jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA00657 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL DELSOL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'association d'aide à domicile en activités regroupées (ADAR) Sambre Avesnois a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, d'une part, de condamner le département du Nord à lui verser une provision de de 51 473 euros, d'autre part, d'enjoindre au département du Nord de lui verser cette provision dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard.
Par une ordonnance n° 2200480 du 7 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 mars 2022, le 17 mai 2022 et le 1er août 2022, l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois, représentée par Me Becquart, demande au juge des référés :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de condamner le département du Nord à lui verser une provision de 51 473 euros, avec intérêts au taux légal ;
3°) d'enjoindre au département du Nord de lui verser cette provision dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- le litige ne relève pas de la compétence du tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale, aucune décision n'ayant été prise par le président du conseil départemental du Nord, les montants de financements dus par le département n'étant pas alloués au vu d'un budget prévisionnel et l'association étant traitée comme un service d'aide et d'accompagnement à domicile non habilité ;
- les créances dont elle se prévaut répondent à une obligation non sérieusement contestable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 avril 2022 et le 4 juillet 2022, le département du Nord, représenté par Me Lefevre, demande à la cour, d'une part, de rejeter la requête, d'autre part, de mettre à la charge de l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, c'est à juste titre que le juge des référés auprès du tribunal administratif de Lille a estimé que le litige relevait de la compétence du tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale ; le département a fixé, par plusieurs délibérations, des compensations en ce qui concerne les services d'aide et d'accompagnement à domicile ; c'est notamment le cas pour l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois ;
- à titre subsidiaire, la créance revendiquée par l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois ne constitue pas une obligation non sérieusement contestable.
Par une ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'ordonnance n° 2020-313 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-1553 du 9 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article L. 351-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les recours dirigés contre les décisions prises par le représentant de l'Etat dans le département, le représentant de l'Etat dans la région, le directeur général de l'agence régionale de santé et le président du conseil départemental, séparément ou conjointement, ainsi que par le président du conseil régional et, le cas échéant, par les ministres compétents, déterminant les dotations globales, les dotations annuelles, les forfaits annuels, les dotations de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation, les remboursements forfaitaires, subventions obligatoires aux établissements de santé mentionnés à l'article L. 4383-5 du code de la santé publique les prix de journée et autres tarifs des établissements et services sanitaires, sociaux et médico-sociaux de statut public ou privé et d'organismes concourant aux soins, sont portés, en premier ressort, devant le tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale. ".
3. Il résulte de l'instruction que la procédure ayant conduit à la décision contestée a été engagée à la suite de la demande de l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois tendant à la condamnation du département du Nord à lui verser une provision d'un montant de 51 473 euros correspondant au préjudice financier qu'elle estime avoir subi du fait des illégalités qui entacheraient l'application faite par le conseil départemental des ordonnances n° 2020-313 du 25 mars 2020 et n° 2020-1553 du 9 décembre 2020, notamment, en vue de compenser la sous-activité des services d'aide et d'accompagnement à domicile durant la période de pandémie de Covid-19. Or, pour rejeter cette demande, le juge des référés auprès du tribunal administratif de Lille a considéré, à bon droit, que les conclusions présentées par l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois tendaient à ce que le juge des référés condamne le département du Nord à verser à cette association une provision correspondant au préjudice financier qu'elle aurait subi du fait des illégalités entachant l'application faite par le président du conseil départemental des ordonnances n° 2020-313 du 25 mars 2020 et n° 2020-1553 du 9 décembre 2020, notamment, en vue de compenser la sous-activité des services d'aide et d'accompagnement à domicile durant la période de confinement et que de telles conclusions, étant relatives à la créance que l'association prétend tirer de la méconnaissance de son droit à la fixation d'une compensation conforme aux textes en vigueur, se rattachent à un litige relevant de la compétence du tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale, juge de plein contentieux, en application des dispositions de l'article L. 351-1 du code de l'action sociale et des familles, contre les décisions du président du conseil départemental fixant de telles compensations.
4. Il résulte de ce qui précède que l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés auprès du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande de provision.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge du département du Nord au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois le versement au département du Nord de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par celui-ci et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois est rejetée.
Article 2 : L'association d'aide à domicile en activités regroupées Sambre Avesnois versera au département du Nord une somme de1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association d'aide à domicile en activités regroupées (ADAR) Sambre Avesnois et au département du Nord.
Fait à Douai le 15 décembre 2022.
Le président de la 4ère chambre,
Signé : Christian Heu
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°22DA00657
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890
La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.
01/07/2026