jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA00221 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL EMMANUELLE BOURDON - CELINE BART AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler la décision implicite par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a refusé de faire droit à sa demande de reconstitution de carrière et de condamner l'Etat à lui verser un rappel de traitement d'un montant de 14 872,49 euros. Elle demandait également qu'il soit enjoint sous astreinte au ministre de la justice de procéder à un réexamen de sa situation.
Par un jugement n° 1902984 du 7 décembre 2021, le tribunal administratif de Rouen a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 5 février 2022, Mme C, représentée par Me Emmanuelle Bourdon, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision implicite du 23 juin 2019 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 14 872,49 euros à titre de rappel de traitement ;
4°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait dû être nommée greffier à compter du 7 septembre 2015 ;
- elle devrait donc être au neuvième échelon et non au sixième ;
- elle a ainsi été privée d'une chance de préparer le concours de greffier principal et d'envisager un poste de greffier fonctionnel.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2003-466 du 30 mai 2003 ;
- le décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : ( ) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ". Aux termes du dernier alinéa du même article : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () (), les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une des dispositions des 1° à 7° ".
2. Mme C, qui était alors adjointe administrative de deuxième classe, a réussi l'examen professionnel pour l'accès au corps des greffiers des services judiciaires au titre de l'année 2015. Par une décision du 5 juin 2015, le garde des sceaux, ministre de la justice, a toutefois refusé sa nomination dans ce corps au motif qu'elle ne remplissait pas la condition de neuf années de services publics exigée par l'article 6 du décret du 30 mai 2003 portant statut particulier des greffiers des services judiciaires. Cette décision a été annulée par un jugement du 7 février 2017 du tribunal administratif de Rouen, confirmé par un arrêt du 28 mars 2018 de la cour administrative d'appel de Douai. Mme C a alors été installée dans les fonctions de greffière à compter du 27 novembre 2017. Par courrier du 23 avril 2019 reçu le même jour, elle a sollicité de la ministre de la justice qu'il soit procédé à la reconstitution de sa carrière à compter du 1er janvier 2015 et le versement des rémunérations correspondantes. Par un jugement du 7 décembre 2021, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa requête aux fins d'annulation du refus implicite opposé à ces demandes. Mme C relève appel de ce jugement.
3. Par arrêté du 17 novembre 2017, la garde des sceaux, ministre de la justice, a nommé Mme C dans le corps des greffiers des services judiciaires à compter du 27 novembre 2017. Il ressort des pièces du dossier de première instance que cette décision a été régulièrement notifiée à l'intéressée, le 22 décembre 2017. Aucun recours n'ayant été formé contre cette décision dans le délai de recours, celle-ci est devenue définitive et l'appelante ne peut plus exciper de son illégalité, à supposer qu'elle ait entendu soulever un tel moyen. Par suite, la carrière de l'intéressée en tant que greffier des services judiciaires ne peut pas être reconstituée à compter d'une date antérieure à celle de sa nomination le 27 novembre 2017. Au demeurant, le jugement du tribunal administratif de Rouen du 7 février 2017, qui avait annulé le refus de la nommer comme greffier, enjoignait seulement à la garde des sceaux, ministre de la justice, de réexaminer sa situation. Contrairement à ce que soutient l'appelante, il n'imposait donc pas, à la garde des sceaux, ministre de la justice, de la titulariser dans le corps des greffiers des services judiciaires à compter du 1er septembre 2015, comme elle le souhaitait. Mme B n'est ainsi pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande d'annulation du refus implicite de reconstitution de sa carrière à compter du 1er janvier 2015.
4. Le rappel de traitement demandé par Mme B résultant de la reconstitution de carrière sollicitée, ses conclusions purement pécuniaires ne peuvent également qu'être rejetées par voie de conséquence du rejet de ses conclusions à fin d'annulation. Enfin, si Mme B soutient pour la première fois en cause d'appel que ce reclassement ne lui a pas permis de préparer le concours de greffier principal et d'envisager un poste de greffier fonctionnel, elle n'apporte, en tout état de cause, aucun élément de nature à démontrer qu'elle aurait été effectivement privée d'une chance sérieuse d'être nommée dans de telles fonctions. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Rouen a rejeté ses demandes.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C est manifestement dénuée de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en application des dispositions citées au point 1, y compris en ses conclusions d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Douai, le 7 juillet 2022.
La présidente de la 3ème chambre,
Signé : G. Borot
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
C. Huls-Carlier
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.
01/07/2026
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La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.
01/07/2026