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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA00745

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA00745

mardi 7 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA00745
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation2e chambre - formation à 3
Avocat requérantNDIAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C A a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2103971 du 1er mars 2022, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 1er avril 2022, M. A, représenté par Me Ibrahima Ndiaye, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Oise du 2 novembre 2021 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " pour raison de santé dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son avocat, d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation par celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'indique pas la durée prévisible du traitement, en méconnaissance des dispositions de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de droit car la préfète s'est cru liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires ;

- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 % par une décision du 14 avril 2022.

Par courrier enregistré le 1er décembre 2022, M. A a, en application de la décision du Conseil d'Etat du 28 juillet 2022 n° 441481, confirmé sa volonté de lever le secret médical.

Le dossier médical de M. A a été produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 2 décembre 2022.

L'OFII a présenté des observations qui ont été enregistrées le 28 décembre 2022.

Par une ordonnance du 19 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 janvier 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié relatif à la gestion concertée des flux migratoires, et l'avenant à cet accord, signé le 25 février 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sylvie Stefanczyk, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C A, ressortissant sénégalais né le 3 décembre 1972, est entré en France le 30 décembre 2013. Il a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 21 octobre 2019 au 20 octobre 2020. L'intéressé a sollicité le 7 août 2020 la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté en date du 29 avril 2021, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Par un jugement en date du 21 septembre 2021, le tribunal administratif d'Amiens a annulé cet arrêté au motif qu'il était intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, la préfète de l'Oise n'ayant pas produit à l'instance l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur lequel elle s'était fondée et dont M. A contestait l'existence, ce qui avait privé l'intéressé d'une garantie, et lui a enjoint de réexaminer la situation de celui-ci. Par un nouvel arrêté en date du 2 novembre 2021, la préfète de l'Oise a refusé de délivrer à l'intéressé le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par un jugement en date du 1er mars 2022, dont M. A relève appel, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, M. A réitère son moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée. Cependant, Il n'apporte pas en appel d'éléments nouveaux de fait ou de droit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges sur ce moyen. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, de l'écarter.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ". Selon l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. () ".

4. Il ressort des mentions de l'avis émis le 1er mars 2021 par le collège des médecins de l'OFII que celui-ci ne précise pas la durée prévisible du traitement. Toutefois, cette indication qui a pour seul objet de préciser si le demandeur nécessite ou pas des soins de longue durée permettant l'attribution du titre de séjour prévu par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas de nature à entacher d'irrégularité l'avis du collège de médecins de l'OFII, dès lors que le collège a estimé que M. A pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des dispositions citées du point 3 qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque ce défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'intéressé fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou en l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

7. D'une part, il ne ressort pas des motifs de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète de l'Oise, qui a examiné la situation personnelle de M. A, se serait crue liée par l'avis du collège de médecins de l'OFII. Le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut dès lors qu'être écarté.

8. D'autre part, le collège de médecins de l'OFII a estimé dans son avis que si l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé, et pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du dossier médical de M. A et des observations de l'OFII que l'intéressé présente, d'une part, une insuffisance rénale modérée de stade 3 obstructive suite à une sténose urétrale récidivante développée dans les suites de sondages urinaires au cours d'interventions orthopédiques antérieures, qui nécessite des autosondages depuis 2014 et pour laquelle il bénéficie d'un suivi régulier en néphrologie et urologie au centre hospitalier de Creil et à Paris et, d'autre part, une hypertension artérielle. Son traitement médical au long cours comprend des antihypertenseurs, des vasodilatateurs, des antalgiques, des diurétiques et des hypo-uricémiants ainsi que des autosondages réalisés deux fois par jour à l'aide d'une sonde urinaire. Si M. A produit des certificats médicaux faisant état de son suivi régulier pour son insuffisance rénale, ces documents ne permettent cependant pas d'établir qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. En particulier, l'attestation en date du 11 avril 2022 rédigée par le chef de service de médecine physique et de réadaptation de l'hôpital principal de Dakar, qui se borne à mentionner que son état de santé nécessite de continuer son suivi en néphrologie, orthopédie et médecine générale en France pour une coordination efficiente de sa prise en charge compte tenu de son handicap, de la limite des moyens médicaux au Sénégal et de l'amélioration de sa qualité de vie au fils des années en France, est peu précise et comporte des énonciations non justifiées ou documentées. En outre, l'OFII a indiqué que la prise en charge au niveau urologique et néphrologique est possible à Dakar au sein du centre hospitalier universitaires Aristide Le Dantec et de l'hôpital Principal et que l'hypertension artérielle est dorénavant traitée par bithérapie vasodilatatrice dont les médicaments appartiennent à des classes thérapeutiques disponibles dans le pays d'origine. Si M. A se prévaut d'articles de presse des 1er juin 2018 et1er avril 2022 mentionnant que les infrastructures pour les insuffisants rénaux sont peu nombreuses au Sénégal, obligeant ainsi de nombreux patients à s'orienter vers les établissements sanitaires privés dont le coût est exorbitant, ceux-ci ne sont pas, de par leur caractère général, de nature à établir que la prise en charge médicale de M. A ne pourrait pas être effectivement réalisée dans son pays d'origine alors que l'OFII fait valoir que les malades ne parvenant pas à accéder aux structures publiques de dialyse, ont la possibilité de subir des séances d'hémodialyse à un tarif réduit dans les structures privées ayant signé une convention avec l'Agence de la couverture maladie universelle (CMU) en fonction des places disponibles. Enfin, l'intéressé n'établit pas qu'il ne disposerait pas des ressources nécessaires pour bénéficier dans son pays d'origine, des soins nécessités par son état de santé. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Oise aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. A fait valoir qu'il est entré en France en décembre 2013, qu'il bénéficie du titre professionnel de technicien de maintenance industrielle obtenu en 2019 et qu'il a exercé des missions d'intérim avant de bénéficier d'un contrat de travail à durée déterminée puis d'un contrat à durée indéterminée en 2021. Cependant, ces éléments ne sont pas de nature à démonter une insertion d'une particulière intensité dans la société française. Par ailleurs, l'intéressé est célibataire et sans charge de famille, il ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire français et n'établit pas être isolé au Sénégal où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-et-un ans. En outre, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé nécessiterait sa présence en France. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de M. A, la préfète de l'Oise n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen sera donc écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal du 23 septembre 2006 modifié, dans sa rédaction issue du point 31 de l'article 3 de l'avenant signé le 25 février 2008 : " Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d'une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant : - soit la mention "salarié" s'il exerce l'un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l'Accord et dispose d'une proposition de contrat de travail ; / - soit la mention "vie privée et familiale" s'il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels ".

12. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance du paragraphe 42 de l'accord du 23 septembre 2006 précité.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

13. Pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 et 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire, doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

14. Pour les mêmes raisons qu'énoncées au point 8 du présent arrêt, en l'absence de toute démonstration par M. A de ce qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en cas de retour au Sénégal, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, assorties d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Ibrahima Ndiaye

Copie sera adressée à la préfète de l'Oise.

Délibéré après l'audience publique du 24 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Anne Seulin, présidente chambre,

- M. Marc Baronnet, président-assesseur,

- Mme Sylvie Stefanczyk, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.

La rapporteure,

Signé : S. StefanczykLa présidente de chambre,

Signé : A. Seulin

La greffière,

Signé : A.S. Villette

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière

Anne-Sophie Villette

N°22DA00745

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