Il ressort des pièces du dossier et notamment des faits rappelés dans le jugement correctionnel du 18 juin 2019 condamnant le mari de l'appelante pour violence sur conjoint, à un emprisonnement de neuf mois, que le couple s'est marié en 2008 au A et qu'une fille née de cette union réside dans le pays d'origine avec sa grand-mère. Le couple s'est séparé en 2011 lors de la première grossesse de Mme B épouse C. Il s'est reformé en 2018 quand l'appelante qui travaillait en Espagne et faisait des allers-retours entre ce dernier pays et le A, a rejoint son époux en France. Elle a été victime d'insultes et de violences dès juin 2018 et ce même durant sa grossesse. Mme B épouse C a dû quitter son époux en urgence et est hébergée dans une structure spécialisée, avec son enfant. Elle ne fait pas état d'autres attaches en France. Dans les circonstances de l'espèce, compte-tenu de faible durée de la présence en France de Mme B épouse C qui mentionne elle-même la barrière de la langue, de ce qu'elle est séparée d'avec son époux qui n'a pas entretenu de liens avec leur premier enfant resté au A et qui a violenté sa femme enceinte de leur second enfant, et qui pourra s'il le souhaite, rendre visite à ses enfants au A, le préfet de l'Oise n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus ni porté atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de l'appelante doivent être écartés. Par ailleurs, la situation de Mme B épouse C ne répond pas à des considérations humanitaires ni à des motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant la délivrance d'un titre de séjour en France et le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de cet article. Dès lors, le moyen tiré de sa méconnaissance doit également être écarté.

4.Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B épouse C est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B épouse C, au ministre de l'intérieur et à Me Nouvian.

Copie en sera transmise, pour information, à la préfète de l'Oise.

Fait à Douai le 9 juin 2022.

La présidente de la 3ème chambre,

Signé : G. Borot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Huls-Carlier

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