jeudi 9 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA00797 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MARSEILLE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lille, d'une part, d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2107611 du 23 novembre 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, M. B, représenté par Me Marseille, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'attribution d'un délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant albanais né le 31 octobre 1992 à Kukes (Albanie), est entré en France en mars 2017, sous couvert d'un passeport national. Il a présenté, le 19 mai 2017, une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 31 août 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 27 août 2018. Sa demande de réexamen, en date du 3 décembre 2018, a été rejetée comme irrecevable par une décision du 19 décembre 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 30 avril 2019. Par un arrêté du 24 septembre 2021, le préfet du Nord, prenant acte du rejet de la demande d'asile présentée par M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B relève appel du jugement du 23 novembre 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que cet arrêté, après avoir visé ou mentionné, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, relève que la demande de M. B tendant à la reconnaissance de la qualité de réfugié ou au bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile, et indique qu'il ne justifie pas se trouver dans l'un des cas où un étranger ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Cet arrêté fait également état de circonstances de fait relatives à la situation personnelle ou familiale de M. B. En particulier, l'arrêté relève que l'épouse de M. B, de nationalité albanaise, ainsi que les enfants du couple, résident irrégulièrement sur le territoire français, que l'intéressé n'établit pas être dans l'impossibilité de se réinsérer socialement ou professionnellement dans son pays d'origine et que la cellule familiale peut se reformer dans le pays d'origine. Enfin, l'arrêté contesté mentionne que si M. B déclare être suivi par un avocat par le biais duquel il déclare avoir déposé un dossier en préfecture, il apparaît qu'aucun dossier de régularisation n'est à l'étude en préfecture. Cet arrêté, qui tire de ces éléments la conclusion que l'intéressé ne justifie pas de motifs faisant obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement, est donc suffisamment motivé, tant en droit qu'en fait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté, en ce qu'il fait obligation à M. B de quitter le territoire français, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, compte tenu notamment de ce qui a été dit au point 3, que le préfet du Nord, pour faire obligation à M. B de quitter le territoire français, a procédé à un examen attentif de sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. B réitère devant la cour le moyen tiré de ce que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus, à bon droit, par le premier juge, au point 8 du jugement attaqué.
6. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions concernant les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquée à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. M. B soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français, porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses trois enfants mineurs. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors qu'il n'est pas contesté que l'épouse du requérant, de nationalité albanaise, est également en situation irrégulière sur le territoire français, que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Albanie, ni davantage que les trois enfants mineurs de M. B ne pourraient y poursuivre leur scolarité. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
8. En cinquième lieu, M. B soutient que le préfet du Nord, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, a entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, ce moyen doit, compte tenu de ce qui a été dit au point 5 qui renvoie au point 8 du jugement attaqué, être écarté.
Sur la décision portant refus d'attribution d'un délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 8 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
11. D'une part, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet du Nord, pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français, a relevé, d'une part, que l'intéressé avait " la volonté de se maintenir illégalement en France " et, d'autre part, qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne pouvait présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne justifiait pas d'une résidence effective dans un local affecté à l'habitation principale de sorte qu'il se trouvait dans les situations définies, respectivement, au 4° et au 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce faisant, le préfet du Nord a procédé à un examen attentif et personnalisé de la situation de M B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doit être écarté.
12. D'autre part, M. B soutient que la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant justifie, par la production au dossier de la copie de son passeport, disposer d'un documents d'identité ou de voyage en cours de validité. De même, il justifie, par la production d'une attestation établie par un centre d'hébergement, de sa résidence effective dans un logement situé à Lille. Toutefois, alors d'ailleurs que le requérant n'avait pas produit de documents pertinents devant l'administration permettant de justifier de ce qu'il disposait de documents d'identité ou de voyage en cours de validité ainsi que d'une adresse stable, il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que si le préfet du Nord n'avait retenu que le motif tiré de ce que M. B avait, lors de son audition, indiqué sa volonté de demeurer sur le territoire français, et sans qu'ait d'incidence sur ce point le fait que l'intéressé n'ait alors pas bénéficié de l'assistance d'un avocat, il aurait pris la même décision. Le moyen tiré de la violation des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
13. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors même que les enfants de M. B sont scolarisés et que le requérant bénéficie d'un suivi médical en France, que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 8 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
15. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
16. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Nord a fait interdiction à M. B de retour sur le territoire français pour une durée d'un an mentionne les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé à son encontre d'une interdiction de retour et précise que l'examen de la situation de l'intéressé a été effectué, en ce qui concerne notamment la durée de l'interdiction de retour, au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 du même code. Enfin, cette décision relève que, alors même que M. B n'a pas fait l'objet précédemment d'une mesure d'éloignement et que sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public, il y a lieu de fixer à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, compte tenu de ses conditions d'entrée et de séjour en France. Or, les conditions de séjour en France de M. B, ainsi que sa situation personnelle et familiale, sont précisées dans cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision faisant interdiction à M. B de retour sur le territoire français doit être écarté.
17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 8 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
18. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, compte tenu notamment de ce qui a été dit au point 16, que le préfet du Nord, pour faire interdiction à M. B de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, a procédé à un examen attentif de sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doit être écarté.
19. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord, en prononçant à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, n'a, compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France de l'intéressé qui n'établit pas y disposer de liens personnels particuliers alors même qu'il produit une promesse d'embauche en qualité de manœuvre auprès d'une entreprise de construction et dont l'épouse et les enfants résident également irrégulièrement sur le territoire français, pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché cette décision d'une erreur d'appréciation, alors même que la présence de l'intéressé sur le territoire français ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Les moyens tirés de ce que cette décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent donc être écartés.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et à Me Marseille.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Douai le 9 juin 2022.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Christian Heu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026