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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA00549

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA00549

mercredi 25 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA00549
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLEFEBVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du 29 mai 2020 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2103032 du 9 décembre 2021, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 4 mars 2022, M. A, représenté par Me Sophie Lefebvre, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2020 du préfet du Nord ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir et, à titre subsidiaire, d'enjoindre l'administration préfectorale de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour sous la même condition d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour.

M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 2 décembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B A, de nationalité gabonaise né le 12 février 1991, est entré en France le 18 septembre 2013 muni de son passeport national en cours de validité et d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", délivré le 2 septembre 2013 par les autorités consulaires françaises à Libreville. Il a ensuite obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 15 octobre 2014 au 14 octobre 2015, et renouvelée chaque année en cette qualité jusqu'au 14 octobre 2018. M. A a sollicité le 5 décembre 2018 une demande de titre de séjour en qualité de " travailleur temporaire " au préfet du Nord. Par un arrêté du 29 mai 2020, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. A relève appel du jugement du 9 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : / () 2° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée () dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 dudit code [du travail]. Cette carte est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. Elle est renouvelée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement. Elle porte la mention "travailleur temporaire" () ".

4. M. A s'est vu délivrer un titre de séjour étudiant qui a été renouvelé jusqu'au 14 octobre 2018 et a sollicité un changement de statut le 5 décembre 2018 en se prévalant d'un contrat de travail à durée déterminée pour la période du 1er août 2018 au 31 janvier 2019. Si M. A soutient que toutes les pièces justificatives avaient été apportées à l'administration, il ne ressort pas des pièces du dossier que cela était effectivement le cas à la date de la décision du 16 janvier 2019 de la DIRECCTE ayant constaté le caractère incomplet du dossier de l'intéressé en citant les pièces manquantes, la seconde décision du 22 janvier 2019 ayant pour sa part rejeté le recours gracieux de la société Power Shop au motif de la situation défavorable localement pour l'embauche sur le poste concerné et que la société ne démontrait pas avoir accompli toutes les diligences sur le marché du travail. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers doit être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. M. A soulève à nouveau le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il n'apporte pas en appel d'éléments nouveaux de fait ou de droit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges sur ce moyen. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, de l'écarter.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :

7. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit, par suite, être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Sophie Lefebvre.

Fait à Douai, le 25 mai 202La présidente de la 2ème chambre,

Signé : Anne Seulin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

Anne-Sophie Villette

N°22DA00549

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