LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01051

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01051

jeudi 30 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01051
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e chambre - formation à 3
Avocat requérantCLEMENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusée la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement

Par un jugement n° 2200110 du 13 avril 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 18 mai 2022, Mme B, représentée par Me Clément, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 8 décembre 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans, ou à titre subsidiaire, un certificat de résidence d'un an " vie privée et familiale ", ou, à titre plus subsidiaire, un certificat de résidence " salarié " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- cette décision méconnaît l'article 7 b) du même accord ;

- l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet du Nord a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle se réfère aux moyens développés s'agissant de l'illégalité de la décision portant refus de séjour s'agissant de celle portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il maintient ses écritures devant le tribunal administratif de Lille.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertrand Baillard, premier conseiller,

- et les observations de Me Clément, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 26 avril 1980 à Ighraiene (Algérie) est entrée en France le 14 janvier 2015, munie d'un visa de court séjour portant la mention " famille de Français, carte de séjour à solliciter dans les deux mois suivant l'arrivée " délivré en raison de son mariage avec un ressortissant français le 20 septembre 2014. Celle-ci s'est vue délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " valable du 26 mars 2015 au 25 mars 2016. Elle a ensuite été mise en possession d'un certificat de résidence " salarié " à compter du 1er août 2016 et renouvelé jusqu'au 18 août 2021. Par un arrêté du 8 décembre 2021, le préfet du Nord a rejeté sa demande tendant au renouvellement de ce titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par un jugement du 13 avril 2022 dont Mme B relève appel, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : /()/ b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; /()/ ". Aux termes de l'article 7 bis de cet accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. /()/ ". Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE "". Les stipulations précitées des articles 7 et 7bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

3. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser d'admettre au séjour Mme B, le préfet du Nord s'est fondé sur le fait que par une ordonnance du 13 juin 2018, le tribunal de grande instance de Lille l'avait condamnée à trois mois d'emprisonnement avec sursis en raison de l'organisation de son mariage aux seules fins d'obtenir un titre de séjour, de bénéficier d'une protection contre l'éloignement et de tenter d'acquérir la nationalité française. De plus, Mme B est également connue des services de police pour des faits d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation, commis le 26 mars 2015, ainsi que pour des faits d'établissement d'une attestation ou d'un certificat inexact, commis le 10 février 2015. Si Mme B, qui admet la matérialité de ces faits, relativise leur portée, il n'en demeure pas moins qu'ils présentent une gravité particulière notamment pour une personne sollicitant son admission au séjour. Par ailleurs, les faits en cause, qui ont été commis jusqu'au 27 février 2017, date à laquelle la dissolution du mariage conclu le 20 septembre 2014 a été prononcé, présente un caractère encore récent à la date de la décision en litige. Aussi, alors même le titre de séjour dont été titulaire Mme B a été renouvelé après la commission de ces faits et le prononcé de la condamnation par le juge pénal, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que, à la date d'adoption de l'arrêté attaqué, l'intéressée constituait encore une menace pour l'ordre public et a pu légalement, pour ce seul motif, lui refuser la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations des articles 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

4. En deuxième lieu, si Mme B réside en France depuis 2015, la durée de ce séjour s'inscrit dans le contexte de mariage frauduleux évoqué au point précédent. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de la présence en France de son frère, de sa belle-sœur et de sa sœur, qui résident régulièrement sur le territoire français, d'une part, elle n'établit de l'intensité des liens qu'elle entretiendrait avec eux. De plus, si Mme B s'est remariée en 2018 avec un compatriote, avec lequel elle a eu un enfant né le 1er janvier 2021 qui réside avec elle, il ressort des pièces du dossier que son époux vit quant à lui en Algérie, de telle sorte que la cellule familiale pourrait se reconstituer dans ce pays. Enfin, si la requérante exerce une activité professionnelle comme agent de service, elle ne fait état d'aucun élément faisant obstacle à ce qu'elle exerce cette profession hors de France. Aussi, dans les circonstances de l'espèce, la décision portant refus de séjour n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 4 que Mme B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée à invoquer, " par la voie de l'exception ", l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

6. En deuxième lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des article 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ont trait aux conditions d'admission au séjour des étrangers et qui ne fondent pas la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français, au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de cette dernière.

7. En troisième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 4 du présent arrêt.

8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Me Clément tendant à l'application combinée des articles 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Clément.

Copie en sera transmise au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience publique du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Mathieu Sauveplane, président-assesseur, président de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,

- M. Bertrand Baillard, premier conseiller,

- M. Jean-François Papin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

Signé : B. BaillardLe président de la formation de jugement,

Signé : M. C

La greffière,

Signé : N. Romero

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nathalie Romero

N°22DA01051

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions