mardi 10 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA00676 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL MARY & INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C B a demandé au tribunal administratif de Rouen, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Par un jugement n°2104065 du 16 décembre 2021, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2022, Mme B, représentée par Me Mary, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine préalable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et de la situation de sa fille ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée sur ce point d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine préalable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne garantissant à toute personne le droit d'être entendue préalablement à l'édiction d'une mesure individuelle l'affectant défavorablement ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A C B, ressortissante nigériane née le 10 novembre 1980 à Lagos (Nigeria), est entrée régulièrement en France le 8 août 2019, selon ses déclarations, sous couvert d'un passeport national revêtu d'un visa court séjour délivré par les autorités italiennes, accompagnée de sa fille, née le 16 mars 2013 au Nigeria. Elle a présenté, le 7 janvier 2020, une demande d'asile en son nom personnel et en qualité de représentante légale de sa fille, mineure. Sa demande d'asile, ainsi que celle présentée au nom de sa fille, ont été rejetées par deux décisions du 25 septembre 2020 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmées par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 8 juin 2021. Sa demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 10 août 2021. Par ailleurs, elle a sollicité, le 14 juin 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris sous l'article L. 435-1 du même code, en faisant également état de la dégradation de son état de santé. Par un arrêté du 12 octobre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de Mme B tendant à la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B relève appel du jugement du 16 décembre 2021 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de l'article 44 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, en vigueur à la date de présentation par l'intéressée de sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / () ". Aux termes de l'article D. 311-3-2 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Pour l'application de l'article L. 311-6, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné au 11° de l'article L. 313-11, ce délai est porté à trois mois. ".
4. Mme B soutient que l'arrêté contesté a été pris au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine par le préfet de la Seine-Maritime du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que Mme B s'est vu remettre, le 17 décembre 2019, une notice l'informant de la possibilité de présenter une demande de titre de séjour concomitante de sa demande d'asile dans le délai de deux mois ou dans le délai de trois mois pour motif médical à compter de la remise de ce document. Or, c'est seulement le 14 juin 2021, soit plus de trois mois après la remise de cette notice, que l'intéressée a présenté une demande d'admission au séjour en se prévalant notamment de son état de santé. Mme B soutient que sa demande de titre de séjour est cependant fondée sur des éléments médicaux postérieurs à l'introduction de sa demande d'asile et fait valoir, à cet effet, qu'elle a été admise aux urgences en raison de maux de tête et vertiges, les médecins ayant conclu que ces douleurs étaient causées par les menstruations. C'est donc à bon droit que le préfet de la Seine-Maritime, qui a indiqué dans l'arrêté contesté que l'intéressée avait déjà évoqué son état de santé dans le cadre de l'instruction de sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a relevé que Mme B ne présentait aucun élément médical nouveau à l'appui de sa demande de titre de séjour. Par suite, en l'absence de production par Mme B d'éléments nouveaux relatifs à son état de santé, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure d'édiction de l'arrêté contesté et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants et doivent, dès lors, être écartés. Il en est de même du moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que c'est au-delà du délai de deux mois à compter de la remise, le 17 décembre 2019, de la notice l'informant de la possibilité de présenter une demande de titre de séjour concomitante de sa demande d'asile, que Mme B a indiqué souhaiter que sa demande d'admission au séjour soit également appréciée au regard de ces dispositions.
5. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Seine-Maritime, pour refuser de délivrer à Mme B un titre de séjour, a procédé à un examen particulier et attentif de la situation de l'intéressée au regard du droit au séjour. En particulier, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime, pour se prononcer sur le droit au séjour de Mme B, a également pris en compte la situation de sa fille mineure, dès lors qu'il a expressément évoqué, dans l'un des points de son arrêté, la situation de cet enfant, quand bien même il a mentionné par erreur, dans un autre point, qu'il s'agissait d'un fils. Par suite, et sans qu'ait d'incidence, sur la légalité de l'arrêté contesté, cette erreur de plume, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de Mme B doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Mme B soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par le premier juge au point 5 du jugement attaqué.
8. En quatrième lieu, aux termes du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
9. Mme B soutient que l'arrêté contesté porte atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille et méconnaît ainsi les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, la requérante, dont la demande d'asile présentée en son nom propre et au nom de sa fille, mineure, ainsi que la demande de réexamen de sa demande d'asile, ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, ne produit aucun élément précis de nature à établir qu'elle craindrait réellement pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine, ni davantage que sa fille serait effectivement soumise au risque d'une mutilation génitale en cas de retour au Nigeria. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la fille de Mme B ne pourrait poursuivre sa scolarité dans son pays origine. Par suite, la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B ne peut être regardée comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur de la fille de l'intéressée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
10. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime, en rejetant la demande de titre de séjour présentée par Mme B, aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, Mme B soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine préalable par le préfet de la Seine-Maritime du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, ce moyen doit être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".
13. Mme B, qui fait valoir qu'elle a été hospitalisée en urgence pour des fibromes utérins ayant causé des pertes de sang, soutient que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors que la requérante se borne à fournir un compte-rendu d'hospitalisation, en date du 11 mars 2021, prescrivant, à la suite d'un épisode de ménorragie, un antalgique et recommandant une numération de la formule sanguine trimestrielle et une consultation en gynécologie, un certificat médical, établi le 12 novembre 2021, mentionnant que son état psychologique nécessite " une prise en charge spécialisée au long cours ainsi que la prescription d'un traitement " ainsi qu'un certificat médical, établi le 6 décembre 2021, mentionnant les difficultés de mise en place d'un aide médicale à la procréation, que le défaut de prise en charge de son état de santé pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité au sens des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni même qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays. Si la requérante fait valoir qu'elle doit subir une intervention chirurgicale dans les prochains mois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait faire l'objet d'une telle intervention dans son pays d'origine, ni davantage que son état de santé ne lui permettrait pas de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En troisième lieu, Mme B soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, ces moyens doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés, respectivement, au point 7, qui renvoie au point 5 du jugement attaqué, et au point 9.
15. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime, en faisant obligation à Mme B de quitter le territoire français, aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, Mme B réitère devant la cour le moyen, déjà soulevé devant le premier juge, tiré de ce que la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de renvoi méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit à être entendu préalablement à toute mesure défavorable. Elle n'apporte toutefois, en cause d'appel, aucun élément de droit ou de fait nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le premier juge sur ce moyen. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à bon droit, par le premier juge au point 13 du jugement attaqué.
17. En deuxième lieu, il ressort des motifs mêmes de l'arrêté contesté que ceux-ci visent les dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles l'obligation de quitter le territoire français fixe le pays à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office, ainsi que la nationalité de Mme B et relèvent que celle-ci, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, n'établit pas qu'elle serait exposée à des peines ou à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté contesté relève également qu'il en est de même s'agissant de son enfant. Ces motifs, qui n'avaient pas à détailler plus précisément les raisons ayant conduit le préfet de la Seine-Maritime à cette conclusion, comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la décision fixant le pays à destination duquel Mme B pourra être reconduite d'office. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
18. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 15 que Mme B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
19. En quatrième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Seine-Maritime, pour désigner le Nigeria au nombre des pays de renvoi en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, a procédé à un examen particulier de la situation de Mme B et de son enfant. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors même que l'arrêté contesté relève que les demandes d'asile présentées par Mme B et sa fille ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, que le préfet de la Seine-Maritime se serait cru en situation de compétence liée pour désigner le Nigeria au nombre des pays de renvoi. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen particulier de la situation de Mme B et de son enfant, et de l'erreur de droit, doivent être écartés.
20. En cinquième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. Mme B soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il fixe le Nigeria au nombre des pays de renvoi, méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, la requérante, dont la demande d'asile ainsi que celle présentée au nom de sa fille ont d'ailleurs été rejetées tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que par la Cour nationale du droit d'asile, ne produit aucun élément probant ou convaincant de nature à établir qu'elle-même ou sa fille serait susceptible d'être persécutée en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
22. En sixième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, que le préfet de la Seine-Maritime, en désignant le Nigeria au nombre des pays de renvoi, aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B ou de sa fille.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, au ministre de l'intérieur et à Me Mary.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai le 10 mai 2022.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Christian Heu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°22DA00676
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026